100 milliards de dollars : le séisme fiscal qui menace les milliardaires de la Silicon Valley
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L'économiste Emmanuel Saez, promoteur du projet.
UC Berkeley
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L'économiste Emmanuel Saez, promoteur du projet.
UC Berkeley
La Californie s'apprête à voter le « 2026 Billionaire Tax Act », un prélèvement unique de 5 % sur la fortune des 200 plus grandes fortunes de l'État. Ce choc fiscal de 100 milliards de dollars vise à éviter l'effondrement du système de santé public. Emmanuel Saez, économiste à Berkeley et figure de proue de la critique des inégalités aux côtés de Gabriel Zucman et Thomas Piketty, est le concepteur de ce basculement doctrinal. Son constat ? Dans une économie moderne où la richesse se cristallise dans la détention d'actifs financiers plutôt que dans les salaires, l'impôt sur le revenu perd son efficacité redistributive.
Le projet de loi vise directement le sommet de la pyramide : un club ultra-sélect de 200 individus détenant plus de 2 000 milliards de dollars. Pour Saez, ponctionner le stock de capital n'est qu’une mesure de rééquilibrage nécessaire face à une captation de valeur qui échappe désormais aux outils classiques de l'administration fiscale. Les noms de Mark Zuckerberg, Larry Page ou Sam Altman sont en première ligne. Ces grands patrons de la tech défendent l’idée que l'innovation doit être affranchie des charges collectives pesant sur le reste de la société.
Le bras de fer est porté sur le terrain par le syndicat hospitalier SEIU-UHW. Cette organisation représente les personnels des établissements californiens, aujourd'hui confrontés à une crise de financement majeure. La loi fédérale H.R.1, adoptée sous l'administration Trump, a drastiquement réduit les budgets alloués à Medicaid. Sans l'injection massive des 100 milliards de dollars espérés par la taxe Saez, le maillage hospitalier de l'État risque de s'effondrer.