Comment les fermetures C2R résistent à la crise

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Née de la fusion en 1999 de deux sociétés familiales Carretier-Robin à Miramont-de-Guyenne (47) et Rosa (Montaigu-de-Quercy - 82), acteurs historiques (création en 1947) du secteur de la menuiserie et de la fermeture pour l'habitat, la société C2R a conservé deux sites de production.
"Le site et siège social de Miramont-de-Guyenne, qui concentre les deux tiers des salariés de C2R, et le site de Montaigu produisent chacun une partie du catalogue de nos produits", explique Camille Gonzalez, son directeur marketing.
Un catalogue qui compte des portes, fenêtres, volets roulants, porte de garages... un inventaire à la Prévert tout ce qui a de plus classique dans ce secteur... mais qui a tout de même une spécificité qui semble avoir fait la force de C2R au plus fort de la crise du bâtiment.
"Nous nous sommes spécialisés dans la production sur-mesure, pour, principalement, le marché de la rénovation", assure Camille Gonzalez. "Cette activité, historique pour C2R, explique en grande partie notre résistance à la crise économique qui sévit dans le bâtiment depuis quasiment 2008. Les acteurs de la production standardisée ont beaucoup plus souffert que nous de la concurrence étrangère à bas coût."
De fait, la société qui compte 250 salariés a connu une érosion régulière de son activité depuis 2008, mais en 2014, dans un marché pourtant atone, elle a renoué avec la croissance.
"Nous avons réussi à réaliser 35 M€ de chiffre d'affaires en 2014, un chiffre en hausse de 6,5% par rapport à 2013. Notre dynamique s'explique encore une choix par notre positionnement sur un marché un peu moins impacté par le ralentissement des construction neuves, mais aussi par la défaillance de certains de nos concurrents, et surtout par notre audace en matière d'investissements".
Une audace qui semble payer puisque s'il n'est pas encore certain que 2015 se traduira à nouveau par une croissance, les prises de commande enregistrées à l'issue du premier trimestre 2015 sont supérieures à celles de la la même période en 2014...
Il y a dix ans C2R, dont le capital est majoritairement familial, s'est engagée dans une remise à plat de son organisation, de son outil de production. La crise économique n'a pas ralenti les investissements programmés dans le cadre de ce plan stratégique.
"Depuis 10 ans nous investissons, en moyenne, 1 M€ dans le matériel pour être à la pointe technologique, réduire les coûts de production, gagner en productivité. Nous aimerions aller encore plus loin, mais le ralentissement de l'activité nous freine un peu dans nos ambitions". Quoi qu'il en soit, cette remise à niveau de l'outil des deux unités de production est désormais suivi d'un investissement humain.
"Depuis le début de l'année 2015, c'est sur les hommes, les compétences que nous parions pour rester à la pointe en matière d'innovation et de qualité des produits que nous proposons à nos clients. Nous renforçons notre R&D avec le recrutement d'un responsable du service, nous dopons aussi notre direction marketing ainsi que notre informatique".
Un investissement qui se traduit immédiatement par la présentation, à la fin de ce mois d'avril, d'une innovation. La société qui travaille le bois, l'aluminium et le PVC présentera une nouvelle menuiserie composite cette fois, "alliant PVC et fibre de verre, cette matière permet de réaliser une gamme, baptisée Genesia, de menuiseries performantes comme le PVC, et fines comme l'alu."
Bref, si le frémissement positif ressenti par certains observateurs de l'économie française se confirme, "ce qui n'est pas le cas pour nous, jusqu'à ce jour", précise Camille Gonzalez, C2R compte bien faire de Genesia son nouveau best-seller.
Pascal Rabiller
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