Comment le Crédit agricole se réinvente depuis Bordeaux

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Retour à bonne fortune ? Pas sûr encore, mais les chiffres sont là pour Jack Bouin, le directeur général du Crédit agricole Aquitaine.
Sans attendre la confirmation de cette éventuelle reprise et donc la suite des événements économiques, les cinq années de crise financière qui viennent de s'écouler donnent au Crédit agricole des envies de réviser son modèle.
La recherche d'un nouveau modèle économique passe, pour le Crédit agricole, par un renforcement de ses bases dans le monde rural et dans les secteurs d'activité "classiques et historiques" de la banque... mais pas seulement.
Très présent dans la filière bois et forêt, le Crédit agricole entend renforcer sa présence dans le soutien de projets liés aux énergies nouvelles mais aussi dans la filière aéronautique. "Le succès de Dassault, le renforcement de la présence de Thales sont des exemples qui démontrent la pertinence du soutien de ce secteur porteur d'espoirs économiques pour notre territoire. Nous sommes en train de réaliser une étude sur le sujet, nous la présenterons à la rentrée de septembre avec Technowest", annonce Jack Bouin.
Après l'ouverture à Paris d'un "Village By CA", une structure de soutien et d'accompagnement de startups du numérique, la direction régionale du Crédit agricole ambitionne d'ouvrir son Village By CA bordelais.
Les terrains de chasse s'agrandissent donc pour le Crédit agricole Aquitaine. Puisque la filière mer (qui elle aussi fait l'objet d'une étude économique en cours de la part de la banque, en partenariat avec Kedge Business School) fait l'objet de beaucoup d'attention. Un service et une agence dédiés ont été récemment créés, à Arcachon. Quatre personnes sont en charge de son animation. Elle interviendra dans tous les domaines financiers liés à la filière, mais aussi dans le domaine des fusions et acquisitions d'acteurs économiques de ce secteur qui va de l'ostréiculture à la pêche en passant par les chantiers nautiques et l'accastillage.
Au delà des nouveaux terrains de conquête explorés, le Crédit agricole Aquitaine est engagé dans une nouvelle organisation de ses agences.
"Nous sommes une banque multicanal, qui propose désormais la même chose, sur le plan digital, que les banques dématérialisées, mais en offrant en plus, via nos agences, des services physiques de plus en plus personnalisés", explique Jack Bouin.
"La nouvelle organisation de la distribution du Crédit agricole s'appuie sur des conseillers qui sont désormais capables de tchater, de correspondre par mail, par visioconférence et bien entendu de recevoir les clients en fonction de leurs attentes et des disponibilités de ceux-ci."
Trois agences en test (Galgon, Cestas et Bordeaux Gambetta) préfigurent ce que deviendront les agences du Crédit agricole.
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Une des vocations de cette adaptation vise à conquérir les clients urbains (la banque verte ne possède que 10 % de parts de marché dans Bordeaux métropole et en vise 20 % d'ici cinq ans), mais aussi à renforcer son expertise dans la gestion des comptes professionnels en regroupant les expertises sur un seul et même lieu.
Mais elle vise aussi à apparaître légitime dans la gestion des grosses fortunes de la région.
Depuis le 15 juillet, c'est une agence dédiée aux plus importantes fortunes aquitaines, celles dont le patrimoine privé dépasse les 3 M€, qui a ouvert ses discrètes portes.
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Alors retour à bonne fortune pour notre économie ? Pas sûr donc, mais une chose est certaine, elle : le Crédit agricole Aquitaine, en déployant une offre personnalisée tous azimuts, entend récupérer les marges dont la crise, les banques 100 % Internet et l'évolution règlementaire imposée au secteur bancaire l'ont privé ces dernières années.
Pascal Rabiller
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