Hollande n'a pas réglé l’éternel et lassant jeu de rôles sur la question territoriale

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Anne Hidalgo, Valérie Pécresse, Patrick Devedjian et Alain Dinin en débat pour La Tribune du Grand Paris
Lors de sa conférence de presse, mardi, François Hollande a annoncé un remaniement de l'organisation des collectivités territoriales. Une organisation déjà prévue par le projet Paris Métropole, mais contre laquelle de nombreux élus s'élèvent...

On peut légitimement penser que les mêmes qui étaient pour la réduction du nombre de régions ou la suppression de la plupart des départements il y a 5 ans, vont trouver d'excellents arguments pour s'y opposer aujourd'hui.

On peut tout aussi légitimement penser que, après l'intervention de François Hollande, les mêmes qui dans l'opposition il y a 5 ans manifestaient derrière les banderoles "territoires en danger", aujourd'hui au gouvernement vont être tout aussi performants pour légitimer la mort de la Seine Saint Denis, des Bouches du Rhône, de la région Centre ou de la Basse Normandie, la seule  forte probabilité  étant que la Corse échappe à la remise en cause de son inefficacité chronique malgré ses deux départements et sa région pour une population à peine supérieure au 18ème arrondissement de Paris.

Jeu de rôle à front renversé 

Le débat lors du lancement de La Tribune du Grand Paris le 12 décembre dernier en est un très joli témoignage. Il a eu lieu le soir même de l'adoption par l'Assemblée nationale de la Métropole du Grand Paris : Anne Hidalgo ? Peut être la seule capable de sortir de ses intérêts immédiats, très fortement pro Métropole, favorable à la perte de pouvoirs pour les maires y compris celui de Paris, beaucoup plus déterminée sur le sujet que Bertrand Delanoë, la stratégie parisienne a changé. Valérie Pécresse ? En arrière toute : seule la Région (qu'elle vise) aurait dû être investie de l'autorité métropolitaine. Même Jean Paul Huchon n'en demande plus autant. Patrick Devedjian ? Arc bouté sur la défense des départements. Pourtant Edouard Balladur a rendu un rapport célèbre préconisant la refonte de cette carte datant de la Révolution et Jean Pierre Raffarin, homme du deuxième acte de la décentralisation milite pour une France radicalement simplifiée avec 8 grandes Régions.

Jeu de rôles à front renversé ? Pourtant la réforme métropolitaine à Paris, va tout bouleverser totalement la région Capitale, tous les opposants le savent : 4 départements sont condamnés, la totalité des intercommunalités va disparaitre, la Région devra se refondre radicalement (en se tournant vers l'Ouest pour se reconstruire avec les deux Normandie et la Picardie ?) et , avec un peu de chance si les promesses sont tenues, un Parlement métropolitain élu en partie au suffrage universel en 2020.

 

Une faible ambition contagieuse

Cette réforme ne doit rien au Président. François Hollande a repris de temps en temps quelques bribes de propositions des programmes présidentiels de droite et de gauche, mais jamais depuis mai 2012, il n'a donné d'impulsion à la réforme territoriale, jamais il n'a donné un cap clair à Marylise Lebranchu, jamais il n'a tranché entre les lobbies d'élus territoriaux, jamais surtout il n' a "recadré" un Sénat majoritairement socialiste mais dont la préoccupation essentielle est la défense du petit maire rural, le maintien de l'existant et la destruction des réformes demandées.

Du coup, cette faible ambition semble contagieuse : personne n'a en effet  identifié celui qui dans la classe politique de gauche ou de droite avait envie de porter ce  projet métropolitain. Le Grand Paris mériterait bien pourtant qu'un élu qui comme Ken Livingstone à Londres ou Gérard Collomb à Lyon s'empare de ce projet politique majeur. Le vieil adage "maire batisseur, maire battu" est dans toutes les têtes.

 

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Commentaires
a écrit le 15/01/2014 à 15:57 :
Le serpent de mer va t il enfin accoucher de quelque chose de concret?
J aimerais tant y croire,mais le plus tenace corporatisme de ce pays ce sont bien les roiteletes et barons locaux.
Au moins peut on esperer une supression des departements metropolitains au profit des structures metropolitaines
a écrit le 15/01/2014 à 15:34 :
Le manque de clarté de FH ne peut se comprendre que d'une seule façon; il ne peut rien faire, les réticences étant trop nombreuses. Dès lors, une seule façon de gérer l'évolution: la carotte (le baton) des subventions de l'état qui seront réservées aux seuls acteurs jugés raisonnables, à charge pour les populations de comprendre le message (c'est-à-dire les comptes publics): c'est malheureusement vain (qui connait l'état de la dette de sa commune, ou de son département?)...C'est de cette manière que les parents lassés des bêtises de leurs ados réagissent: en leur coupant les vivres!
a écrit le 15/01/2014 à 15:29 :
J'ai adoré ce que propose "Territoires en mouvement" sur ce sujet.
Je suis POUR la suppression des départements. Je suis POUR la réduction du nombre de régions: 8 à 10 tout au plus.
Réponse de le 15/01/2014 à 23:21 :
En France les politiques ont l'art d'enfumer le contribuable avec des économies fictives. La décentralisation on sait déjà ce qu'elle nous coûte. Supprimer les départements ne supprimera pas les inutiles payés avec vos impôts. Voter de manière pragmatique pour un maire "responsable" serait plus efficace.
a écrit le 15/01/2014 à 15:21 :
Nos énarques aiment tellement se gaver dans le mille feuille,

il est illusoire d'espérer écraser ce millefeuille TOXIQUE.

Comme en 1789, le peuple devra se charger d'en répandre les cendres après que le feux spontané ait fait son oeuvre.
a écrit le 15/01/2014 à 14:58 :
rattacher aux "villes "centre, les départements....pour tout ce qui traite du "local"..... et considérer les cantons comme de grandes agglomération rurales...avec un "maire"... les adjoints étant des reprenntant des anciennes communes... faire huit régions au lieu de 22.... à compétence transport, économie et enseignement
a écrit le 15/01/2014 à 13:54 :
si déjà on arrivait rapidement à une dizaine de région au lieu des 22, à l'exemple de Rhône-Alpes qui compte 8 départements et pourrait accueillir la Haute-Loire,
la Bretagne arrivait au périmètre historique++, la Normandie avec la Mayenne, etc...
et pour une région seul un gestionnaire de mission (transport, scolaire, formation, etc...)

on verrait alors que le département en tant que décisionnaire disparait, que les communes se regrouperont !

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