Les obligations d'entreprise, la classe d'actifs la plus "cotée"

Contrairement aux obligations souveraines, les obligations d'entreprise affichent un couple risque-rendement attrayant.

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Les entreprises européennes ont émis pour 42 milliards d'euros d'obligations, en septembre. Copyright Reuters
Les entreprises européennes ont émis pour 42 milliards d'euros d'obligations, en septembre. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

S'il est une classe d'actifs qui a le vent en poupe auprès des investisseurs, c'est bien celle des obligations d'entreprise, ou obligations «corporate». Un peu par défaut, il est vrai. Car, depuis l'intensification de la crise de la dette dans la zone euro, à l'été 2011, les marchés actions sont si volatils que les investisseurs ne s'y risquent plus. Les placements monétaires, eux, ne rapportent quasiment plus rien. Quant aux obligations souveraines, elles ont perdu leur statut de valeur refuge depuis que les investisseurs ont pris conscience, à la faveur de la crise grecque, qu'un Etat pouvait faire défaut.

Le taux allemand à 10 ans n'excède pas 1,6%

Si certaines d'entre elles offrent un rendement élevé, de l'ordre de 5,3% pour le taux à dix ans espagnol et de 20% pour les bons du Trésor grec, c'est précisément parce que les investisseurs jugent ces titres risqués et s'en délestent donc. Pour mémoire, le taux d'une obligation évolue en sens inverse de son cours. Autrement dit, plus elle est vendue, plus son cours baisse et, donc, plus son rendement augmente. A l'inverse, les obligations des pays jugés les plus sûrs, comme l'Allemagne, sont achetées à tours de bras, si bien qu'elles rapportent très peu (1,6% dans le cas du taux à 10 ans allemand).

42 milliards d'euros levés en septembre, un record

En revanche, nombre d'obligations de grandes entreprises affichent un couple risque-rendement attrayant, avec des taux compris entre 2% et 7%. C'est notamment le cas des opérateurs téléphoniques Telefonica et Portugal Telecom, dont les récentes émissions ont été très bien accueillies par le marché. Les investisseurs n'ont pas non plus boudé, loin de là, les émissions obligataires de Lagardère, CNP Assurances ou bien encore de Renault. A telle enseigne que les entreprises ont levé pas moins de 42 milliards d'euros en Europe, en septembre, du jamais vu depuis 1999.

Les émissions représentent 30% du financement des entreprises en Europe

L'engouement des investisseurs pour les obligations «corporate» tombe à pic pour les entreprises, à l'heure où la future réglementation de Bâle III va contraindre les banques à leur accorder moins de crédit. Jusqu'à présent, les emprunts bancaires représentaient 70% du financement des entreprises européennes, contre 30% seulement pour les émissions de capital. Une tendance qui pourrait bien s'inverser totalement.

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