À Los Angeles, Meta et Google sont jugés pour avoir délibérément rendu les réseaux sociaux addictifs pour les enfants. Le groupe détenant Facebook et Instagram doit désormais s’expliquer sur une étude interne confidentielle qui démontre que ses propres outils de protection des mineurs ne fonctionnent pas.Le procès de Meta et Google pour addiction aux réseaux sociaux commence à révéler les échecs des initiatives menées en coulisses par ces groupes. Au cœur de la procédure se trouve une jeune femme de 20 ans, identifiée par ses initiales KGM. Elle affirme avoir commencé à regarder YouTube à l’âge de 6 ans, avoir rejoint Instagram à 9 ans, et avoir souffert par la suite de dépression sévère et de dysmorphophobie corporelle. TikTok et Snap, initialement mis en cause, ont conclu des règlements à l’amiable avant l’ouverture du procès.
Le 17 février, une pièce particulièrement embarrassante pour Meta a été versée au dossier. D’après les journalistes de TechCrunch présents à l’audience, une étude conduite par Meta en partenariat avec l’université de Chicago, baptisée « Project Myst », pour Meta and Youth Social Emotional Trends avait été gardée confidentielle. Réalisée auprès de 1 000 adolescents et de leurs parents, elle aboutit à une conclusion gênante, les contrôles parentaux ne servent à rien. Limites de temps sur les téléphones, restrictions d’accès, supervision directe à la maison, rien de tout cela n’a d’effet mesurable sur la tendance des adolescents à surconsommer les réseaux sociaux.
Un cadre familial difficile tend à l’addiction aux réseaux sociaux
Instagram et Facebook proposent pourtant plusieurs options de contrôle parental pour encadrer l’usage de leurs applications. Mais l’étude souligne que les flux algorithmiques, conçus pour inciter les utilisateurs à faire défiler les publications indéfiniment, provoquent une libération de dopamine que ces outils ne parviennent pas à contrecarrer dans tous les cas.