Tout juste lancée, la compagnie Air Inter Région vise les liaisons régionales sur le littoral Atlantique, via des appareils d’une vingtaine de places. Alors qu’une levée de fonds de 10 millions d’euros est en cours, l’exploitation commerciale pourrait démarrer en 2027. Derrière ce projet singulier, un entrepreneur rompu à l’aéronautique et aux stratégies d’entreprises.Alors qu’une nouvelle crise dans l’aérien pointe à l’horizon, une nouvelle compagnie aérienne française est en passe de voir le jour. Un calendrier audacieux, mais cet opérateur devrait justement constituer une réponse toute trouvée, puisque elle est basée sur l’utilisation de petits appareils bien remplis assurant des liaisons très courtes et sur l’usage à terme d’aéronefs hybrides. Son nom ? Air Inter Région (AIR). « La dernière disruption du secteur aérien remonte à l’arrivée des low cost, et il n’y en a pas eu depuis », affirme Franck Crépin, qui porte cet ambitieux projet. Son objectif : secouer le transport aérien et se tailler très vite une place entre l’aviation commerciale et le transport ferroviaire.
Le nom de ce futur acteur de l’aérien ne doit rien au hasard : il fait référence à Air Inter, compagnie créée à la toute fin des années 1950 et absorbée par Air France quarante ans plus tard. « On s’inspire en effet de la philosophie de cet ancien opérateur, mais il ne s’agit pas de revenir au passé, relève Franck Crépin. L’ambition est de reconstruire un modèle régional avec les outils d’aujourd’hui, un opérateur agile, frugal, avec une offre proportionnée et progressivement décarbonée. »
Le terrain de jeu : le littoral atlantique
Aux commandes de cette nouvelle compagnie aérienne, un porteur de projet qui connaît aussi bien le secteur aérien que celui de la finance. Ancien d’Airbus, de Bombardier et d’Alstom, groupes dans lesquels il s’occupait de la stratégie et des fusions/acquisitions, Franck Crépin a également officié au sein de l’acteur financier Tikehau Capital entre 2020 et 2024, en charge de l’aéronautique et de la défense et des fonds de soutien aux fournisseurs. Et le dirigeant, diplômé de l’ESCP et de la Harvard Business School, est par ailleurs pilote d’avion. Après une carrière déjà bien remplie, il met à 46 ans son projet – mûrement réfléchi – de « faire voler des avions » à exécution.