La Bourse de Paris s'envole après l'accord du sommet européen

L'euphorie a saisi les places boursières après que les pays de la zone euro sont parvenus à boucler jeudi matin les grandes lignes d'un plan anti-crise. Le CAC 40 a grimpé de plus de 6%.

6 mn

Copyright Reuters
Copyright Reuters

Enfin ! Après un an et demi de crise et d'atermoiements, les investisseurs peuvent croire à une issue au dossier grec. Le sommet de la zone euro qui s'est achevé dans la nuit de mercredi à jeudi a débouché sur un ensemble de mesures pour résoudre la crise. Des réponses qui ont poussé l'ensemble des places boursières à l'euphorie : à Paris, le CAC 40 n'a cessé d'accentuer sa progression au fil de la journée pour grimper à la clôture de 6,28 % à 3.368,62 points. 

L'indice parisien est ainsi parvenu à franchir le seuil technique très important des 3.300 points, au-dessus duquel il n'avait pas évolué depuis le 4 août dernier. Il signe également sa plus forte hausse quotidienne depuis le 10 mai 2010, date de l'adoption du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et d'un plan de secours historique de l'UE d'un montant de 750 milliards d'euros. Le tout dans un volume d'affaires très fourni de 5,5 milliards d'euros.

Ailleurs en Europe, le Dax de Francfort a bondi de 5,35% et le Footsie 100 de 2,89%. L'indice paneuropéen EuroStoxx50 a pris 6,08%. A Wall Street, les places américaines progressaient de plus de 2%. Parmi les mesures phares adoptées par les dirigeants européens lors du sommet, l'effacement de 50% de la dette grecque envers ses créanciers privés et le renforcement du Fonds de stabilité de la zone euro.

Sur la dette grecque, les créanciers privés, banques et fonds d'investissements, ont accepté de renoncer volontairement à 50% de leurs créances sur la dette du pays d'ici 2020: concrètement, à partir de janvier 2012, ils échangeront leurs obligations de dette grecques contre d'autres dont la valeur sera diminuée de moitié. Cela représente un effacement de 100 milliards d'euros de la dette grecque, actuellement de 350 milliards d'euros.

Recapitalisation des banques

De son côté, le Fonds de stabilité de la zone euro (FESF), doté actuellement d'une capacité de prêt de 440 milliards d'euros, atteindra une force de frappe d'environ 1.000 milliards d'euros. Deux mécanismes devraient se compléter à cet effet. Le premier consistera à garantir une partie des pertes éventuelles des investisseurs privés lorsqu'ils achèteront des obligations souveraines sur le marché primaire. L'autre consistera à créer un ou plusieurs fonds spéciaux (special purpose vehicles) destinés à attirer les investisseurs extérieurs privés ou publics, comme les pays émergents. Le texte évoque, sans plus de précision, "une coopération encore plus étroite avec le Fonds monétaire international".

Autre dossier, celui la recapitalisation des banques. L'Autorité européenne des banques (EBA) a évalué mercredi à 106 milliards d'euros les besoins de recapitalisation, qui concerneront 70 établissements. Les banques grecques sont les principales concernées (30 milliards) devant les banques espagnoles (26,16 milliards) et italiennes (14,77 milliards). Les banques françaises ont besoin de 8,8 milliards d'euros. Selon l'accord dégagé par le sommet européen, les fonds propres durs des établissements (capital social et bénéfices mis en réserve) devront atteindre 9% "au 30 juin 2012". Pour y parvenir, "les banques devront faire appel en priorité à des sources de capital privées". En attendant que cet objectif soit atteint, "les banques devraient être sujettes à certaines contraintes concernant la distribution de dividendes et le paiement de primes".

Résultats et PIB américain

L'actualité a été décidément chargée ce jeudi puisque dans le même temps une salve de publications de résultats et chiffre d'affaires trimestriels a animé a cote, dont les annonces sur le CAC 40 de Technip, France Télécom, GDF Suez, Axa, Michelin, PPR et Suez Environnement. Le statistiques macroéconomiques ont été aussi scrutées de près : la publication du PIB américain pour le troisième trimestre n'a pas déçu, la croissance étant ressortie conforme aux attentes à 2,5%.

