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Le titre Euro Disney toujours à la fête

latribune.fr (avec AFP)

Publié le 27 août 2012 à 15:53

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Photo d'illustration de l'article
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Le titre Euro Disney s'est envolé de près de 32% lundi. Vendredi, l'action avait clôturé en hausse de 22,04% après des rumeurs de rachat par la Walt Disney Company.

Le groupe Euro Disney restait lundi une attraction phare à la Bourse de Paris où le titre a gagné plus de 32%, après s'être envolé vendredi en raison de rumeurs sur son rachat... par la Walt Disney Company, qui souhaiterait reprendre la main sur sa stratégie. Contrairement à février 2011 où l'ascension du titre de l'exploitant de Disneyland Paris avait été aussi fulgurante que mystérieuse, cette fois-ci, c'est un article de l'hebdomadaire américain Time qui a allumé l'étincelle.

Vendredi, l'action Euro Disney a fini en hausse de 22,04% à 5,15 euros. Lundi, le titre, habitué à des mouvements spéculatifs brutaux, a fini la séance à 6,82 euros, valorisant l'entreprise à quelque 265 millions d'euros. Il cotait 13,50 euros à son lancement en 1989. Selon le journal américain, citant des sources proches du géant américain des loisirs, des discussions sont menées en interne pour racheter les actions d'Euro Disney que le groupe ne détient pas encore. Walt Disney Company détient 39,8% d'Euro Disney. 10% sont entre les mains du prince saoudien al-Walid et les 50,2% restants entre celles d'investisseurs individuels et public.

Il s'agirait de la "première étape d'un changement significatif de stratégie" qui permettrait à Walt Disney Company "de mieux bénéficier du succès du parc", écrit le Time. Pour un spécialiste du secteur, cette rumeur, qui n'est pas nouvelle, est "possible". Sollicité à plusieurs reprises par l'AFP, Euro Disney se refuse à tout commentaire. "La raison principale d'un rachat serait que la maison mère ait envie de reprendre la main sur la stratégie du groupe car son lourd endettement fait qu'elle est dictée aujourd'hui par les banques", explique ce spécialiste qui a requis l'anonymat. "Dès que le groupe veut faire des investissements significatifs pour maintenir l'expérience Disney à son plus haut, cela entraîne des discussions continuelles avec les banques", souligne-t-il.

Un été déterminant

L'an dernier, la dette d'Euro Disney atteignait 1,87 milliard d'euros contre 1,93 milliard précédemment. Depuis 20 ans, 12 de ses 20 exercices se sont soldés par des pertes nettes. Le groupe rembourse néanmoins chaque année une partie de ses dettes (123 millions d'euros l'an dernier, 150 millions prévus cette année). Mais au passage, il reporte le paiement d'importantes royalties destinées à la maison mère quand ses performances ne le permettent pas, grâce à des covenants.

Disneyland Paris a beau être le premier parc d'attractions européen avec 15,6 millions de visiteurs l'an dernier, il ne tourne pas à "pleine capacité", explique le spécialiste. Alors que la direction d'Euro Disney comptait sur le 20e anniversaire du parc en 2012 pour relancer les entrées et ses comptes, les résultats étaient encore en deça à fin juin. La crise touche au portefeuille ses visiteurs tandis que les coûts importants de rénovation et les lancements de nouveautés ont pesé une fois de plus. L'été, période de haute fréquentation, s'annonce donc plus que jamais déterminant.

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Pour Walt Disney Company, "il ne s'agirait pas seulement de racheter 60% des actions qu'il ne détient pas mais de rembourser aussi tout ou partie de la dette", selon ce spécialiste: "récupérer la stratégie cela veut dire contenter les banques avec un chèque". Enfin le dossier Euro Disney est aussi politique. Le groupe est lié depuis l'origine par une convention avec l'Etat et les collectivités locales pour assurer le développement de l'Est parisien. La convention, qui expirait normalement en 2017, a été prolongée jusqu'en 2030. Dans ce cadre, Euro Disney développe par exemple avec le groupe Pierre & Vacances un nouveau concept de villages nature, fondé sur les principes du développement durable. "On imagine pas dès lors un actionnariat à 90 ou 100% Disney sans que l'Etat sous une forme ou une autre ait une main sur la stratégie d'Euro Disney", résume cette source.

latribune.fr (avec AFP)

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