Limoges lance un « pont aérien » vers Paris-Orly pour pallier les défaillances du train

Avec Paris-Orly, l'aéroport de Limoges-Bellegarde accueille une septième destination.
Aéroport de Limoges

Avec Paris-Orly, l'aéroport de Limoges-Bellegarde accueille une septième destination.
Aéroport de Limoges
L'aéroport de Limoges-Bellegarde rétablit sa liaison quotidienne vers Orly via Volotea sous le régime de l'Obligation de service public, une décision unanime du syndicat mixte pour pallier l'obsolescence critique du réseau ferroviaire vers la capitale.
Ce dispositif à 49 euros restera temporaire jusqu'à l'horizon 2027, date butoir pour la mise en service des rames Oxygène censées ramener le trajet Paris-Limoges sous la barre des trois heures.
Ce contrat de 7 millions d'euros permet à la compagnie espagnole d'installer sa douzième base française et d'amorcer une stratégie d'extension vers le sud de l'Europe face à la domination locale de Ryanair.
Être une ville du centre de la France, c'est devoir se battre pour ne pas être rayée de la carte des mobilités. Après Aurillac et un temps Clermont, c'est Limoges qui cède à l'appel d'Orly suite aux difficultés répétées de la ligne ferroviaire qui la relie à la capitale.
L'aéroport de Limoges-Bellegarde relance ainsi sa liaison quotidienne vers Orly ce jeudi 19 février, trois ans après l'arrêt de la navette opérée par Chalair. C'est la compagnie Volotea qui assure désormais la ligne, placée sous le modèle de l'Obligation de service public (OSP), ouvrant au passage sa douzième base aéroportuaire sur le sol français. Deux aller-retours seront proposés en semaine et un le dimanche à bord d'un Airbus A319 de 156 places. Le premier vol a eu lieu ce matin à 6h35.
Une bouffée d'air pour le milieu économique local. « C’est une forme de soulagement », réagit François Vincent, président du syndicat mixte de l'aéroport et professeur de médecine. « Cette proposition est partagée par tout le monde, notre conseil d'administration a été unanime. Ce pont aérien doit être le plus populaire possible. Le tarif se veut équivalent à un tarif de seconde classe en train », enjoint-il, en désignant un prix du billet fixé à 49 euros.
La comparaison avec le train n'a rien d'anodine. Les Limougeauds se plaignent depuis des années de l'état plus que précaire de la traversée ferroviaire du centre de la France entre Paris et Toulouse. Le temps de trajet vers la capitale tutoie ainsi les 4 heures. Malgré les travaux déployés par SNCF Réseau, l'amélioration n'est pas encore au rendez-vous et la galère s'est intensifiée ces dernières semaines, comme le rapporte le journal La Montagne.
Le « pont aérien » est mis en place pour une durée prévisionnelle de 14 mois, ou du moins le temps que les nouveaux trains Oxygène, très attendus, soient mis sur les rails. « Si les rames sont bien là au 1er avril 2027, je dénoncerai l'OSP sans problème car nous pourrons aller à Paris en moins de trois heures », promet François Vincent.
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Les trains Oxygènes sont une vieille promesse à laquelle s'accroche le centre de la France, aussi bien sur la ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse que sur Paris-Clermont. La mise en service était initialement annoncée pour 2024.
« Tous les partenaires se mobilisent, le constructeur CAF, l’État et la SNCF, pour avoir la première rame en mars 2027 et rassembler le parc complet à la fin de cette année-là. Ce sont des rames très modernes et, avec les travaux prévus, nous allons améliorer significativement le temps de parcours », assure à La Tribune Pierre-Christophe Soncarrieu, adjoint à la direction des transports ferroviaires, placée sous l'égide du ministère des Transports.
La lenteur du train fait en tout cas les affaires de Volotea. La compagnie espagnole empoche un contrat d'environ 7 millions d'euros, au détriment de Chalair qui avait également candidaté. Elle met un pied sur une base dominée par Ryanair, qui dessert cinq des six destinations proposées au départ de Limoges-Bellegarde.
Déjà relié à la Grande-Bretagne, l'aéroport veut profiter de l'arrivée de la compagnie pour ouvrir des destinations vers le sud de l'Europe. Des négociations sont en cours avec Volotea.