Rechute de l'économie britannique

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Ligne: croissance annuelle; baton: croissance trimestrielle. Source: Office of national statistics
Ligne: croissance annuelle; baton: croissance trimestrielle. Source: Office of national statistics
Le recul du PIB au quatrième trimestre a été revu à la baisse de -0,5% à -0,6%. Même en comptant l'effet des grosses chutes de neige, cela signifie que l'économie britannique a reculé, avant même le début du plan d'austérité.

Les mauvaises nouvelles continuent pour l'économie britannique. L'office national des statistiques vient de revoir à la baisse ses estimations du PIB au 4ème trimestre: le recul a été de 0,6%, contre une estimation initiale de 0,5%. C'est essentiellement la baisse plus importante que prévue du secteur des services qui explique cela, en recul de 0,7%.

Certes, les grosses chutes de neige de décembre ont compté pour une perte de 0,5% du PIB. Mais cela signifie que la croissance sous-jacente est en légère baisse. "Ce sont des chiffres très décevants", estime Howard Archer, économiste à Global Insight.

Le détail du PIB n'est guère rassurant. Les investissements se sont effondrés de 2,5%. Le commerce extérieur pèse aussi négativement, les importations continuant à progresser plus vite que les exportations. Et même la consommation des ménages, qui a longtemps surpris par sa solidité, recule de 0,1%, en pleine période de Noël.

Il n'y a que deux facteurs de hausse: la production industrielle; et les dépenses de l'Etat. Mais ces dernières vont bientôt reculer. Le grand plan d'austérité promis par le gouvernement de David Cameron entre véritablement en vigueur en avril, avec le début de l'année fiscale britannique. Si la Grande-Bretagne veut espérer connaître une croissance économique cette année, il faut que le secteur privé se reprenne. C'est loin d'être acquis.

Certes, les premiers indicateurs économiques de janvier et février indiquent un rebond. Il s'agit très probablement d'un rattrapage après la neige de décembre. Mais au-delà, les espoirs d'un décollage sont minces: "nous prévoyons une reprise très médiocre", explique Vicky Redwood, de Capital Economics.

D'autant que les signaux inquiétants s'accumulent. Outre le plan d'austérité, la banque d'Angleterre pourrait se sentir obligée d'augmenter ses taux d'intérêt dans les mois qui viennent. L'inflation est actuellement de 4%, deux fois plus que son objectif officiel. Trois des neuf membres du comité de politique monétaire ont voté en faveur d'une hausse des taux lors de leur réunion en février. La hausse de la TVA en janvier et l'envolée du pétrole ces derniers jours ne peuvent qu'accepter l'inflation, et les convaincre de la nécessité d'agir. Mais ces tendances ne peuvent également qu'étouffer la croissance.

Si la plupart des économistes ne tablent pas sur un retour en récession en Grande-Bretagne (techniquement, il faut deux trimestres de recul du PIB), ils prévoient une croissance très molle. L'année 2011 risque d'être difficile pour les Britanniques.

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Commentaires
a écrit le 07/03/2011 à 0:58 :
Rappel: La crise actuelle est due aux politiques ultralibérales (subprimes adorés) ... et les britanniques ont décidé de se soigner avec un ultralibéral ... c'est vrai que l'adage populaire dit "on soigne le mal par le mal" mais il y a des limites ... qu'ils sont peu être en train de découvrir ...
a écrit le 04/03/2011 à 23:47 :
Qu'ils aillent se faire aider par leurs amis Américains qu'ils soutiennent souvent contre l'Europe .

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