Des prélèvements réalisés par des journalistes de France 5 et analysés par des laboratoires suisse et norvégien pointent une pollution du lac aux microplastiques liés à l'usure des pneus.
DR Unsplash, Biniam Shawul
Particules de pneus dans le lac d'Annecy : le principe pollueur-payeur questionné
Le lac d'Annecy serait pollué par des microplastiques liée à l'usure des pneus, selon des prélèvements réalisés par des journalistes de France 5. Cette présence dans l'eau est comparée à celle des polluants éternels (Pfas). Avec en ligne de mire, la responsabilité des industriels, comme le réclame une association.
« Un scandale comparable aux Pfas », c'est ainsi que Louise Tschanz, avocate en droit de l’environnement associée à l’équipe de France 5, résume les résultats des prélèvements réalisés par des journalistes de la chaîne à plusieurs endroits du lac d'Annecy et ses sédiments. L'analyse, réalisée par l’Institut norvégien pour la recherche sur l’eau (NIVA) et par le laboratoire central de l’environnement de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), présente une importante pollution aux microplastiques de pneus de voiture, avec des risques sévères pour la santé, selon France Nature Environnement 74.
Deux additifs 6PPD et du 6PPDQ, ont été retrouvés dans l’eau du lac à des niveaux similaires à des taux proches de ceux que l'on peut retrouver dans les rivières de Canton, au sud de la Chine, pointe l'étude. Aux États-Unis, la molécule 6PPDQ est au cœur d'un procès qui devrait avoir lieu cette année pour trancher sa toxicité sur la faune aquatique, précise maître Wautier.
Des résultats que Régis Audugé, directeur du syndicat du pneu, tente toutefois de tempérer : « L'étude trouve des traces, ce qui signifie que l'on n'est pas capable d'en mesurer la proportion et que nous sommes très en dessous des seuils ».
Le directeur du syndicat reconnaît que l'existence de cette abrasion est connue depuis plus de 50 ans, date à laquelle une première étude a été réalisée. Avant d'expliquer que « des études réalisées récemment tendraient à dire qu'une majorité de ces composants seraient absorbés par la nature ». La quantité retrouvée dans les estuaires serait moindre que la quantité de particules réellement perdues par un pneu, ajoute t-il.
Régis Audugé pointe aussi un déséquilibre concernant certains constructeurs qui ne respecteraient pas la réglementation Reach et un manque de contrôle. Ce règlement de 2007 reconnaît que certaines substances entrant dans la composition des pneus peuvent présenter des risques et être identifiées comme substances extrêmement préoccupantes (SVHC), doivent respecter des seuils.
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