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Après six mois de rebondissements, Elon Musk prend enfin la tête de Twitter

latribune.fr

Publié le 28 octobre 2022 à 05:05 - Mis à jour le 28 octobre 2022 à 14:00

Le profil twitter d'elon musk sur un smartphone

Elon Musk a acquis Twitter pour 44 milliards de dollars.

DADO RUVIC

Le Quotidien Numérique

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Photo d'illustration de l'article
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L'affaire avait débuté fin avril 2022 quand Elon Musk avait fait une offre d'acquisition de Twitter à 44 milliards de dollars avant de se retirer unilatéralement de l'accord en juillet pour finalement décider de mener à bien ce rachat, en octobre dernier. C'est désormais chose faite. Pressé, l'homme d'affaires a déjà procédé à des licenciements. Reste à savoir s'il parviendra à faire de Twitter, dont le rachat risque de peser lourdement sur ses autres activités, un succès financier comme Tesla et SpaceX, ses deux fleurons.

[Article mis à jour à 15h50 avec la réaction de Donald Trump]

C'est officiel : Elon Musk a pris le contrôle de Twitter. Le patron de Tesla et SpaceX a conclu l'acquisition, jeudi, du réseau social pour 44 milliards de dollars, selon ce qu'il avait proposé fin avril dernier. C'est ce qu'ont annoncé plusieurs articles de la presse spécialisée américaine.

En guise de preuve, le milliardaire a tweeté « l'oiseau est libéré » jeudi soir, en référence au surnom de Twitter, l'oiseau bleu. Le patron de Tesla avait déclaré auparavant dans la journée qu'il achetait Twitter pour « aider l'humanité » et permettre à toutes les opinions de s'exprimer librement sur le réseau social. L'ambition de sauver l'humanité, l'environnement ou la démocratie revient régulièrement dans les projets d'Elon Musk qui, interviewé sur ses raisons d'acquérir Twitter, avait évoqué un « risque pour la civilisation » si les utilisateurs perdaient confiance en la plateforme.

Un tweet auquel a répondu le commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton rappelant l'obligation pour le nouveau patron de Twitter de respecter, en Europe, la règlementation sur les grandes plateformes qui vient d'être adoptée. « En Europe, l'oiseau volera selon nos règles européennes », a ainsi tweeté celui est l'initiateur de cette législation.

Le patron de Twitter licencié

Et l'homme d'affaires, né en Afrique du Sud, citoyen américain et canadien de 51 ans, n'a pas perdu de temps. Dès son arrivée à la tête de la plateforme à l'oiseau bleu, il en a immédiatement licencié le patron Parag Agrawal et deux autres dirigeants, le directeur financier Ned Segal et la responsable des affaires juridiques Vijaya Gadde, selon des sources anonymes de la chaîne CNBC et du Washington Post. Avant même ce rachat, Elon Musk aurait déjà affirmé à des investisseurs qu'il comptait, à terme, licencier quasiment 75% des 7.500 employés de Twitter, selon des informations du média américain.

Elon Musk avait également annoncé, en amont, son intention de sortir Twitter de la Bourse. L'entreprise échapperait alors plus facilement à tout contrôle extérieur. Il entend également assouplir la modération des contenus, qu'il juge trop stricte, comme le réclame la droite américaine. Il avait aussi affirmé que la rentabilité n'était pas sa priorité, qu'il lutterait mieux contre les spams, et il avait fait des allusions cryptiques à "X", sa vision d'une application à tout faire (messagerie, réseau social, services financiers...), comme WeChat en Chine.

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Twitter n'a pas répondu à une sollicitation de l'AFP dans l'immédiat.

Elon Musk va débourser 27 milliards de dollars pour Twitter

C'est donc la fin d'une affaire qui dure depuis près de six mois et qui aura connu de nombreux rebondissements entre avril 2022, date à laquelle Elon Musk fait une offre d'acquisition de Twitter à 44 milliards de dollars, qui a été acceptée, à juillet lorsqu'il décide finalement de s'extraire unilatéralement de l'accord, jusqu'à début octobre quand il a finalement annoncé sa volonté de conclure la transaction au prix initial : 44 milliards de dollars, évitant ainsi un procès en novembre.

Cette somme est en partie financée directement par celui qui est l'homme le plus riche du monde et qui a mis sur la table une partie de son patrimoine personnel. Initialement, il ne souhaitait consacrer à l'opération qu'environ 15 milliards de dollars de ses propres deniers. Une partie importante du montage, soit 12,5 milliards de dollars, devait provenir de prêts adossés à ses actions Tesla, ce qui lui évitait de les vendre. Mais il a finalement décidé de proposer davantage en numéraire et de renoncer à cet emprunt. En deux vagues, en avril et en août, le quinquagénaire habitué des polémiques a cédé pour environ 15,5 milliards de dollars d'actions du constructeur de voitures électriques. Celui dont la fortune est estimée à environ 220 milliards de dollars par le magazine Forbes, va donc débourser directement un peu plus de 27 milliards de dollars. À noter qu'il était entré au capital en début d'année et contrôle déjà 9,6% de Twitter après des achats d'actions sur le marché.