Sur le front des valeurs

En première ligne dans la crise, les valeurs financières se sont cette fois envolées. En tête du CAC 40, Société Générale décolle de 22,54%, suivi de Crédit Agricole (+21,96%). La banque verte est la seule banque française qui n'aura pas besoin de se recapitaliser.  De son côté, BNP Paribas s'est adjugé 16,92% alors que la banque a prévenu qu'elle se conformerait aux exigences européenne sans faire appel au marché.

L'assureur Axa n'est pas en reste, le titre a bondi de 14,71%. Les nouvelles sur la crise grecque relègue au second plan la publication d'un chiffre d'affaires en baisse de 4,8% sur les neuf premiers mois de l'année. A données comparables, le repli ressort à 2%.

Les valeurs cycliques ont profité du regain d'appétit des investisseurs. ArcelorMittal bondit de 12,27%, Alstom de 9,61% et Schneider de 7,28%.

Du côté des publications, celle de Michelin (+5,09%) a été bien accueillie. Le groupe de pneumatique a dégagé un chiffre d'affaires de 5,14 milliards d'euros, en hausse de 10,6% au troisième trimestre.

PPR progresse également de 5,43 % après avoir annoncé une progression de 8% de son chiffre d'affaires à 3,86 milliards d'euros au troisième trimestre (+7% en données comparables). La croissance organique a atteint 25% dans la division luxe.

GDF Suez (+6,94%) a rassuré le marché, en annonçant un excédent brut d'exploitation (Ebitda) de 12,1 milliards d'euros sur les neuf premiers mois de l'année. Le groupe a confirmé son objectif d'Ebitda de 17 à 17,5 milliards d'euros pour l'ensemble de l'exercice.

Technip (+5,43%) a fait état d'un chiffre d'affaires de 1,7 milliard d'euros au troisième trimestre, en hausse de 12,3%. Le résultat net progresse de 17% à 121 millions d'euros et le résultat opérationnel courant augmente de 16,2% à 181 millions. Le groupe de services pétroliers se dit confiant pour l'avenir.

En revanche, les performances trimestrielles de France Télécom (+3,66%) n'ont pas vraiment convaincu. L'opérateur a fait état d'une contraction de 2,1% de son chiffre d'affaires tandis que la marge d'excédent brut d'exploitation recule à 35,4%.

La déception est encore plus grande pour Suez Environnement, qui a contre performé après avoir lancé un avertissement sur ses résultats 2011. L'action du groupe de services aux collectivités décroche de 1,94%.

Elle est seulement accompagnée dans la baisse de Peugeot (-0,12%). Après son "profit warning" de la veille, Morgan Stanley a abaissé son objectif de cours à 14 euros alors que le titre cote actuellement  à plus de 16 euros. Selon la banque, Peugeot ne devrait pas enregistrer de bénéfices en 2012.

Hors CAC 40

Thales et GFI Informatique progressent respectivement de 3,27% et de 1,02%. Le premier, spécialiste de l'électronique de défense, est entré en négociations exclusives avec GFI Informatique en vue de lui céder sont activité d'informatique de gestion Business Solutions.

Dassault Systèmes grimpe de 7,51% après avoir annoncé un nouveau relèvement de ses prévisions pour 2011. Le groupe a d'ores et déjà dépassé ses objectifs pour le troisième trimestre.

A l'inverse, Ipsos enregistre une vraie contre-performance en décrochant de 1,55% après avoir perdu jusqu'à 5% en séance. Le groupe a enregistré au troisième trimestre une progression limitée à 1,4% de son activité et a prévenu que l'intégration de sa nouvelle filiale britannique Synovate pourrait peser sur son activité en fin d'année.

Devise et pétrole

L'euro est en forte hausse après l'accord du sommet européen. La devise est repassée au-delà du seuil de 1 euro pour 1,41 dollar et valait à la clôture des places européennes 1,4176 dollar.

Sur les marchés pétroliers, les cours du brut sont en nette hausse. Le baril de Brent de la Mer du Nord vaut 111,74  dollars et le baril de WTI 93,21 dollars.  

