Wall Street sans direction malgré JPMorgan

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Les places américaines consolident leurs gains de la veille ce jeudi, malgré les résultats supérieurs aux attentes de JPMorgan. Vers 19h30, le Dow Jones cède ainsi 0,02% à 8.614 points, le Nasdaq gagne 0,13% à 1.865 points et le S&P 500 recule de 0,26% à 930 points.

Wall Street naviguent autour de l'équilibre ce jeudi, après avoir aligné trois séances de hausse consécutive (six séances même pour le Nasdaq). Les bons résultats publiés par JPMorgan ne portent pas le secteur bancaire qui a engrangé d'importants gains ces derniers jours. Et la forte baisse des demandes d'allocations de chômage ne serait qu'une "anomalie" statistique. De plus, la dégradation de l'activité manufacturière de la région de Philadelphie a été plus importante que prévu. Toujours prudents, alors que d'importants résultats sont attendus ce soir et vendredi (Google, IBM, Bank of America, Citigroup et General Electric), les marchés consolident donc le gain de 3% enregistré jeudi.

Vers 19h30, le Dow Jones cède ainsi 0,02% à 8.614 points, le Nasdaq gagne 0,13% à 1.865 points et le S&P 500 recule de 0,26% à 930 points.

Sur le front des statistiques, les demandes hebdomadaires d'allocations de chômage ont touché leur plus bas niveau depuis janvier, avec 522.000 dossiers déposés la semaine dernière. Les économistes attendaient 565.000 demandes, après les 569.000 enregistrées la semaine précédente. La moyenne mobile sur quatre semaines, considérée comme plus représentative d'une tendance, est également en repli, à 584.500 dossiers. Cependant, le département du Travail a invité à interpréter ces chiffres avec prudence, mettant en avant un facteur saisonnier plutôt qu'une réelle amélioration du marché de l'emploi.

Par ailleurs, l'activité manufacturière dans la région de Philadelphie s'est détériorée en juillet après s'être nettement améliorée en juin. L'indice de la Réserve fédérale de Philadelphie, considéré comme un indicateur avancé de l'activité industrielle de l'ensemble des Etats-Unis, est en effet ressorti à -7,5 contre -2,2 en juin et -22,6 en mai. Les économistes interrogés avaient tablé sur une baisse moindre, avec une estimation moyenne de -5.

Du côté des valeurs, JPMorgan Chase recule de 2,24% à 35,45 dollars malgré la publication de résultats supérieurs aux attentes. Mais le titre de la banque américaine a grimpé de plus de 12% sur les trois premières séances de la semaine. En outre, l'établissement a indiqué que la situation sur les prêts hypothécaires et les cartes de crédit s'était détériorée plus vite que prévu. JPMorgan a toutefois dégagé un bénéfice net de 2,7 milliards de dollars au deuxième trimestre, soit 36% de plus que l'an passé. Par action, il s'établit à 28 cents contre seulement 4 cents escomptés par les investisseurs. Son produit net bancaire, l'équivalent du chiffre d'affaires pour les banques, a atteint 27,7 milliards de dollars, en hausse de 41%. Les marchés n'avaient anticipé que 25,9 milliards.

Les autres valeurs bancaires sont également dans le rouge, à la veille des résultats de Bank of America (-1,94% à 13,16 dollars) et de Citigroup (-3,15% à 3,07 dollars). Cette dernière devrait signer un accord avec la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), l'organisme américain de garantie des dépôts, dans lequel elle s'engage à améliorer la qualité de ses actifs et à être plus transparente vis-à-vis des autorités, rapporte ce jeudi le Financial Times. Bank of America aurait déjà été contrainte de signer un accord similaire selon le Wall Street Journal.

Toujours sur le secteur financier, CIT s'effondre de 75,31% à 41 cents alors qu'une faillite semble inéluctable. Le groupe spécialisé dans le financement des PME a indiqué qu'il n'avait plus d'espoir d'obtenir une aide de l'Etat à court terme. Barack Obama s'est pourtant dit mercredi soir attentif à la situation de CIT, qui possède plus de 75 milliards d'actifs et un million de clients. Mais ses dettes s'élèveraient à 68 milliards de dollars, dont 2,7 milliards arrivant à échéance cette année.

Le groupe hôtelier Marriott chute de 7,16% à 20,24 dollars. Ses profits ont chuté de 46% au deuxième trimestre, tombant à 84 millions de dollars. C'est cependant légèrement supérieur aux attentes des marchés, le bénéfice par action (BPA) s'élevant en effet à 23 cents contre 21 cents escomptés. Le chiffre d'affaires a reculé de 20% sur la période, affecté par la contraction du marché du tourisme. Il s'établit ainsi à 2,6 milliards de dollars là où les opérateurs attendaient 2,5 milliards. Mais ces derniers sanctionnent la révision à la baisse des prévisions annuelles du groupe. Marriott ne table plus que sur un BPA compris de 76 à 86 cents, sa précédente fourchette allaient de 88 cents à 1,02 dollar.

Le secteur des télécoms est quant à lui indirectement touché par les mauvais résultats du finlandais Nokia, qui a vu son chiffre d'affaires fondre de 25% au deuxième trimestre. Motorola chute ainsi de 4,69% à 6,30 dollars, victime également d'une dégradation de recommandation de Goldman Sachs, passé d'"achat" à "neutre" sur le titre. Palm recule de 2,48% à 14,55 dollars. Le fabricant de puces pour téléphones mobiles sont en revanche en légère hausse: Qualcomm gagne 0,67% à 46,37 dollars et Broadcom prend 0,15% à 26,87 dollars.

Biogen a publié des profits de 245 millions de dollars au premier trimestre, en baisse de 27% sur un an. Le groupe de biotechnologies a dégagé un bénéfice par action de 75 cents, une fois les éléments exceptionnels exclus. Les investisseurs tablaient de leur côté sur un BPA de 68 cents. Le chiffre d'affaires est en revanche ressorti en hausse, à 1,09 milliard de dollars, contre 1,08 milliard escompté par les marchés. L'action gagne 2,49% à 47,83 dollars.

Enfin, Harley-Davidson grimpe de 7,15% à 18,74 dollars. Le mythique constructeur de motos a pourtant vu son bénéfice net s'effondrer de 91% entre avril et juin, à 20 millions de dollars. Cela représente 8 cents par action, bien loin des 24 cents attendus par les investisseurs. Les marchés saluent en revanche l'annonce de 1.000 suppressions de postes supplémentaires cette année, ce qui devrait permettre au groupe d'économiser entre 140 et 150 millions de dollars par an. Cette année, les économies devraient être comprises entre 70 et 85 millions de dollars.

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