Auto : la France championne du monde de la désindustrialisation… avec la Russie
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Le PDG Stellantis, Antonio Filosa, le 4 novembre à Paris.
REUTERS - Sarah Meyssonnier
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Le PDG Stellantis, Antonio Filosa, le 4 novembre à Paris.
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« La France est devenue un petit pays automobile », martèle Luc Chatel. « Elle a perdu un quart de son marché par rapport à l’avant Covid, un million de véhicules en production et 40 000 emplois », résume le président de la PFA (Plateforme automobile française). Et ce, en attendant « 75 000 » autres emplois menacés dans les dix années à venir. Ce mardi, lors de la Journée de la filière automobile porte de la Villette à Paris, le ton général était alarmiste.
« Le problème, c’est qu’en Europe nous avons créé une réglementation qui ne reflète absolument pas l’orientation du marché, et c’est la raison pour laquelle nous avons perdu trois millions de véhicules et énormément d’emplois depuis la pandémie de Covid » explique Antonio Filosa. Le directeur général de Stellantis en appelle du coup à « changer radicalement et de toute urgence la réglementation (ndlr : européenne sur l’électrification) ».
« Les immatriculations ont stagné à 13 millions de véhicules en Europe, contre 16 avant le Covid, quand les États-Unis sont déjà revenus à 16 millions », déplore de son côté François Provost ce mardi. Et le nouveau directeur général de Renault d’ajouter : « le risque de décrochage est certain ». Il n'hésite carrément pas à évoquer une réduction de production pour ses véhicules utilitaires fin 2025 ou début 2026, si Bruxelles n’introduit pas de la flexibilité sur les objectifs. « C'est aujourd'hui que nous préparons nos plans de productions pour 2026. (…) Sans annonce avant la fin de l'année, nous organiserons le déclin de l'industrie automobile européenne », lâche le dirigeant. Pas de chance : ces modèles sont justement produits en France.
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Selon la dernière compilation de chiffres publiée par l’OICA (Organisation internationale des constructeurs automobiles), la production européenne a baissé de 19% par rapport à l’avant-Covid. Mais, dans ce contexte la France fait deux fois pire. Elle est même le pays dont la production auto a le plus chuté ces cinq dernières années en Europe. Mais aussi dans le monde, en compagnie de la Russie en guerre et frappée par les sanctions internationales. Triste record.