Santons de Provence : bientôt une indication géographique pour endiguer la contrefaçon
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Le santon de Provence veut éviter la vente de contrefaçon en obtenant le label Indication géographique (IG).
CL
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Le santon de Provence veut éviter la vente de contrefaçon en obtenant le label Indication géographique (IG).
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LA TRIBUNE : Quels sont les fondements historiques et économiques des santons de Provence, et comment leur marché s’est-il structuré ?
MICHEL BOUVIER - La première crèche a été créée par Saint-François-d ’Assises en 1223 à Greccio, en Italie. Mais l’histoire des santons de Provence débute surtout à partir de la Révolution Française, quand de nombreuses églises ont fermé alors que c’est dans les églises que les gens allaient voir la crèche de Noël. Les provençaux et santonniers se sont alors mis à faire eux-mêmes des santons avec ce qu’ils trouvaient : du bois ou même de la mie de pain. La légende dit qu’en 1798, un Marseillais habitant du quartier Le Panier, Jean-Louis Lagnel, en se promenant dans la campagne aubagnaise, a eu l’idée d’utiliser l’argile pour fabriquer les premiers moules : c’est la première série de santons, qui sera ensuite vendue à l’occasion de la première foire aux santons de Marseille en 1803. Cette année, nous fêtons la 223ème édition avec 21 santonniers présents. Cet événement a tout traversé : les guerres, les pandémies, les mouvements sociaux.
Il faut dire qu’auparavant, l’activité de santonnier était une activité complémentaire. Dorénavant, c’est un vrai métier, qui attire même des repreneurs. Il n’y a pas de formation spécialisée : c’est un savoir familial, qui se transmet de génération en génération. Nous apprenons sur le tas : mon grand-père a fait sa première Foire aux santons en 1922, ma mère en 1954. J’ai pris la relève en 2002, mais j’allais, depuis tout petit, dans l’atelier de mon grand-père à Marseille.
Quelles sont les stratégies d’adaptation de la production de santons, savoir-faire hérité d’une longue tradition, dans l’économie moderne ?
Depuis la crise sanitaire, nous observons un véritable en grâce des santons et le marché s’accroît davantage chaque année avec plus d’un million de santons de Provence vendus et un chiffre d’affaires conséquent – plus de 10 millions d’euros, NDLR. La maison Escoffier par exemple, l’une des plus importantes, réalise environ 3,2 millions d’euros de chiffre d’affaires grâce à l’exportation.