Les navettes sans conducteur opérées par Beti ont effectué des trajets tous les jours, sur une amplitude horaire allant de 10 à 17 heures, aux abords de la gare de Valence TGV.
DR/beti
À l’issue d'une expérimentation de deux mois qui aura été finalement prolongée, l'opérateur drômois Beti, spin-off de l'autocariste Bertolami, confirme ses ambitions sur le marché des navettes autonomes. Et se prépare désormais à demander l'homologation de ses véhicules.
A la mi-mars, l'opérateur Beti avait fait les manchettes des journaux en dévoilant le lancement de ses navettes autonomes sans chauffeur, pour la première fois en plein coeur de la gare de Valence TGV, au sein d'un trafic dit « mixte » (c'est-à-dire ne roulant pas sur des voies réservées aux véhicules autonomes). Opérée en collaboration avec Renault Group, la Macif et le chinois WeRide, cette « première en Europe », visait à offrir de nouveaux services de mobilité expérimentaux au cœur de ce hub stratégique de la LGV Méditerranée, fréquenté par près de 3 millions de voyageurs par an.
Initialement prévue sur deux mois, cette expérimentation (qui avait bénéficié d'un investissement de 500.000 euros du groupe et de ses partenaires, assortie d'une enveloppe France 2030 d'un million d'euros, ndlr) aura duré finalement « de début mars à fin septembre, avec une pause au mois d'août », confirme le directeur général de Beti, Benjamin Beaudet. « Cela nous a permis de faire rouler davantage nos véhicules, dans une profession où chaque kilomètre gagné est la clé pour faire mûrir ces solutions ».
Car depuis son origine, le projet de Beti est bien celui de confirmer les conditions de faisabilité d'une offre de navettes autonomes circulant, non seulement au niveau d'autonomie le plus élevé, c'est-à-dire sans chauffeur (avec, dans un premier temps, un opérateur à bord) mais aussi sur route ouverte, c'est-à-dire aux côtés des autres usagers de la route.
Des retours d'expérience précieux
Sur un marché hautement concurrentiel, lorgné en particulier par des géants américains et asiatiques, tout l'enjeu restait de démontrer la fiabilité et le niveau de sécurité de ces navettes, embarquant des capteurs de haute précision et ainsi qu'un système de conduite automatisée s'appuyant sur l'intelligence artificielle.
Et désormais, Beti, a engrangé à ce sujet un certain nombre de données : « nous avons franchi la barre des 4.000 passagers et de plusieurs milliers de kilomètres parcourus, avec notamment une clientèle de salariés du parc d'activités qui ont pu utiliser la navette de manière régulière pour leurs déplacements quotidiens », annonce son directeur général à La Tribune. Une expérience qui lui aura aussi permis de mieux comprendre les attentes des passagers face à un système de conduite autonome, tout en testant le niveau de fiabilité en conditions réelles.
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