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OpinionsLa Tribune des expats

Tout ce que vous avez besoin de savoir sur la French Tech au Japon

Photo de Les Expats

Thibault Danjou (Singapour).

Publié le 27 février 2015 à 08:45 - Mis à jour le 27 février 2015 à 09:26

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La French Tech doit s'exporter a dit le ministre de l'économie, Emmanuel Macron. Elle émerge aussi dans la communauté des expatriés. La preuve avec ces cinq Francais à l'origine de la French Tech Japan : Sylvain Pierre, Romain Resse, Mathieu Buglet, Yoann Boishardy et Yann-Luc Klein. Entretien.

La question que tout le monde se pose : La French Tech Japan, c'est quoi ?

Yoann : La French Tech Japan est une initiative collective (5 membres) qui s'appuie sur le mouvement French Tech lancé en France sous l'influence de Fleur Pellerin. Sur le fond l'ambition est la même. Sur la forme c'est très différent. C'est une initiative qui est impulsée au niveau individuel, il n'y a aucune municipalité derrière nous.
De plus, lorsque l'on est dans un contexte international, on ne peut penser « franco-français ». C'est pourquoi, nous accordons beaucoup d'importance aux partenaires locaux et plusieurs idées sur lesquels nous travaillons vont dans ce sens. Nous cherchons aussi à promouvoir les talents français dans des structures locales.
C'est aussi un moyen, je pense, d'impulser et supporter le développement des start-ups au Japon où la situation est équivalente à la France dans les années 2000.

Romain : C'est une idée, plusieurs objectifs, une communauté. Rassembler pour entreprendre, avancer, se rencontrer, échanger, Rayonner ! Le Japon est le terrain de jeu idéal pour cela, alors inventons et soyons en avance sur notre temps !

Sylvain : C'est avant tout une communauté ouverte, pas de filtre à l'entrée, chaque participant donne et prend ce qu'il veut, que ce soit du temps, des ressources, des idées, ou... de l'argent (rire).

Yann-Luc : La French Tech Japan, c'est un espace, c'est une bannière. C'est le point de ralliement des forces vives, des Français dynamiques du Japon pour échanger, s'entraider, construire. Ce n'est pas une organisation d'aide aux entrepreneurs, la French Tech Japan, ce sont les entrepreneurs eux-même.

Qu'est-ce qui a motivé la création de cette communauté ?

Yoann : Je pense que nous avons tous des motivations différentes et il n'est pas nécessaire de rappeler l'ambition de la French Tech.
Travaillant dans l'industrie japonaise, je reste surpris de l'image des Français mais il n'y pas que le bordeaux, LVMH et la baguette en France. Mes partenaires s'étonnent souvent lorsque je leur explique que la France est l'un des plus important producteur d'application mobile au monde, il y a un vrai savoir-faire, montrons-le !
D'un autre côté, une French Tech Japan c'est faire aussi la promotion du Japon. C'est un pays merveilleux avec un grand savoir-faire et où l'on vit très bien. La Japon et la France, partagent déjà beaucoup, alors allons plus loin. Associons-nous.

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Romain : J'ai vu de la lumière alors je suis rentré qu'il disait... Plus sérieusement, l'entreprenariat et les nouvelles technologies, ses applications donnent des étoiles dans les yeux à nombre de personnes, y compris moi. Je veux partager cette passion, ces visions et très certainement trouver de nouveaux partenaires. Qui sait, nous pouvons peut être faire de grandes choses ensemble !

Sylvain : L'envie un peu patriotique de participer au redressement et au rayonnement "numérique" de la France. L'expatriation donne beaucoup de recul par rapport à la situation du pays, et amène à se dire : "Ok, il faut se bouger" (et arrêter de se plaindre).

Yann-Luc : En tant que Français, nous avons eu une éducation gratuite de qualité, des aides de l'Etat providence. Il est temps de redonner à la France ce qu'elle nous a offert, d'apporter notre contribution pour les générations futures. La French Tech Japan, c'est se rassembler pour préparer le futur.

Entre la CCIFJ, Ubifrance... L'idée n'est-elle pas redondante ? Que proposez-vous de nouveau ?

Yoann : Redondance, oui il y a. Aujourd'hui seule la CCIFJ nous permet de proposer un service de domiciliation virtuelle. Aujourd'hui avec Ubifrance rien n'est fait, mais nous échangeons régulièrement. Par ailleurs, Monsieur Darsin, responsable VIE Japon, est très actif sur nos pages Facebook et Linkedin. C'est une aide précieuse.

Romain : Bien que la communication de ces organismes soit forte, qu'elle soit répandue, les personnes visées ne se reconnaissent pas forcément en eux ou alors se confrontent à des systèmes avec qui ils ne veulent pas forcément communiquer ou échanger. Nous avons pour certains d'entre nous cette expérience. La French Tech Japan c'est avant tout du participatif, de l'entrepreneur qui parle leur langue et qui comprennent leurs enjeux, et qui plus est dans un pays qu'est le Japon. (En plus on a des beignets, de la bière et des pizzas !)

