Le procès en appel d’Airbus et Air France pour l’accident de l’AF447 s’ouvre le 29 septembre à Paris.
L. Barnier - La Tribune
Seize ans après la disparition du vol AF447 dans l’Atlantique sud, le feuilleton judiciaire n’est toujours pas fini. Un nouveau chapitre s’ouvre ce lundi avec la tenue d’un nouveau procès à la Cour d’appel de Paris. Airbus et Air France sont à nouveau côte à côte sur le banc des accusés, tandis que la détermination des parties civiles reste entière.
Trois ans après le premier procès du vol Rio-Paris, Airbus et Air France sont appelés à comparaître à nouveau devant la justice. Ils doivent répondre de l’accusation d’homicides involontaires à la suite de l’accident du vol AF447, opéré par un Airbus A330 d’Air France, le 1er juin 2009. Celui-ci s’était écrasé dans l’Atlantique sud, en pleine nuit, entraînant la mort de 228 passagers et membres d’équipage.
L’audience s’ouvre ce lundi à 13 h 30 devant la première chambre de la cour d’appel de Paris, et ce pour deux mois. « Les sociétés sont jugées en appel pour avoir entre Rio de Janeiro et Roissy Charles de Gaulle, le 1er juin 2009, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence imposée par la loi ou le règlement, involontairement causé la mort de l’ensemble des passagers et de l’équipage de l’appareil effectuant le vol AF447 ».
C’est-à-dire les mêmes chefs d’accusation que lors du procès devant le tribunal correctionnel, qui s’est tenu en 2022. Il est ainsi reproché à Air France de n’avoir pas mis en œuvre une formation adaptée aux situations d'« IAS douteuse » à haute altitude, à savoir l’affichage par l’avion d’une vitesse indiquée (Indicated airspeed - IAS) clairement erronée, voire une perte d’indication de vitesse. Une situation à laquelle l’équipage du vol AF447 a justement été confronté, après le givrage des sondes Pitot, développées par Thales pour mesurer la vitesse en vol. Le second porte sur l’information des équipages à la suite de la multiplication d’occurrences similaires chez Air France et d’autres compagnies, qui se sont produites de façon encore inexpliquée à partir du début des années 2000, avec un pic en 2008 et au début de l'année 2009.
Airbus devra quant à lui répondre du fait d’avoir sous-estimé les défaillances des sondes Pitot, en dépit d’une accélération du nombre d’événements liés à ces équipements. Le constructeur européen devra se justifier de son choix de ne pas avoir imposé le changement de sonde, et de ne pas avoir averti et contribué à la formation des équipages en conséquence.
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