6 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 17
à écrit le 28/10/2011 à 5:02
Signaler
Lorsque la bourse n'est pas déprimée, elle est euphorique. Une entité qui passe par des émotions aussi extremes en si peu de temps ne devrait pas avoir autant d'influence sur la vie des citoyens.

à écrit le 27/10/2011 à 19:28
Signaler
Préparez vous au Tsunami du CAC et de WS, car après l'euphorie manipulée des marches, un piège a mouton prêt a être tondu de près, la vague enooooooorme va noyer et mettre tout le monde d'accord!!! Chômage en hausse incroyable malgré la mascarade des...

le 28/10/2011 à 4:37
Signaler
Le CAC 40 est detenu en majorite par les etrangers. La majorite des entreprises du CAC 40(LVMH, TOTAL etc..) font leur benef avec des clients hors de France. Qu'est ce que la hausse du chomage Francais a faire dans votre commentaire?

à écrit le 27/10/2011 à 19:06
Signaler
Plan européen (qui ne pousse pas plus loin l'union politique) : marchés financiers 1 - contribuable européen 0. Comme d'hab.

à écrit le 27/10/2011 à 18:32
Signaler
un accord oui, mais lequel ? en Europe peut etre ? mais probablement aussi entre la Chine et les etats-unis pour une parité dollar - EURO à 1,45/1, 50??? L industrie Française a du mal à exporter à 1,30 alors aprés l'ivresse de ce jour sur les marc...

à écrit le 27/10/2011 à 17:03
Signaler
Aujourd'hui oui, mais cela ne durera pas quand tout le monde réalisera qu'on a choisi de sacrifier les emplois et les personnes pour sauver l'euro et qu'on n'a fait que repousser dans le temps les ajustements nécessaires...

à écrit le 27/10/2011 à 16:41
Signaler
CA y est ils ont leurs SHOOT tout ces camés ! Avec nos impots c'est cool d'être un dealer ! Bon ils vont se shooter tellement vite que ça ne changera rien.

à écrit le 27/10/2011 à 16:18
Signaler
La dette de l'Etat Grec va repasser à 120% du pib en 2020 soit son niveau de 2009, soit le même niveau que l'Italie; niveaux qui sont pourtant très problématiques. A tels points que le FESF et son effet de levier prévoit de faire face à un décote de ...

à écrit le 27/10/2011 à 16:07
Signaler
L argent virtuel que du bonheur pas besoin de travailler il suffit modifier les comptes et c est repartie pour un an !

à écrit le 27/10/2011 à 15:44
Signaler
Un dernier sursaut avant que tout cela ne s'écrase comme une bouze... "Enfin ! Après un an et demi de crise et d'atermoiements, les investisseurs peuvent croire à une issue au dossier grec. Le sommet de la zone euro qui s'est achevé dans la nuit de ...

à écrit le 27/10/2011 à 14:00
Signaler
champagne!!!! moi qui ai acheté à 2750 points je vois mon pea flamber.... merci sarko et consorts!!!!!

le 27/10/2011 à 15:34
Signaler
oui trop marrant ces yoyo irrationnels........rendez vous dans quelques semaines....

à écrit le 27/10/2011 à 14:00
Signaler
pour combien de temps!!!!!!!!!!!

à écrit le 27/10/2011 à 14:00
Signaler
Et dire que le fumeux Roubini sombrait dans le pessimisme sur les marchés en début de semaine .............Les performances de ses clients ont du encore défaillir comme c'est le cas depuis le printemps 2009......

le 27/10/2011 à 14:56
Signaler
RDV dans 2-3 semaines top ...

le 27/10/2011 à 15:26
Signaler
Quand on est trader on sait bien que Roubini est un excellent indicateur pour acheter , car a chaque fois qu'un article (comme a La Tribune cette semaine) cherche a le mettre en valeur avec ses prévisions pessimistes (et digne d'un économiste niveau...

à écrit le 27/10/2011 à 11:23
Signaler
alors que les chiffres du chomage sont mauvais. Cela montre bien qu'on trouve toujours des excuses pour expliquer l'orientation de la bourse.

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.