Fonds d'investissements, grandes fortunes et 13 milliards de dollars de prêts bancaires

D'autre part, le financement de cet accord repose sur quelque 5,2 milliards de dollars apportés par des fonds d'investissement et grandes fortunes, notamment le co-fondateur de l'éditeur de logiciel Oracle, Larry Ellison, qui a fait un chèque d'un milliard, ou Qatar Holding, contrôlé par le fonds souverain du Qatar, Qatar Investment Authtority. En échange de leur investissement, tous recevront des titres et deviendront actionnaires de Twitter. Ce groupe est complété par le prince saoudien Al-Walid ben Talal, qui a apporté à Elon Musk les presque 35 millions d'actions qu'il détenait déjà.

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Enfin, le solde, soit 13 milliards de dollars, est assuré par des prêts bancaires, débloqués par un groupe d'établissements dans lequel figurent Morgan Stanley, Bank of America, les Japonais Mitsubishi UFJ Financial Group et Mizuho, Barclays et les françaises Société Générale et BNP Paribas. Selon des documents communiqués à l'Autorité américaine de régulation des marchés, la SEC, Morgan Stanley prête, à elle seule, environ 3,5 milliards de dollars. Ces prêts sont adossés à Twitter et c'est le groupe, et non Elon Musk, qui en assurera la charge financière et le remboursement.

Un défi financier

Mondialement utilisée, la plateforme Twitter a pourtant, jusqu'ici, peiné à dégager des bénéfices et a notamment publié une perte opérationnelle (résultat directement lié à l'activité) sur les six premiers mois de 2022. Cette dette mettra donc la plateforme sous pression financière et pourrait également peser sur les autres activités d'Elon Musk, à savoir Tesla, premier constructeur de véhicules électriques au monde et SpaceX, sa société spatiale qui doit aider la Nasa à envoyer des astronautes sur la Lune d'ici 2025. « Nous allons évidemment payer beaucoup trop cher, mais le potentiel (de la plateforme) est largement supérieur à sa valeur actuelle », a-t-il d'ailleurs récemment déclaré à des analystes lors de la conférence sur les résultats de Tesla.

Reste à savoir s'il parviendra à lui faire connaître le même succès qu'au constructeur automobile. Longtemps déficitaire, l'entreprise est, en effet, désormais un immense succès industriel et financier, avec un profit record de 5,5 milliards de dollars en 2021 et une valorisation boursière immense (710 milliards de dollars), qui pèse quatre fois celle de Toyota, premier constructeur mondial. Or, de 2017 à 2019, la société était « constamment au bord de la faillite », avait expliqué Elon Musk précisant : « Je vivais dans l'usine de Fremont (Californie), je dormais par terre pour que l'équipe voie que je n'étais pas dans ma tour d'ivoire ».

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Car ce natif de Pretoria en Afrique du Sud est un habitué des succès. Fils d'un père ingénieur et d'une Canadienne mannequin, il a fait ses études au Canada puis aux Etats-Unis avant de lancer, à 24 ans avec son frère Kimbal, Zip2, un éditeur de logiciels en ligne. Il devient millionnaire avant ses 30 ans en le revendant au fabricant d'ordinateurs Compaq en 1999 pour plus de 300 millions de dollars. Le jeune entrepreneur fonde ensuite X.com, qui sera fusionnée avec PayPal, puis rachetée par eBay en 2002 pour 1,5 milliard. Vient ensuite SpaceX, fondée dans la foulée, qui devient la cheville ouvrière des nouvelles ambitions de la Nasa. « Le but global est de permettre à la vie de se développer sur plusieurs planètes et de faire de l'humanité une civilisation spatiale », avait affirmé Elon Musk dans un entretien accordé à Time Magazine, qui l'a nommé fin 2021 personnalité de l'année.

ZOOM - Trump se réjouit que Twitter soit désormais « entre de bonnes mains »

L'ancien président américain Donald Trump s'est réjoui vendredi que Twitter soit « entre de bonnes mains », après le rachat du réseau social par Elon Musk. « Twitter est désormais entre de bonnes mains, et ne sera plus dirigé par les fous de la gauche radicale qui détestent véritablement notre pays », a-t-il déclaré sur son réseau, Truth Social. Le milliardaire républicain n'a pas dit s'il prévoyait de retourner sur la plateforme, dont il a été banni après l'assaut du Capitole.

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Elon Musk, le nouveau patron du réseau social, avait ouvert la porte en mai à un retour de Donald Trump sur Twitter, ce qui ferait l'effet d'une déflagration. Avec son compte @realDonaldTrump, l'ex-président américain s'adressait directement à ses 88 millions d'abonnés, suscitant régulièrement de vives polémiques. Donald Trump a toutefois estimé que son réseau Truth Social fonctionnait « mieux » que Twitter, qui doit selon lui « travailler dur pour se débarrasser de tous les faux comptes et bots qui lui ont fait tant de mal ». « J'ADORE TRUTH », a-il ajouté.

(Avec AFP)

latribune.fr

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