Tesla a raté plus d’un million de ventes à cause d’Elon Musk

En plus de desservir les ventes de Tesla, les prises de position d’Elon Musk ont profité à la concurrence.
/FW1FP/Pooja Desai - REUTERS - Nathan Howard

En plus de desservir les ventes de Tesla, les prises de position d’Elon Musk ont profité à la concurrence.
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Tesla devrait perdre sa place de premier constructeur mondial de véhicules électriques en 2025, au profit de son concurrent chinois BYD. Un détrônement fruit de ventes en déclin ces deux dernières années alors que, dans le même temps, le marché des véhicules électriques s’est affiché en croissance (+7 % en 2024, +1,5 % au premier semestre 2025).
La faute à quoi ? Plutôt à qui. « Elon Musk a eu un impact significatif sur les ventes de Tesla [aux États-Unis] en raison de ses activités politiques partisanes sans lien avec l’activité principale » de la marque, estiment des économistes de l’Université de Yale, dans un document de travail pour le Bureau national de la recherche économique (NBER) mis en ligne mardi.
Chiffres à l’appui : entre octobre 2022 et avril 2025, les ventes de Tesla sur le marché américain auraient été supérieures de 67 à 83 % sans les prises de position d’Elon Musk, selon les experts de ce centre de réflexion indépendant. Soit 1 à 1,26 million de véhicules supplémentaires qui se seraient écoulés, sachant que les ventes mondiales du constructeur ont dépassé les 4,3 millions d’unités sur cette période.
Ce recul est principalement tiré par les consommateurs démocrates. Avant octobre 2022, « davantage de comtés à majorité démocrate ont manifesté une propension croissante à acheter des Tesla, probablement en raison de préoccupations environnementales et d’une meilleure connaissance de la marque. Cependant, cette tendance s’inverse après » cette date, ont observé les experts.
En plus de desservir sa propre marque, la vie politique d’Elon Musk a profité à la concurrence. Les ventes de véhicules électriques et hybrides des autres constructeurs ont grimpé de 17 % à 22 % sur ce même intervalle de 36 mois d’après les économistes, qui n’ont toutefois pas quantifié cette hausse en valeur.
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Les économistes se sont plus globalement intéressés aux ventes du constructeur sur cinq ans, entre mars 2020 et avril 2025. Mais il ressort que ce n’est qu’à partir d’octobre 2022 que les agissements d’Elon Musk ont commencé à se faire ressentir sur le nombre de voitures distribuées.
À cette époque, l’excentrique milliardaire prend officiellement le contrôle du réseau social Twitter, qu’il rebaptisera par la suite X. Un changement de propriétaire marqué par des licenciements massifs et un assouplissement de la politique de modération, qui laisse les contenus extrémistes et d’extrême droite pulluler, au grand dam de nombre d’internautes qui quittent la plateforme.
Les choses ne se sont pas arrangées par la suite. « Pour beaucoup, cette perception négative a été exacerbée par les activités ouvertement partisanes de Musk lors de l’élection [présidentielle] de 2024 (notamment 300 millions de dollars [environ 258 millions d’euros] de contributions aux campagnes des candidats républicains) et par ses actions ultérieures en tant que dirigeant de facto du Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE) de l’administration Trump », écrivent les économistes. Un activisme politique que le patron de Tesla a calmé depuis mai, quittant notamment ses fonctions au DOGE, pour se recentrer sur ses entreprises.
Depuis avril 2025, date à laquelle l’étude du NBER s’arrête, les ventes de Tesla sont reparties à la hausse. Avec près de 500 000 véhicules vendus entre juillet et octobre dans le monde, le constructeur a même enregistré le meilleur trimestre de son histoire en volume. Une performance à nuancer toutefois selon des analystes, car les ventes auraient été dopées par la perspective de la disparition d’une aide à l’achat d’un véhicule électrique aux États-Unis. Les marchés s’attendent plutôt à ce que Tesla termine 2025 avec des ventes en baisse pour la deuxième année consécutive, après un recul de -4 % l’année dernière (environ 1,77 million de véhicules écoulés, contre plus de 1,8 million en 2023).
Les prises de position d’Elon Musk ne sont d’ailleurs pas les seules responsables des difficultés de Tesla. Ses choix stratégiques les expliquent aussi, notamment l’absence de nouveaux modèles. Hormis son Cybertruck, pick-up peu diffusé et dont l’échec commercial est patent, la marque n’a pas sorti de vraies nouveautés depuis cinq ans. Dans le même temps, les modèles de ses concurrents ont séduit. Particulièrement ceux de BYD, qui a vendu 1,58 million de véhicules électriques sur les neuf premiers mois de l’année, contre 1,22 million pour le constructeur américain.
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Malgré ces déboires, Tesla conserve une capitalisation boursière à 1 360 milliards de dollars (1 170 milliards d’euros) qui a de quoi faire envier les autres entreprises cotées. Et sa valorisation reste sans commune mesure avec celles d’autres grands noms de l’automobile tels que Toyota (260 milliards d’euros), premier constructeur mondial, Mercedes (51,3 milliards d’euros), Volkswagen (50 milliards d’euros), Stellantis (27,2 milliards d’euros) ou encore Renault (10,5 milliards d’euros).