Une pénurie de pièces provoque un arrêt partiel de la production chez Stellantis à Sochaux

Stellantis a déjà annoncé des fermetures temporaires à Poissy et Mulhouse.
HR - REUTERS - Henry Romero

Stellantis a déjà annoncé des fermetures temporaires à Poissy et Mulhouse.
HR - REUTERS - Henry Romero
La situation se tend dans l'industrie automobile française. À commencer chez Stellantis. Le géant, qui regroupe des marques telles que Peugeot et Opel, multiplie les annonces les fermetures temporaires sur plusieurs de ses sites.
En plus de l'arrêt prévu à Mulhouse pour la fabrication des modèles 308 et 408, ainsi que celui annoncé le 22 septembre dernier concernant l’usine de Poissy (Yvelines), la direction a confirmé lors d'un Comité social et économique (CSE) qui s'est tenu mardi, que la production à Sochaux, dédiée aux Peugeot 3008 et 5008 sera également suspendue plusieurs jours.
Ainsi, pour octobre 2025, les samedis travaillés et plusieurs vendredis (10, 17 et 24) seront des journées sans production, tout comme les dimanches 5 et 31 au sein de ce site qui produit un millier de 3008 et 5008 par jour. Une situation qui s'explique par une pénurie de pièces.
La CFE-CGC met, en effet, en lumière des préoccupations critiques quant à la maîtrise des volumes de production, notamment à cause de la dépendance aux fournisseurs pour des composants essentiels comme les batteries et les boîtes de vitesses. Alors que certaines usines se concentrent sur des modèles à combustion interne, Sochaux est en pleine transition vers des versions hybrides et électriques, rendant le manque de pièces crucial pour ses lignes de production.
« La direction n'est pas la seule responsable de nos difficultés », souligne Christelle Toillon, déléguée syndicale CFE-CGC pour le site de Sochaux. « Le mix énergétique et les décisions prises au niveau européen jouent un rôle significatif, et nous faisons face à une accumulation de facteurs », poursuit-elle. Parmi ces facteurs, la non-maîtrise du capacitaire chez les fournisseurs, notamment Automotive Cells Company (ACC) à Douvrin Billy-Berclau (Hauts-de-France), une coentreprise fondée par Stellantis, TotalEnergies (via Saft) et Mercedes-Benz, pour la production de batteries électriques et E-Transmission sur le site de Stellantis à Metz (Moselle), accentue cette délicate situation.
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ACC, en particulier, rencontre des difficultés en raison de la nouveauté de son processus de fabrication de batteries. Comme le souligne Laurent Oechsel, délégué syndical central CFE-CGC chez Stellantis : « fabriquer des batteries est une science complexe, presque chimique. La France, qui a commencé à produire des batteries récemment, n'est pas encore à la hauteur des capacités de production de pays comme la Chine. »
Ces interruptions de production perturbent directement les 2 500 salariés dont les plannings se trouvent désormais chamboulés. Les syndicats, notamment la CFE-CGC et la CGT, ont fortement réagi en appelant à des mesures d'urgence pour sécuriser ces flux critiques. « Les pertes de revenus sont significatives, environ 16 % par jour chômé », a déclaré un représentant de la CGT. Pour atténuer l'impact sur les employés, la CFE-CGC propose des formations, ce qui évitera aux employés de perdre une partie de leur salaire. « Ces initiatives visent à maintenir le niveau d'employabilité des travailleurs en leur offrant des opportunités d'apprentissage pendant cette période incertaine », souligne Christelle Toillon. Cette dernière a également demandé que les salariés puissent utiliser leurs heures compensatoires pour minimiser la perte financière.
Par ailleurs, la CFE-CGC avait signé un accord d'activité partielle de longue durée rebond (APLD-R) au sein du groupe qui permet aux salariés d'être indemnisés. « Cet accord leur garantit une compensation, bien qu'il faille reconnaître qu'il y aura tout de même des pertes », confie Christelle Toillon. La CFE-CGC a interpellé la direction pour obtenir plus de transparence concernant les plannings de production et la gestion des capacités de fabrication des pièces sur les autres sites.
En novembre, une lueur d'espoir se profile néanmoins avec le retour de l'activité d'emboutissage sur le site de Sochaux. « Nous allons intégrer des gammes qui avaient été transférées sur le site Poissy, ce qui devrait augmenter notre charge de travail », précise Christelle Toillon. Ce processus implique d'accueillir des pièces en tôle, essentielles à l'assemblage des 3008 et 5008.
La CFE-CGC attend donc avec impatience ce retour à une production plus régulière, mais rappelle que les défis de la transition énergétique sont loin d'être résolus. « Nous traversons une période charnière. La lenteur de la transition vers l'électrique crée des incertitudes quant aux besoins des clients et complique la planification de la production, » conclut Laurent Oeschsel.