Willie Walsh, le patron de l’Association du transport aérien international (IATA), reproche aux grands motoristes de ne pas livrer assez de moteurs tout en engrangeant de confortables bénéfices.Pour son dernier tour de piste avant son départ chez IndiGo, Willie Walsh n’aura pas dérogé à son franc-parler habituel. Le patron de l’Association du transport aérien international (IATA) a usé une fois de plus de son langage tranchant à l’occasion de l’assemblée générale du lobby du transport aérien, organisée à Rio de Janeiro (Brésil) du 6 au 8 juin. Il s’en est pris une fois de plus à l’une de ses cibles favorites : les grands motoristes aéronautiques, qui équipent les avions d’Airbus et de Boeing.
« Mon message aux motoristes est simple : arrêtez de nous rançonner et recommencez à fabriquer d’excellents moteurs qui fonctionnent et qui durent », a lâché Willie Walsh. Et de poursuivre dans la même veine : « Ils sont tous mauvais en ce moment. Si j’étais fabricant de moteurs, je ne serais pas ravi de mes performances. » Interpellé sur la vigueur de ses propos, le patron de l’IATA en a profité pour enfoncer le clou. « En fait, j'ai un peu atténué le ton par rapport à ce que j'avais écrit au départ, ma première version était plus forte que ça », a affirmé Willie Walsh. L’association estime que les défaillances des motoristes ont coûté 11 milliards de dollars en 2025 au transport aérien.
Toujours 750 avions cloués au sol
Les compagnies aériennes sont effectivement freinées dans leur élan en raison du manque de moteurs disponibles, en particulier pour les monocouloirs – les Airbus A320neo et les Boeing 737 MAX – équipés par CFM International (société commune entre Safran et GE Aerospace) et Pratt & Whitney. Un enjeu qui concerne d’abord les avions neufs, la livraison de moteurs demeurant l’un des principaux goulets d’étranglement de l’industrie aéronautique. Les motoristes sont notamment limités par les capacités de production en amont de la chaîne d’approvisionnement, au niveau de la forge et de la fonderie.