Fiac : des institutions survoltées

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(Crédits : Reuters)
A la Fiac 2014, il y en a pour tous les goûts. Demandez le programme...

Tandis que Paris accueille les plus grands collectionneurs et marchands pendant une semaine lors de la FIAC, la programmation institutionnelle fait honneur à cet événement, offrant au public un choix riche et divers de manifestations.

Du dépaysement

Ce mois d'octobre Paris accueille des expositions invitant au voyage et stimulant nos sens. La diversité culturelle, l'ouverture ethnique et la diversité linguistique sont mises en lumière. L'Institut du monde arabe impressionne avec sa troisième exposition de l'année, consacrée à l'art contemporain marocain. « Le Maroc Contemporain » se penche sur la vérité intérieure, le soufisme, la société civile, le féminisme et la religion.

Au fil de cette promesse de multiplicité des courants artistiques, Paris invite également à découvrir en ce mois d'octobre la civilisation préhispanique des Mayas. Voyage au Mexique avec l'exposition « Mayas, révélation d'un temps sans fin », visible au musée du Quai Branly qui relève le défi de montrer au public un monde fascinant à découvrir à travers l'architecture, les céramiques, les fresques Mayas, plongeant le visiteur dans une communauté bercée de rituels et de spiritualité.

Cette année 2014 se termine avec une dernière grande exposition organisée dans le cadre de la commémoration du 50e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la République française et la République populaire de Chine. Le musée Guimet propose « Splendeurs des Han, essor de l'empire Céleste » présentation de la Dynastie Han considérée comme un des âges d'or de l'histoire de la Chine.

De l'immersion

Plus qu'un voyage au cœur des civilisations antiques, le public a l'occasion de vivre un voyage intérieur, avec des expositions immersives telles qu'« Inside » au Palais de Tokyo. Une dizaine d'artistes nous proposent des installations propices à l'introspection, au voyage intérieur. L'expérience de ce voyage intérieur s'exprime par la scénographie de l'espace, sur deux étages, le collectif Numen/For Use poussant même la métaphore en invitant le public à pénétrer dans une matrice de scotch et vivre l'introspection à son maximum.

Au château de Versailles, l'artiste coréen Lee Ufan nous invite à nous engouffrer dans des bosquets habituellement peu fréquentés. À travers dix œuvres imposantes, le public redécouvre les jardins de Versailles à travers la culture asiatique et un parcours méditatif, réalisant un voyage dans un monde intemporel.

Le public pourra également être transporté dans une atmosphère de décors de magazines des plus luxueux au musée des Arts décoratifs. L'exposition « Décors à vivre » propose pour sa cinquième édition une carte blanche à seize décorateurs qui ont tous conçu une pièce à vivre autour d'une œuvre de leur choix, sélectionnée dans les réserves du musée des Arts décoratifs. Par exemple, le bureau présidentiel de Chahan Minassian est une invitation à la luxure, au repos, à la médiation dans une ambiance extrêmement chaleureuse.

Du choc

L'exposition de David Altmejd au Musée d'art moderne de la ville de Paris bouscule quant à elle le spectateur, à travers un ensemble irréel d'éléments qui évoluent vers un monde mystique. À l'occasion de « Flux », l'artiste met en scène des composants mi-végétaux, mi-minéraux, mi-humains, plongeant le public dans un univers chimérique.

Le musée d'Orsay propose pour sa part une lecture de l'érotisme d'Alphonse Donatien de Sade sous l'initiative d'Annie Le Brun. À travers des œuvres de grands maîtres tels que Goya, Géricault, Ingres, Rops, Rodin, Picasso... l'exposition « Sade. Attaquer le soleil » peint l'abandon de soi aux plaisirs de la chair, de la violence et l'immontrable.

Place aux femmes

Ce mois d'octobre est également celui des femmes. Tandis que Jennifer Flay demeure à la tête de la FIAC, la conseillère artistique de Bernard Arnault, Suzanne Pagé, est dans la lumière alors qu'est inaugurée la Fondation Vuitton.

Les femmes sont aussi à l'honneur dans les plus grandes institutions muséales. La figure de la femme est mise en exergue par l'exposition de Niki de Saint Phalle au Grand Palais, les Nanas de l'artiste y étant les stars, tandis que la figure maternelle est célébrée à travers des œuvres révélant son engagement politique et féministe. Enfin, l'avant-gardiste Sonia Delaunay est à l'honneur au Musée d'Art moderne à travers l'exposition « Les couleurs de l'abstraction » qui nous invite à découvrir des œuvres encore peu connues du public telles que ses robes.

Les collectionneurs à l'honneur

Le Musée du Luxembourg met quant à lui à l'honneur l'un des plus grands marchands du XIXe siècle, découvreur des impressionnistes et précurseur du marché de l'art moderne Paul Durand Ruel. Dans le même temps, ce sont les œuvres du collectionneur Laurent Dumas qui sont dévoilées à l'hôtel Beaubrun dans le cadre d'une exposition collective intitulée « As I run and run, happiness comes closer - Morceaux choisis d'une collection ».

Mais aussi...

Parmi les événements à ne pas rater, la réouverture de la Monnaie de Paris avec  l'exposition « Chocolate Factory » de Paul McCarthy. L'auteur du désormais célèbre « sapin de noël » de la place Vendôme plonge le public dans une usine de chocolat, où des chocolatiers/performeurs réalisent en des figurines en chocolat, l'artiste interrogeant la société de consommation et la production en série, dans un lieu qui s'y prête bien : la Monnaie de Paris.

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