Pourquoi les démocrates ne soutiennent pas "Occupy Wall Street"

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Alors que le mouvement de contestation dure depuis deux mois, peu d'élus démocrates ne se risquent à le soutenir. Car ils gardent les élections de 2012 en ligne de mire.

 


"Occupy Wall Street" a fêté ce jeudi son deuxième mois d'existence. Pour marquer le coup, les organisateurs avaient prévu une grande journée de désobéissance sociale. Très tôt dans la matinée, quelques centaines de personnes, peut être même plus d'un millier, ont ainsi marché vers Wall Street, dont l'accès leur a été interdit par la police. Mardi soir, ils avaient été délogés de leur camp du Zuccotti Park, officiellement pour des raisons d'hygiène, et s'étaient vu interdire d'installer à nouveau leurs tentes.

Mais si le mouvement des 99% a trouvé un certain écho auprès de l'opinion publique et dans les médias, la classe politique américaine se refuse jusqu'à présent de les soutenir. Sans surprise, les républicains s'en prennent à ces "marginaux" qui feraient mieux de "chercher un emploi". Et ils agitent la menace d'une guerre des classes, fruit des discours stigmatisants de Barack Obama envers les Américains les plus riches.

Les relations entre "Occupy Wall Street " et les démocrates sont en revanche plus complexes. Car les rangs des protestataires sont en majorité garnis d'électeurs démocrates. La plupart ont voté Obama il y a trois ans. Et certaines de leurs revendications reprennent des propositions démocrates au Congrès, comme la réduction des inégalités sociales et le renforcement de l'imposition sur les millionnaires et milliardaires.

Les démocrates, Barack Obama en tête, doivent donc veiller à remobiliser ces mécontents en vue des élections de 2012. "75% d'entre eux se disent déçus du président", explique Robert Shapiro, professeur à l'Université de Columbia. "L'un des enjeux pour Barack Obama en ce moment consiste à trouver un moyen de regagner le soutien de ces électeurs potentiels, renchérit Mark Rozell de l'université de George Mason. Le risque c'est qu'ils ne se déplacent pas pour aller voter l'an prochain".

Pourtant, les démocrates - à quelques exceptions près - ont toujours gardé leurs distances avec les 99%. "Ils ne veulent pas être considérés comme trop proche de ce mouvement, explique Mark Rozell. Parce que la véritable bataille en 2012 se jouera auprès des électeurs indépendants". Se rapprocher trop près des protestataires, c'est en effet prendre le risque d'être associé avec certaines de leurs idées radicales, qui effraient la majeure partie de la population américaine.

Les derniers évènements - et notamment les images des affrontements entre la police et certains manifestants sur la cote Ouest - ont en outre donné le sentiment que ce mouvement devenait violent. Le soutien de l'opinion publique a ainsi fortement baissé: 45% des Américains désapprouvent désormais "Occupy Wall Street", contre 36% il y a un mois, selon un sondage réalisé par Public Policy Polling. Un renversement de tendance qui se retrouve également chez les électeurs indépendants.

"Les démocrates essaient désormais d'utiliser ce mouvement pour renforcer la visibilité médiatique de certains problèmes sur lesquelles ils s'opposent avec les républicains", comme les solutions pour créer des emplois et l'avenir de Medicare, assurance santé pour les personnes âgées, et du système de retraites (Social Security), avance Robert Shapiro. Un moyen également de faire oublier que la mobilisation des 99% est également le résultat de leurs propres échecs à réformer le système, comme l'avait promis Barack Obama en 2008.

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a écrit le 29/12/2011 à 13:42 :
Il me semble que vous ne comprenez pas très bien le système américain. D'octobre 1964 à Mars 1985 je vivais aux USA. J'ai fait aussi depuis 1997 une quinzaine de voyage en Russie (pour le sport). La Tribune et nombreux de ses commentateurs racontent presque autant de conneries sur les uns que sur les autres.
Les OWS n'ont pas plus de support chez les démocrates que chez les républicains pour la simple raison qu'il y a autant de "putains" du matérialisme à outrance dans les deux camps. Directement ou indirectement, les donateurs donnent autant à l'un qu'à l'autre. Par contre ces gros bonnets ne donnent rien aux nombreux partis marginaux. Ainsi "Big-Business" ne perd jamais et on en arrive à la triste situation actuelle (mal couverte par les médias français). En 2008 l'élection de l'Oncle-Tom Obama a coûté 3 milliards $. Ce chiffre sera dépassé en 2012. C'est d'ailleurs le grand exemple de démocratie qui, en France, avec la clique Sarkozy ou Hollande-DSK nous pend au bout du nez. Exemple: Actuellement, avec le "Patriot-act N°3 ou 4" tout citoyen US peut être jeté en prison, sans procès et y rester jusqu'à la mort. Il lui suffit (sans preuves) d'être catalogué terroriste. J'ai toujours beaucoup d'amis aux USA (classe moyenne, gens simples, sportifs et même journalistes). Je suis donc très bien informé et j'ai presque la même chose en Russie. Etant inquiet au sujet de ce que l'on va léguer aux générations futures, je ne ferais de cadeaux à aucun des fossoyeurs de mon pays et je défendrais ceux qui comme Vladimir Poutine (sans être parfait) s'orientent dans la bonne direction...
Jean-Claude Meslin indigné et écoeuré depuis 30 ans par la médiocrité ambiante
a écrit le 29/12/2011 à 13:05 :
Il y a autant de "putains" du matérialisme à outrance chez les démocrates que chez les républicains. Les donateurs qui ont "pousser le bouchon" jusqu'à 3 milliards de dollars pour l'élection d'Obama en 2008, veulent même faire mieux en 2012. Chacun donne autant à chaque parti (seulement ces deux-là). Ainsi ils ne perdent jamais. Quant à la santé de la Démocratie; à vous de juger. J'ai vécu 6 de ces campagnes électorales US de 1964 à 1984. Je crois bien connaître ce système de la Honte et du bluff planétaire. Exemple: Actuellement, un citoyen US peut être jeté en prison; sans procès et y rester jusqu'à la mort. Il lui suffit d'être dénoncé ou catalogué: terroriste (les preuves ne sont pas nécessaires). Voilà, français ce qui vous pend au bout du nez; puisque l'on copie toujours ce que font les américains...Jean-Claude Meslin
a écrit le 18/11/2011 à 22:43 :
Les démocrates américains correspondent à la droite classique en France, le républicains, encore plus à droite. La gauche et le centre ne sont pas représentés.
a écrit le 18/11/2011 à 6:57 :
Parce ce que les démocrates américains ne sont pas des socialistes français.
a écrit le 18/11/2011 à 0:45 :
Comment pourraient-ils soutenir un mouvement contre wall Street alors que le President Democrate en place n'a pas su frapper fort sur les speculateurs New Yorkais? Le president Obama aurait du se montrer tres ferme envers Wall Street . Son manque de fermete a ete une grave erreur que la plupart des democrates n'ont pas compris . Il rsique de le payer cher en 2012 . Le mouvement des indignes n'est que l'expression , parfois diffuse , d'une tres grande frustration , d'un sentiment d'injustice profond dans une societe Americaine ou l'argent ne devrait plus etre la seule mesure de la reussite .
a écrit le 17/11/2011 à 21:45 :
Parce qu'ils n'ont de démocrate que le nom.

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