De TikTok à YouTube, les plateformes sont encore loin d'optimiser leurs contenus vidéo qui plombent de plus en plus le trafic Internet. Une étude prouve qu'en adoptant quelques principes d'écoconception, elles pourraient contribuer à réduire les émissions carbones des réseaux télécoms fixe et mobile.
Streaming, réseaux sociaux, sites de partage vidéo, visioconférences : l'usage des vidéos explose et pèse désormais majoritairement sur le trafic Internet en France. Ce qui contribue à alourdir l’empreinte environnementale des réseaux télécoms. Peut-on inverser la tendance ? Une étude commandée par la Fédération française des télécoms vient de le prouver cette semaine.
Certes, les opérateurs télécom ont tout intérêt à pointer du doigt les plateformes car ils sont contraints de densifier leurs réseaux pour éviter la congestion du trafic aux heures de grande affluence. Et cela a une incidence sur leurs investissements. Mais dans le même temps, une plus grande maîtrise de ces flux semble indispensable si l'on veut éviter que l'impact carbone du numérique ne dérape davantage.
15 % d'émissions carbones en moins
Pas de « name and shame » dans l'étude, mais on déduit quand même des résultats que les réseaux sociaux sont moins bons élèves que les services de streaming. Il existe pourtant six bonnes pratiques faciles à mettre en place comme une meilleure compression des vidéos, par exemple, pour réduire le débit des utilisateurs sur ces services, sans conséquence sur la qualité du service.
Si tous ces comportements vertueux avaient été adoptés en 2024 par des acteurs comme TikTok, Instagram ou YouTube, les émissions de gaz à effet de serre auraient pu être réduites de 4,7 % sur le réseau fixe et de 15 % sur le réseau mobile. En les observant dès maintenant, elles feraient économiser chaque année l’équivalent carbone de 40 000 véhicules particuliers pour le réseau fixe et de 65 000 pour le réseau mobile d'ici 2030.
Les tests ont été confiés aux cabinets Greenspector et I Care. Plus de 400 points de mesure ont été réalisés sur 15 services différents en automatisant des parcours d'utilisateurs, avec différentes technologies de connexion (wi-fi, 4G, etc.), ainsi qu'une diversité d’appareils (smartphones, ordinateurs, etc) et de systèmes d'exploitation.
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Les bonnes pratiques à appliquer
Les bonnes pratiques sont toutes tirées du Référentiel général d’écoconception des services numériques (RGSEN) mis au point en 2024 par l’Autorité de régulation des télécoms (Arcep), l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) et l’Agence de la transition écologique (Ademe). Il s’agit du :
- mode sobre (data saver, en anglais), une option pour adapter la résolution des vidéos à l’écran et donc la réduire potentiellement
- de la sélection de l’audio seul pour le streaming musical
- de la fin du scroll infini (défilement) avec l’ajout d’un bouton “afficher plus”
- de la désactivation de la lecture automatique (autoplay)
- de la mise en place de codecs avec une meilleure compression des contenus comme dit plus haut
- de l’affichage de vignette de catalogues pour éviter le pré-téléchargement des vidéos
« Onajoutera encore un bémol : les services ne sont pas forcément configurables et quand les options existent, elles ne sont pas faciles à trouver », fait observer Olivier Philippot, expert en mesure chez Greenspector.