Bordeaux 2014 : primeurs, prix, pression

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
La semaine prochaine, Angélique de Lencquesaing, codirigeante du site Idealwine.com, le site d'enchères et de ventes de vins en ligne, créé en 2000 à Paris par trois spécialistes, comme elle, du marché boursier, sera à Bordeaux pour déguster des Bordeaux 2014 lors de la semaine des primeurs qui démarre le 31 mars (jusqu'au 5 avril).
Des vins qui, un jour, seront peut-être parmi les valeurs sûres que les amateurs du monde entier tenteront de décrocher aux enchères sur son site qui est spécialisé dans les ventes de millésimes anciens de grands crus.
"Nous viendrons donc surtout prendre le pouls de ce millésime, mais aussi celui des différents intervenants, propriétaires, dégustateurs, acheteurs... Cette année de primeurs va être délicate pour eux."
Délicate selon cette spécialiste parce que si, comme on le pressent, et comme certains propriétaires l'annoncent bruyamment, le 2014 est une année de référence qualitative, cette bonne nouvelle, qui vient après trois années difficiles, va compliquer la tâche des propriétaires au moment de fixer leurs prix de vente en primeur.
"Pour les propriétaires, l'exercice s'annonce vraiment difficile", avoue Angélique de Lencquesaing, dont le site réalise 60 % des volumes de ventes (aux enchères ou à prix fixes) avec des bordeaux. "Il y a une grosse attente, voire une très grosse pression sur des prix à la baisse, par rapport aux années précédentes. Une pression qui est notamment venue d'un marché historique pour les bordeaux, le négoce anglo-saxon, qui demande ni plus ni moins un retour à des tarifs de 2008 !"
Une demande qui n'est peut-être pas réaliste, mais qui témoigne de l'âpreté de la bataille commerciale qui s'engage entre négoce et production.
Reste que la campagne des primeurs permet avant tout aux châteaux de confronter le millésime "en construction" (les vins ne seront achevés et livrables après élevage que dans dix mois) aux acheteurs, à la presse spécialisée et aux critiques. Si de très bonnes notes récompensent un beau millésime, les acheteurs seront sans doute plus enclins à sortir le carnet de chèques sans trop discuter.
Pour cela, il faudra que les dégustations soient à la hauteur de la promesse bordelaise.
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Finalement, le taux de change, favorable aux exportations françaises, va peut-être jouer le rôle d'un arbitre qui va soulager les châteaux de jolis maux de têtes...
Pascal Rabiller