La guerre des changes

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(Crédits : MonFinancier.com)
Chaque matin, l'actualité commentée par Marc Fiorentino...

Dans cet environnement de croissance faible, le cours des devises est redevenu un enjeu majeur et une cause d'affrontement direct. Depuis quelques jours l'euro s'est relativement stabilisé car il est soumis à des forces contraires d'une extrême puissance car les dirigeants Américains et Allemands sont montés en première ligne pour ce nouveau bras de fer.

UNE STABILITÉ TROMPEUSE

Peu de mouvements sur l'euro et le dollar ce matin malgré l'incertitude sur la Grèce. Peu de mouvements parce qu'il se joue en coulisses une partie de bras de fer à laquelle participent maintenant les dirigeants de ce monde. On sait que la guerre des changes est repartie. Devant la faiblesse de la reprise de la croissance, tous les pays cherchent le bonus à l'exportation qu'est la baisse de leur monnaie. Les Japonais jouent cette carte à fond et pour l'instant ça marche pour eux. Mais un nouveau front s'est ouvert sur l'euro.

LE TOURNANT ALLEMAND

Avec notamment une déclaration d'Angela Merkel.Cette déclaration est passée relativement inaperçue et pourtant elle marque une nouvelle étape dans l'affrontement sur les devises. C'était à Berlin en fin de semaine dernière. Devant des patrons allemands, elle a vanté les mérites d'un euro bas et insisté sur le fait qu'une hausse de l'euro pouvait balayer les effets positifs des réformes, notamment en Irlande et en Espagne. Pour des gens de ma génération, entendre un dirigeant Allemand au plus haut niveau vanter les mérites d'une monnaie faible c'est surréaliste. Quand on connaît le rapport de l'Allemagne a la force de sa monnaie, c'est une incroyable révolution. Il est clair que l'Allemagne a basculé dans le camp des partisans d'un euro faible.

OBAMA EN FACE

ET en face , on a eu des rumeurs de déclaration d'Obama. L'a-t-il dit ou pas ? On ne sait toujours pas si Obama a déclaré en off au G7 que la hausse du dollar l'inquiétait. C'est ce qu'a fait fuiter un diplomate français, mais il y a eu démenti. Mais tout porte à croire que les États-Unis sont inquiets des effets de la hausse du dollar et qu'ils ne veulent absolument pas voir l'euro reprendre sa course à la parité et éventuellement même passer en dessous. On a donc assisté indirectement à un échange entre Obama et Merkel sur l'euro. Et ce n'est que le début. Si l'euro s'approchait des 1.20 ou 1.25 dollars, préparez-vous donc à une salve de déclarations européennes, et si l'euro se rapproche de la parité, ce sera le même tarif du côté américain. L'équilibre de la terreur se situe donc entre ces deux bornes.

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Commentaires
a écrit le 15/06/2015 à 15:02 :
A quoi peut penser un trader ? à la guerre des changes ou au change des règles ?
Qui ou quoi est l'acteur et qui ou quoi est l'instrument ? Comment ne pas être abasourdi d'autant d'articles qui tournent en rond ? Rien n'a fondamentalement changé du rapport des forces après la deuxième guerre mondiale. La guerre de domination dans le monde se poursuit économiquement donc socialement avec l'arme financière et monétaire ; rien n'a changé depuis les règles fixées par Reagan et Thatcher. Mener les hommes par l'efficiency de la puissance développée par les hameçons des réclames et enchères de casinos. Les moeurs, repaires et même religions y adaptent la guerre entre antagonistes aux formes changeantes de leurs armes.
Pourquoi autant s'étonner de l'affaire grecque ? Le gouvernement grec ne raisonnerait-il pas moins superficiellement que les technocrates et politiques qui dominent l'Occident et au delà ? Le Japon tellement décrié, qui se débrouille sans mendier l'étranger, n'aurait-il pas raison, restant influent relativement à sa dimension ? Evitons le foirail "bordélique"de l'Union des antagonismes Européenne, antagonistes vassaux d'empires différents.
La guerre des changes n'est que ce qu'on a organisé, avec la guerre des casinos boursiers, ou des enchères de tout et de rien. C'est ce qui fait tourner le moulin des valeurs et des échanges.
Sinon ça casse et alors.... aux abris !

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