Du Royaume-Uni à Israël, le trafic passagers a reculé de 0,7% au mois d’avril sur l'ensemble du réseau aéroportuaire paneuropéen. C’est la première baisse enregistrée au sein de cette zone depuis 5 ans. Le conflit au Moyen-Orient explique en grande partie ce trou d’air.Après cinq ans d’ascension, nouveau décrochage. Le trafic aérien passagers du réseau aéroportuaire européen a reculé de 0,7 % en avril par rapport au même mois de l’année dernière, a fait savoir l'association européenne des aéroports ACI Europe, jeudi 4 juin. Certes cette baisse est limitée. Mais elle n’en demeure pas moins hautement symbolique dans la mesure où le trafic passagers en Europe et au sein des pays proches de la zone UE n’avait pas connu de diminution depuis l’après-pandémie de Covid, en avril 2021.
« La situation s'explique avant tout par la baisse du trafic avec le Moyen-Orient, explique Olivier Jankovec, le directeur général d'ACI Europe à la Tribune. Même si les compagnies du Golfe sont de retour, leurs capacités restent moindres. On peut également citer comme autres facteurs les réductions de capacités de certaines compagnies aériennes en Europe du fait de la hausse du prix du kérosène et de la chute du trafic en Israël. » Alors que le trafic aérien se normalisait peu à peu en Europe et dans les pays alentours, l'instabilité géopolitique au Proche et au Moyen-Orient lui coupe l'herbe sous le pied.
Au sein de l'UE, un trafic en hausse
Le léger reflux du trafic enregistré par ACI Europe masque toutefois des situations très disparates. L’association, qui représente d’ailleurs 600 aéroports répartis dans 55 pays, prend en effet en compte dans ses calculs un très grand nombre de pays. Ainsi, elle note en réalité une hausse du trafic de 1,4 % pour les aéroports basés au sein même de l’Union européenne, et de 0,6 % en ajoutant aux pays de l'UE la Suisse, le Royaume-Uni, ainsi que l'Espace économique européen (Norvège, Islande, et Liechtenstein). Et ce malgré les annulations de vols effectuées par quelques compagnies aériennes.