Sylvain : Ces organismes apportent clairement de la valeur, mais ils le reconnaissent eux-mêmes, nous touchons une communauté qu'ils ont du mal à attirer. L'objectif est de travailler en complémentarité, en aidant les entrepreneurs à s'installer, et en assurant le pont avec les institutions par exemple.

Yann-Luc : Nous n'aidons pas les entrepreneurs, nous sommes les entrepreneurs: voilà notre leitmotiv ! La CCIFJ et UBI France accueillent notre initiative de manière favorable car, pour aider des entrepreneurs comme ils le font, il faut d'abord les connaître. Aussi, notre ambition est de représenter ces entrepreneurs. Pour reprendre et adapter la phrase célèbre de Kissinger, "Les entrepreneurs, quel numéro de téléphone?" : celui de La French Tech Japan.

Le Japon, un environnement difficile si on en croit les rumeurs... Qu'en pensez-vous ?

Yoann : Il n'y a pas de fumée sans feu. C'est une culture bien différente. La première difficulté est d'avoir suffisamment d'ouverture d'esprit pour l'accepter. Le business est aussi différent, que de « nemawashi » (au Japon, c'est un processus de décision qui repose sur la consultation de tous les interlocuteurs concernés) et d'heures à discuter sur tous les détails. Après oui, ne l'oublions pas, le Japon reste un pays très protectionniste avec une administration lourde, et la langue n'aide pas. Néanmoins, les Japonais sont aussi très curieux, faire preuve d'audace et d'originalité sont à mon avis des qualités. Je crois que « difficile » n'est pas le bon mot. Le Japon, c'est un défi.

Romain : Que ce soit clair, faire du business au Japon n'est pas compliqué. Ce qui l'est ce sont toutes les règles, us, coutumes, et les lois protectionnistes du pays. Etre ici est un choix, il ne se fait pas sans sacrifice, mais c'est aussi une aubaine et un sacré marché, pour qui souhaite le prendre. Nous sommes aussi là pour assurer, dans une certaine mesure un support, un SAV. C'est pour cela que nous allons essayer de monter un système de partenariat entre les puissantes entreprises japonaises et les jeunes pousses françaises intéressées au plus haut point par le Japon et ses opportunités.

Yann-Luc : C'est sûr que les Japonais ont tendance à oublier de cuire le poisson qu'ils mangent, il faut s'y habituer ! Blagues mises à part, il y a deux principales difficultés pour nous au Japon: le fait d'être étranger et l'environnement pas encore « startup friendly » de l'archipel. Mais il y a aussi des opportunités: les Européens sont bien perçus et sortent du lot au Japon. Aussi tout est à construire, il y a beaucoup de choses de la vie courante européenne qui n'existent pas au Japon et qui n'attendent qu'à y être introduites.

Et la suite ?

Yoann : Conquérir le monde (rire). Nous essayons d'avoir un maximum de visibilité auprès des entrepreneurs que ce soit en France ou au Japon. Etonnamment c'est un public bien plus difficile à atteindre que les institutionnels. Pourtant, sans ces premiers nous ne sommes rien. Nous devons donc rassembler cette communauté.
A plus long terme, il faut penser à formaliser le projet. Comme cité plus haut, nous sommes une toute petite équipe. Nous n'avons pas les mêmes ressources que les villes qui viennent de recevoir le label French Tech. Pour obtenir ce label à l'étranger, il nous faudra une véritable synergie de groupe. Il va peut-être falloir penser à mettre l'ensemble des partenaires autour d'une table afin de créer un projet cohérent.
D'une manière simple, il y a tous les éléments en place, il faut maintenant créer le tissu.
Nous avons, par ailleurs, récemment reçu le soutien de Justa (https://justa.io/en) qui est une start-up spécialisée dans le recrutement pour start-up. Pour l'heure nous faisons du partage d'information, leur réseau étant bien plus développé que le nôtre. Néanmoins, nous travaillons à développer notre partenariat avec le temps.

Romain : Formaliser notre mouvement, aider les représentants French Tech en France à définir la French Tech à l'étranger, nous faire connaître des acteurs / investisseurs japonais et devenir incontournable !

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Sylvain : Nous avons les "partenariats" en place pour accueillir des Français qui souhaiteraient tenter l'aventure. L'objectif est de faire de la FTJ le point de contact privilégié pour les entrepreneurs, et pourquoi pas à terme monter notre propre incubateur !

Yann-Luc : Passer d'une initiative à un écosystème: nous allons structurer la French Tech, la rendre visible, forte et dynamique à l'image des entrepreneurs qu'elle représente.

Contacts
Twitter : @FrenchTechJapan
Facebook : https://www.facebook.com/groups/868230146520409/

Thibault Danjou (Singapour).

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