Les États-Unis ont annoncé que les entreprises devraient s’acquitter de 100 000 dollars par visa pour les travailleurs temporaires H1-B, un programme largement utilisé par de grandes entreprises de la tech. Certains pays cherchent à en tirer profit pour inverser l'exode des talents.À qui va profiter la fuite des cerveaux entraînée par la nouvelle politique de visas de Donald Trump aux États-Unis ? L'administration américaine a annoncé vendredi dernier qu'elle demanderait aux entreprises de payer 100 000 dollars (85 164 euros) par an pour obtenir certains visas, ce qui devrait notamment affecter le secteur de la tech.
Et pour cause, les visas H1-B, ciblés par l'administration Trump, sont largement utilisés par de grandes entreprises technologiques telles qu’Amazon, Microsoft et Meta pour recruter temporairement des travailleurs étrangers. Ces entreprises recrutent notamment de la main-d’œuvre en Inde et en Chine. En 2024, 71 % des travailleurs ayant obtenu un visa H1-B étaient originaires d'Inde, loin devant les travailleurs venant de Chine (11,7 %), montrent des données du gouvernement américain.
La Corée du Sud cherche à exploiter les changements américains
Et selon Reuters, des pays comme la Corée du Sud cherchent déjà à tirer profit de ce durcissement de la politique d'immigration américaine pour attirer des scientifiques et ingénieurs étrangers, dynamiser leurs industries nationales et inverser l'exode des talents. Le chef de cabinet présidentiel sud-coréen, Kang Hoon-sik, a déclaré lundi qu'il avait demandé aux ministères de trouver des moyens d'exploiter les changements américains.
Kang n'a pas donné plus de détails sur les mesures prises par la Corée du Sud, mais a déclaré que le gouvernement prévoyait de concentrer le budget de l'année prochaine sur des initiatives autour de l'intelligence artificielle et d'autres domaines pour une économie axée sur la technologie. Le gouvernement a déjà lancé début avril un nouveau visa, le K-Tech Pass, destiné à attirer les ingénieurs étrangers formés dans les 100 meilleures universités du monde. Il vise à délivrer 1 000 visas de ce type d'ici à 2030.