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Souveraineté européenne : Starlink, objet de toutes les passions et contradictions à Barcelone

Amélie CHARNAY

Publié le 04 mars 2026 à 17:00

Gwynne Shotwell, la présidente de SpaceX et Michael Nicolls, le vice-président de Starlink, sur scène au MWC ce lundi 2 mars.

Gwynne Shotwell, la présidente de SpaceX et Michael Nicolls, le vice-président de Starlink, sur scène au MWC ce lundi 2 mars.

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L’entreprise d’Elon Musk était invitée en majesté au Mobile World Congress cette semaine pour présenter son futur service Starlink Mobile. Deutsche Telekom a déjà succombé à cette constellation américaine, tout en défendant haut et fort la souveraineté européenne.

C’est un véritable tapis rouge qui a été déroulé à Starlink au Mobile World Congress de Barcelone cette année. Le salon de la téléphonie mobile, organisé par le GSMA, qui regroupe les opérateurs et acteurs de la filière du monde entier, avait programmé une keynote en majesté dès le premier matin de l’événement, ce lundi 2 mars. 

Pas une prise de parole à distance d’Elon Musk comme ce fut le cas en 2021. Mais une intervention sans débat et sur scène de Gwynne Shotwell, la présidente de SpaceX, et Michael Nicolls, le vice-président de Starlink, venus annoncer en quoi consisterait leur service baptisé Starlink mobile, qui devrait être disponible mi-2027. 

Starlink dispose tient aussi un stand sur le salon du MWC mais il n'est pas accessible aux visiteurs librement.
Starlink dispose tient aussi un stand sur le salon du MWC mais il n'est pas accessible aux visiteurs librement. (Crédits : La Tribune)

Starlink vise 25 millions d'utilisateurs actifs fin 2026

Car les pires supputations circulaient à ce sujet depuis que la marque avait été déposée l’année dernière aux États-Unis, laissant augurer que Starlink allait lancer un opérateur mobile basé sur le réseau satellitaire et en confrontation directe avec les opérateurs télécom. Ce n’est pas le cas, en tous cas pas encore, sachant que le géant américain compte passer de 10 millions d’utilisateurs actifs mensuels actuellement à 25 millions d’ici à la fin de l’année 2026. 

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Il s’agit de déployer la seconde génération de son service Direct-to-Cell qui permet de connecter directement les smartphones « ordinaires et non modifiés » à la constellation Starlink. Un projet qui était déjà connu. Grâce à une nouvelle génération de satellites en cours de déploiement et au spectre nouvellement acquis en bande S, le service va devenir plus performant et s’étendre aux appels voix, aux données et à la vidéo. « L’expérience sera de la même qualité qu’avec une connexion terrestre en 5G », a assuré Michael Nicolls. 

Deutsche Telekom a déjà signé

Le duo a tout fait pour rassurer les opérateurs télécom, rappelant les 35 partenariats déjà existants dans le monde au Costa Rica, en Nouvelle-Zélande, au Chili ou au Canada. « Les réseaux satellitaires sont complémentaires aux réseaux terrestres. Ils ne peuvent pas offrir la même densité de données, mais ils peuvent les renforcer dans les zones non couvertes ou lorsque les réseaux terrestres ont besoin de capacités supplémentaires », a ainsi déclaré le vice-président de Starlink. 

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Dans la foulée de cette conférence, l’Allemand Deutsche Telekom a annoncé avoir signé le premier avec ce service Starlink Mobile de deuxième génération qui sera accessible pour ses clients début 2028 dans 10 pays. L’Allemagne, l’Autriche, la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie, la Grèce, la Croatie, le Monténégro et la Macédoine du Nord sont concernés. « Cela va compléter et combler les zones blanches là où les antennes-relais mobiles traditionnelles atteignent leurs limites », a déclaré l’opérateur dans un communiqué de presse.

Il n’est pas le seul Européen à faire alliance avec Starlink. Masorange, en Espagne, détenu bientôt totalement par Orange et seulement à moitié pour le moment, a également scellé un partenariat stratégique pour du direct-to-cell il y a tout juste un mois. 

Les grandes déclarations de souveraineté continuent

Des choix contradictoires avec les grandes déclarations de souveraineté dont font étalage Deutsche Telekom et Orange. Et cela, même si Orange a choisi d’autres partenaires pour faire du direct-to-device dans ses autres entités, annonçant notamment à Barcelone avoir signé avec AST SpaceMobile, également américain, en plus de son accord déjà opérationnel avec Skylo en France. La directrice générale de l’opérateur, Christel Heydemann, nous déclarait, par ailleurs il y a peu, que Starlink était un vrai concurrent pour l’entreprise sur l’accès à Internet fixe. 

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Dans un mélange des genres étonnant après la keynote de SpaceX, le GSMA avait prévu le jour même une table ronde sur le renforcement de la souveraineté technologique européenne. Le charismatique patron de Deutsche Telekom Timotheus Höttges y a tapé du poing sur la table pour demander une réglementation bruxelloise plus souple et favorisant davantage les investissements, clef de la souveraineté selon lui. 

Il ne semblait pas du tout troublé par son partenariat avec Starlink. Ni de se retrouver aux côtés du directeur général d’Eutelsat Jean-François Fallacher qui a rappelé que son entreprise – qui ne permet pas actuellement de faire du direct-to-device – avait besoin de soutien et d’investisseurs pour faire face à un géant « multimilliardaire » comme Amazon Leo. « Nous sommes et nous resterons la constellation européenne souveraine, non américaine et non chinoise », a martelé le dirigeant, répétant à quatre reprises qu’Eutelsat était engagé dans un véritable combat. 

Amélie CHARNAY

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