Tanger Med, le port qui dynamise tout le nord du Maroc

 |   |  660  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : AFP)
Inauguré en 2007, le complexe portuaire de Tanger Med s'affirme comme un hub essentiel en Méditerranée. Il a généré la création d'une vaste zone industrielle et de dizaines de milliers d'emplois dans une ville qui, longtemps délaissée, vit une véritable renaissance depuis l'avènement du roi Mohamed VI.Suite de notre dossier Spécial Méditerrannée.

Tanger et sa région du Rif, c'est comme un doigt d'Afrique pointé vers l'Europe, situé à 14 km seulement. Face à Gibraltar et à l'Espagne, c'est dans ce lieu mythique qu'Hercule sépara l'Eurafrique originelle en deux continents, donnant ainsi naissance à la Méditerranée...

Avancée de terre entre Atlantique et Méditerranée, cette région, la plus septentrionale du Maroc, vit une véritable renaissance depuis l'avènement de Mohamed VI, en 1999. Son père, le roi Hassan II, n'aimait pas ce territoire et l'avait délaissé durant des décennies : alors prince héritier, il avait lui-même dirigé en 1958 la répression contre l'insurrection de cette région. Mohamed VI a préféré tourner cette page de l'histoire et lancer une énergique politique de revalorisation.

Escale incontournable du trafic maritime

Première concrétisation de cette volonté royale, la réalisation du port de Tanger Med I, à 22 km à l'est de Tanger. Inauguré en 2007 après trois ans de travaux, ce port en eau profonde peut accueillir les plus grands cargos du monde. Il s'est très vite avéré une réussite : dès 2009, et malgré la crise, son trafic dépassait de 30 % les prévisions les plus optimistes, confirmant la pertinence de son positionnement stratégique comme port de transbordement. Aussi, dès 2009, le roi lui-même se rendit-il sur le site pour procéder au lancement d'une importante extension : Tanger Med II.

Aujourd'hui avancés à 70%, les travaux de réalisation de Tanger Med II, une fois achevés en 2015, porteront la capacité totale de traitement de conteneurs à plus de 8 millions d'EVP (équivalents vingt pieds), ce qui mettra le complexe quasiment au niveau de Rotterdam, premier port européen, avec 10 millions d'EVP. D'ores et déjà, Tanger Med, qui a bénéficié du financement européen (386 millions d'euros de prêts de la BEI, dont 131 pour la plate-forme du constructeur automobile Renault) a attiré les plus grands armateurs mondiaux : Maersk Line, CMA CGM, Delmas, Mitsui O.S.K Lines (MOL) et Hamburg Süd. Il s'est imposé comme une escale incontournable du trafic maritime mondial, avec 125 ports desservis. Et l'indice de connectivité maritime du Maroc a bondi, passant de la 77e place mondiale en 2007 à la 17e place en 2012.

Mais le complexe portuaire, c'est aussi le coeur d'une grande plate-forme industrielle de 925 hectares, rassemblant la zone franche de Chrafate, dédiée aux métiers de l'automobile - c'est là qu'est implantée l'usine Renault - , celle de Tanger pour les activités logistiques ; celle de Fnideq, destinée au commerce de gros et de détail. Au total, on évalue aujourd'hui en dizaines de milliers les emplois attendus, l'usine Renault ayant déjà généré à elle seule « 6000 emplois directs et quelque 30000 emplois indirects », affirme Fouad El Omari, député-maire de Tanger.

Le développement accéléré de la ville

« Celui qui cherche du travail à Tanger, il en trouve », assure d'ailleurs Fouad El Omari, venu à Paris en juin dernier pour y promouvoir sa ville auprès de personnalités politiques et économiques. « Les Français connaissent bien Casablanca et Marrakech, mais pas assez Tanger, dit-il. Nous sommes en plein renouveau, et nous voulons développer le tourisme et l'industrie. »

Pour renforcer l'attractivité de sa ville, dont la population est estimée à 800000 habitants, l'élu annonce la création d'un second palais des congrès, la rénovation du vieux port et sa reconversion pour la plaisance, la création d'une grande foire pour 2016. Il milite aussi pour l'établissement d'une liaison aérienne quotidienne entre sa ville et Paris, et évoque avec du rêve dans les yeux la mise en service, en 2016, de la ligne TGV Casablanca-Rabat-Tanger. « Nous serons les premiers en Afrique ! » annonce-t-il avec fierté. Mais, c'est en évoquant l'âme de sa ville qu'il conclut : « Nous sommes des Méditerranéens à la mode d'El Andalous : Tanger est une ville ouverte, tolérante et amicale. Chacun y est toujours le bienvenu. »

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 02/11/2013 à 21:59 :
" Tanger et sa région du nord " et non pas "Tanger et sa région du rif " Monsieur Mignot
Réponse de le 21/11/2013 à 23:59 :
Tanger appartient à la région du Rif, plus précisément le Rif occidental.

"Le Rif — en amazigh « Arrif » (« rivage, bord ») est la région septentrionale du Maroc, bordée par la mer Méditerranée au nord, l'Algérie à l'est, le Moyen Atlas au sud et l'océan Atlantique à l'ouest. Le Rif est composé de montagnes et de plaines. Il s'étend de la péninsule tingitane (Tanger) jusqu'à la petite région de Kebdana (frontière algérienne), irriguée par la Moulouya1. Ainsi, la grande région du Rif se subdivise en Rif occidental (Jbala), s'étendant de Tanger à Taounate, et Rif oriental (Riyafa) qui s'étend d'Alhoceima à Ghazaouet (Algérie)."
a écrit le 17/08/2013 à 18:44 :
Bravo, continuez ! Le Maroc est un exemple pour l'Afrique et le monde Arabe.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :