Un logo Alibaba est affiché sur le stand de la société au Salon international du commerce des services de Chine (CIFTIS) à Pékin, en Chine, le 10 septembre 2025.
Le géant chinois du cloud a annoncé collaborer avec le géant américain des puces pour développer des intelligences artificielles intégrées dans ses robots humanoïdes. Un moyen d’utiliser la puissance de Nvidia sans fâcher Pékin, d’après plusieurs experts.
Comment développer son intelligence artificielle avec des puces Nvidia sans s’attirer les foudres de Pékin ? Alibaba a peut-être trouvé la solution. Le géant chinois de l’Internet a annoncé mercredi 24 septembre une « collaboration majeure » avec le fabricant américain de semi-conducteurs, dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA) appliquée aux robots humanoïdes.
Celle-ci ne touchera pas le développement du modèle de langage (LLM) d’IA générative Qwen 3, utilisé pour son robot conversationnel. Et pour cause « officiellement, Alibaba est obligé de prioriser les puces chinoises pour développer ses LLM », rappelle à La Tribune Xiaodong Lao, gérant actions internationales chez Edmond de Rothschild Asset Management.
Mais cette interdiction de recourir aux technologies américaines ne concerne que certaines catégories de puces, et pas les IA intégrées aux robots humanoïdes appelés « modèles vision-langage » (ou VLM). Une brèche dans laquelle se serait engouffré Alibaba, d’après notre analyste.
Concrètement le géant chinois compte prendre de l’avance dans le développement de ses machines – qui se propagent à toute vitesse en Chine – en intégrant « l’ensemble de la suite logicielle NvidiaPhysicalAI » dans son cloud, explique l’entreprise. Plus précisément « Nvidia va fournir des logiciels de simulation pour les robots et Alibaba va les faire tourner dans ses data centers pour créer des environnements 3D. C’est là où les programmeurs créent les algorithmes pour les robots chirurgicaux, humanoïdes et les véhicules autonomes », ajoute le spécialiste des actions chinoises.
…pour prendre de l’avance sur l’IA
Alibaba a misé très gros sur l’intelligence artificielle. Après avoir dévoilé, en février dernier, un plan d’investissement de 380 milliards de yuans (environ 45 milliards d’euros) pour développer des infrastructures liées à l’IA dans les trois prochaines années, le géant chinois a annoncé ce mercredi le lancement de son plus grand modèle de langage, le Qwen3-Max.
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Un modèle qui serait plus performant que certains concurrents comme Claude d’Anthropic et DeepSeek-V3.1, selon l’entreprise. Il n’empêche. « Alibaba ne peut pas éviter les puces Nvidia s’ils veulent concurrencer les IA américaines » comme ChatGPT ou Gemini, assure Ariel Ying Wang, gérante spécialiste des actions des pays émergents chez Gemway AM.
Ce partenariat avec Nvidia « est donc aussi un moyen d’éviter l’exclusion de la technologie de l’américain pour le développement de ses LLM », estime de son côté Xiaodong Lao. Reste maintenant à voir si le pouvoir chinois laissera faire.