Les tout derniers détails sur la Cité du vin à Bordeaux

Mikaël Lozano

Mikaël Lozano
Alain Juppé, maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, Sylvie Cazes et Philippe Massol, respectivement présidente et directeur de la Fondation pour la culture et les civilisations du vin, et Bernard Farges, président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB), ont présenté ce vendredi matin les derniers éléments relatifs à la Cité du vin, gigantesque complexe construit sur la rive gauche de Bordeaux, dont l'inauguration est prévue le 31 mai en présence de François Hollande. Le lieu proposera un parcours permanent de visite, des expositions temporaires, une vue imprenable depuis le belvédère sur la ville et la Garonne, des restaurants... et mettra en valeur l'univers du vin dans son ensemble. 450.000 visiteurs sont attendus chaque année, dont 80 % de visiteurs non locaux.
Le maire de Bordeaux est revenu sur les grandes dates qui ont jalonné l'histoire de ce projet lancé il y a 7 ans et qui ouvrira ses portes au public en juin. L'investissement est colossal, 83 M€ en valeur 2016, réparti ainsi : 38 % pour la ville, 15 % pour l'Europe, 10 % pour Bordeaux Métropole, 7 % pour le CIVB, 6 % pour le Conseil régional, 2 % pour l'Etat, 1 % pour la Chambre de commerce et d'industrie de Bordeaux, 1 % pour le Conseil départemental de la Gironde. "Une cinquantaine d'entreprises et vingt corps de métiers sont intervenus sur le chantier", a rappelé Sylvie Cazes.
La mécanique de fonctionnement de la Cité a été précisée. La Fondation pour la culture et les civilisations du vin, pilotée par Sylvie Cazes et Philippe Massol, a été chargée d'exploiter et de développer la Cité. Son rôle ne se cantonnera pas à cela puisqu'elle mènera également des actions de mécénat avec notamment des bourses accordées à des chercheurs, artistes... Ce budget mécénat oscillera entre 1 et 1,5 M€ chaque année, soit 10 % du budget global. La Cité accueillera entre autres des événements culturels, dont la programmation sera révélée à la fin du mois de mars. Les ressources de la Fondation proviendront de la boutique de produits dérivés, du loyer perçu auprès des exploitants (restaurants notamment), de l'accueil d'événements, et bien sûr de la billetterie.
Sur ce point, Philippe Massol a donné plusieurs détails :
A noter que la billetterie devrait, au moins durant les premiers mois, être horodatée. Autrement dit, la visite devra être réalisée dans un créneau horaire bien défini. Philippe Massol l'explique entre autres par la très forte affluence attendue en juin, mois qui sera le théâtre de l'Euro 2016 de football à Bordeaux et de la manifestation Bordeaux Fête le vin. La Cité peut accueillir au maximum 2.800 visiteurs simultanés, dont 850 sur le parcours permanent. L'entrée ne sera pas payante, de manière à garantir l'accès aux rendez-vous culturels, aux restaurants, au salon de lecture...
Le fameux "compagnon de visite" est également mieux cerné. Il a été conçu spécifiquement par la société anglaise Tomwelt. Philippe Massol parle même d'une innovation unique au monde avec un casque inédit qui ne touchera pas les oreilles des visiteurs, épousant simplement les tempes et descendant devant le conduit auditif. Les fonctionnalités de ce compagnon dépassent celles d'un banal audioguide. Au gré du parcours, les visiteurs pourront photographier des éléments de la scénographie et accéder ainsi à des contenus multimédias, repérer les thèmes qui les intéressent le plus et, une fois rentrés chez eux, recevoir par mail des détails et de nouvelles informations...
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Reste maintenant à engager la course contre la montre pour être prêt en juin. Les clés de la Cité seront livrées à la Fondation le 1er avril. D'ici là, les aménagements intérieurs auront été quasiment terminés. Il restera à parfaire les choses et à lever les réserves éventuelles soulevées lors de la réception du bâtiment. La Fondation va aussi beaucoup recruter. S'appuyant actuellement sur une équipe de trente salariés, elle devrait employer à terme 100 personnes équivalent temps plein et va donc devoir recruter. Une convention a été signée avec la Maison de l'emploi de Bordeaux à cet effet. Il faut ajouter les 50 emplois directs créés par les sous-traitants (sécurité, entretien...) et aux 100 générés par les restaurants et l'office de tourisme. "La Cité doit réinjecter 40 M€ chaque année dans l'économie du territoire", souligne Philippe Massol. L'objectif est clair : pousser grâce à l'équipement les visiteurs de passage à rester à Bordeaux ou dans le vignoble une nuitée de plus.
Une stratégie que voit d'un bon œil Bernard Farges. Le président du CIVB a rappelé que la filière a tardé à se mobiliser pour le projet, listant plusieurs raisons à cela :
Quant aux restes des suspicions, Bernard Farges les balaient :
Mikaël Lozano