Le pionnier français de la navette autonome, repris à la barre du tribunal de commerce en 2023 par le Japonais Macnica, présente son nouveau véhicule capable d’être opéré sans chauffeur à bord. Après avoir déployé des efforts vers la logistique, Navya revient ainsi à son marché historique, dans un contexte européen mais surtout international qu’il estime désormais plus favorable au transport autonome de passagers.Un an et demi après le lancement de sa navette autonome deuxième génération, le lyonnais Navya Mobility (180 salariés, dont une centaine à Paris La Défense) présente aujourd’hui officiellement son EVO 3 : son véhicule troisième génération, capable de transporter 15 personnes et s’adressant aux opérateurs de transport public, aux collectivités et aux opérateurs privés.
Si visuellement, elle est assez proche de sa grande sœur, elle amène en revanche des évolutions techniques revendiquées comme majeures et permettant d’atteindre, pour la première fois (et dans le cadre de certains cas d’usage), le niveau d’autonomie dit L4. C’est-à-dire sans opérateur à bord, mais avec une supervision à distance. La nouvelle navette de Navya a été conçue pour rouler jusqu’à 30 kilomètres/heure.
L’étape est considérée comme majeure par l’industriel depuis sa reprise en 2023 à la barre du Tribunal de Commerce par l’alliance Gaussin-Macnica (devenue fin 2024 une alliance 100 % japonaise Macnica-NTTW). Le groupe Macnica est positionné sur les semi-conducteurs et les composants électroniques, avec une division « Mobility » ; NTTW sur les télécommunications.
« Nous avons amélioré significativement les performances de notre navette et renforcé ses capacités d’adaptation à divers scénarios de conduite, comme le franchissement dynamique d’obstacles, le changement de voie, la détection des feux de signalisation, etc. », souligne Jean-Christophe Bailly, directeur général de Navya.
Plusieurs dizaines de ces navettes seraient déjà en commande, avec une fabrication à Saint-Vallier dans la Drôme et une livraison prévue d’ici la fin de l’année. Principalement au Japon, berceau de ses deux actionnaires actuels, où Navya avait signé un contrat significatif l’année dernière dans le cadre d’un programme gouvernemental.
L’industriel lyonnais avait vendu 12 navettes autonomes en 2024. L’ambition est d’en commercialiser au moins 150 de plus d’ici deux ans.