Hammel, le quincailler devenu roi du robinet 4.0

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
C'est en quincaillers de quartier, près de Périgueux, après avoir été, comme 250.000 autres Strasbourgeois, déplacés vers la région Aquitaine, car non "protégés" par la ligne Maginot... que Rolph Hammel et sa femme Lucie se sont lancés dans l'aventure entrepreneuriale en 48.
Portée par le boom économique des Trente Glorieuses, mais aussi par un coup de génie commercial, la proposition des produits via la vente par correspondance aux plombiers et chauffagistes locaux, la société Hammel s'est rapidement imposée comme un acteur majeur de la robinetterie générale.
Une vente par correspondance qui est devenue nationale sous l'impulsion de Raymond, leur fils, pionnier, à son tour, du commerce électronique dans les années 80, avec le Minitel, puis, dès la fin des années 90, avec Internet.
C'est aussi sous l'impulsion de ce fils, devenu président, que la société florissante est devenue un groupe de 15 sociétés, 400 salariés et actuellement 150 M€ de chiffre d'affaires.
Au travers de plusieurs secteurs d'activités, la robinetterie, activité historique, les produits techniques de chauffage et de sécurité de l'eau (Somatherm), le pôle traitement de l'eau (Merkur, Aqua Filtres, DMZ) ou encore les salles de bains et douche (Aqua+), le groupe Hammel rayonne internationalement dans une grande partie de l'Europe (Italie, Espagne, Benelux...). Aujourd'hui, il réalise 30 % de son CA à l'export, mais l'internationalisation est encore en cours...
Raymond Hammel reconnaît également étudier, plusieurs nouveaux dossiers d'opérations de croissance externe, tous étrangers, qui vont pouvoir ouvrir au groupe de nouveaux marchés en Europe de l'Est notamment.
Déjà présent en Pologne, véritable tête de pont pour partir à la conquête de la Roumanie, la Tchéquie, le groupe Hammel lorgne également sur l'Inde et l'Amérique du Sud.
Au-delà de l'expansion géographique, le groupe Hammel travaille, depuis des décennies, sur le développement de produits. L'équipe de R&D comptant 10 ingénieurs dispose d'une enveloppe moyenne de 3 M€ pour, cela fut surtout le cas par le passé, améliorer des produits existants, et désormais concevoir les produits innovants du groupe.
Des produits qui s'adressent aux professionnels, plombiers, installateurs - "nous faisons en sorte que nos innovations facilitent leur vie" - mais aussi pour le grand public, de plus en plus bricoleur, qui trouve les produits du groupe sous marque propre ou sous une des 44 marques de distributeur dans la grande distribution de bricolage.
Pour pousser encore plus loin sa stratégie innovante, le groupe Hammel s'est lancé il y a quelques années et sous l'impulsion de la génération suivante - deux des trois enfants de Raymond Hammel- dans le soutien financiers aux entreprises innovantes.
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Dans les faits, le groupe Hammel développe, en interne et aussi via les startups qu'il accompagne, de nouveaux services, applications innovantes, qu'il est prêt à lancer sur les marchés, notamment celui de la domotique et de l'Internet des objets.
Des innovations tous azimuts, comme des applications permettant de détecter les fuites d'eau, où qu'elles soient, des services qui relient la consommation d'eau du domicile à l'état de santé d'un usager ( !), voire la création de colonnes de douche capables de diffuser des huiles essentielles...
Après s'être appuyé sur l'explosion du marché français, les opérations de croissance externe, l'internationalisation, le groupe Hammel parie sur l'innovation, voire la révolution des usages pour bâtir une partie de sa croissance à venir.
Une croissance qui pourrait aussi être portée par le marché français.
Vigie de l'activité du bâtiment, le dirigeant estime que la situation connaît un mieux notable depuis le début de l'année 2016.
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