Au pays de BMW, Mercedes et Volkswagen, le marché automobile tracté par Tesla, BYD et Leapmotor
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Tesla s'impose en tête des hausses spectaculaires en mai avec une progression de 322,4 %.
AHI/ - REUTERS - Annegret Hilse
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Tesla s'impose en tête des hausses spectaculaires en mai avec une progression de 322,4 %.
AHI/ - REUTERS - Annegret Hilse
Le marché automobile allemand est resté globalement stable en mai, mais cette apparente inertie masque une recomposition rapide des équilibres industriels, portée par l’essor des véhicules électriques et dominée par les marques étrangères.
Au total, 239.448 voitures ont été immatriculées en Allemagne le mois dernier, soit une hausse symbolique de 0,1 % sur un an, selon les données publiées mercredi par l’agence fédérale de l’automobile KBA. Derrière cette stabilité, le moteur du marché se déplace nettement vers l’électrique, désormais au cœur de la dynamique de croissance.
Le segment des véhicules 100 % électriques a bondi de 39,3 % sur un an et représente environ un quart des immatriculations dans la première économie européenne. Une performance directement liée, selon les observateurs, à la réactivation en début d’année d’une prime à l’achat comprise entre 1.500 et 6.000 euros sur les véhicules électriques et hybrides.
Cette relance budgétaire profite d’abord aux constructeurs étrangers. Tesla s’impose en tête des hausses spectaculaires avec une progression de 322,4 %, tandis que les chinois BYD (+232,1 %) et Leapmotor (+139,1 %) confirment leur montée en puissance sur le marché européen.
Pour Constantin Gall, du cabinet EY, cité dans le communiqué, « les aides à l’électrique rendent surtout attractif l’achat de voitures électriques du segment de prix inférieur ». Il ajoute que « les marques étrangères y sont surreprésentées et profitent désormais particulièrement de la prime à l’électrique ».
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En face, les constructeurs allemands reculent. Volkswagen (-8,9 %), Mercedes (-8,9 %) et BMW (-3,4 %) enregistrent tous une baisse sur un an, affectés par un mix produit encore fortement exposé aux motorisations thermiques, malgré leurs investissements dans l’électrification.
Au-delà des fluctuations mensuelles, EY souligne que le marché reste en deçà de son niveau d’avant-crise sanitaire. Et le rebond actuel apparaît largement artificiel. « La légère croissance du marché en Allemagne est avant tout le résultat de subventions publiques », estime Constantin Gall, qui insiste sur le fait qu’il ne s’agit « pas d’une croissance autonome ».
Dans ce contexte, la trajectoire dépend étroitement du maintien des aides. Le cabinet anticipe une poursuite de la dynamique électrique tant que la prime restera en place, avant un possible retournement : sans soutien public, les immatriculations électriques pourraient chuter brutalement, entraînant le marché global dans leur sillage.
En parallèle, les motorisations thermiques poursuivent leur recul. Les ventes de véhicules à essence ont chuté de 23,7 % et celles de diesel de 13 %, pénalisées notamment par la hausse des prix de l’énergie liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Une transition accélérée, mais encore largement pilotée par la puissance publique plutôt que par la seule demande de marché.
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