L'immobilier haut de gamme à la peine au Pays basque

Nathalie Hallery

Nathalie Hallery
Catherine Thomine-Desmazures, directrice de l'agence Barnes Côte basque, l'affirme : "Les transactions sont au ralenti". Alors qu'une fenêtre d'opportunité se présentait au printemps dernier avec l'abattement supplémentaire de 25 % sur les plus-values réalisées sur les résidences secondaires, force est de constater qu'elle n'a pas eu les effets escomptés cet été. "Les transactions ont été très ralenties, voire quasiment inexistantes", constate-t-elle. Et nombre de notaires acquiescent en se plaignant du faible volume des ventes, témoignant selon eux de la difficulté des futurs acquéreurs à obtenir un crédit bancaire.
Pour certains biens haut de gamme, la chute des prix peut atteindre les 30 % au Pays basque. Ainsi, une villa, vendue en 2010 près de 5 M€, peine aujourd'hui à trouver preneur à 3,5 M€. Comme le commente avec réalisme Catherine Thomine-Desmazures : "Le problème est que si l'offre est bien là, la demande ne l'est plus."
Côté ventes, il y a le choix.
Côté acheteurs, en revanche, les critères deviennent plus exigeants.
Par ailleurs au Pays basque, le marché s'est encore davantage scindé en deux. D'un côté, le littoral et ses fameuses « 1res lignes » de Biarritz à Saint-Jean-de-Luz et de l'autre, les terres intérieures avec ses demeures traditionnelles. Même proche de l'océan, la campagne peine à séduire et Sare ou Ainhoa n'ont plus trop la cote. Même les fermes basques, très bien rénovées et avec du terrain, ont de plus en plus de mal à trouver preneur. "Aujourd'hui, notre clientèle a une vie très active et un mode de vie très urbain tourné vers le tout à pied", indique Catherine Thomine-Desmazures.
Cette nouvelle génération d'acquéreurs est aussi à la recherche de biens différents, sans travaux et accessibles. Et comme dans la mode, l'immobilier a ses cycles. Ainsi constate-t-on un accroissement de la demande de propriétés ou d'appartements des années 30. Les années 70 ont aussi le vent en poupe tandis que les nouvelles constructions à l'architecture beaucoup plus internationale et bénéficiant de très larges ouvertures, sont de plus en plus prisées.
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Sur le littoral, les différences de prix sont également de plus en plus importantes. Ainsi, les « 1res lignes » face à l'océan résistent très bien "mais à condition que les prix soient ajustés au marché", précise la dirigeante de Barnes Côte basque. Certains secteurs redeviennent également à la mode comme Chiberta ou Bidart. Cette demande urbaine est aussi liée à une répartition plus équilibrée entre les transactions au titre de résidence principale et celles de résidence secondaire. Côté prix, la plupart des transactions est dans la fourchette de 600.000 € à 1,3 M€. Toutefois, un frémissement semble s'opérer pour des ventes entre 1,5 M€ et 2 M€. Les ventes au-delà de 5 M€, comme celle du Château d'Ilbarritz, il y a quelques mois, à Bruno Ledoux, le président du conseil de surveillance de Libération, restent très exceptionnelles.
Nathalie Hallery
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