Pruneau d’Agen, les secrets d’un business tonique

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Dire que la filière du pruneau d'Agen est tonique, ce n'est pas seulement faire référence à une ancienne campagne de promotion de la filière. Le pruneau d'Agen se porte bien, c'est un fait.
Jusqu'à l'an dernier, la production chilienne, et même californienne, représentait une concurrence inquiétante pour la bonne tenue des cours du pruneau. Attirés par une forte demande mondiale concernant ce fruit, le Chili, qui annonçait encore il y a peu vouloir dépasser les 100.000 tonnes de production annuelle, menaçait d'inonder le marché mondial et donc de bousculer la production française, qui se situe, elle, entre 35 et 40.000 tonnes par an.
Hélas pour les Chiliens, les mauvaises conditions météo ont mis à mal leurs prévisions. La production ne dépasse pas les 60.000 tonnes, et les fruits sont très petits alors que le marché aime les gros fruits charnus. Idem pour les Californiens qui attendaient 90.000 tonnes et ne récolteront, au mieux, que 45.000 tonnes de prunes.
La nature ayant horreur du vide la place laissée par ces pays producteurs devrait être avantageusement prise par la production française.
C'est en tout cas ce qu'espère l'interprofession (Bureau national interprofessionnel du pruneau) représentée par son président Jacques Pomiès.
Les efforts, c'est notamment le plan de reconquête de la production, lancé en 2013, qui favorise la mise en plantation de 500 à 700 hectares supplémentaire chaque année pendant sept ans.
La filière, qui exporte près de 40 % de sa production, emploi, en direct, 7.000 personnes, génère 2.000 emplois indirects supplémentaires, principalement en Lot-et-Garonne (75 % de la production), en Dordogne, Tarn et Garonne et Gers dans une moindre mesure. Le chiffre d'affaire annuel pour les 1.200 producteurs s'élevait à 70 M€ en 2015. Il sera supérieur en 2016.
La filière, qui, au cumulé (amont et aval) réalise 200 M€ de chiffre d'affaires, baigne dans l'optimisme et cela se sent même dans les velléités d'installations des jeunes agriculteurs.
Le business du pruneau d'Agen semble pouvoir tout se permettre. Même d'être sélectif.
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Un choix qui sera moins compliqué à l'issue du plan de développement de la production qui permettra au pruneau d'Agen de pouvoir constituer les stocks nécessaires, à savoir entre 15 et 20.000 tonnes de stock pour cela. Un problème de riche diront certains, mais, à ce jour, c'est le seul que connaît la tonique filière du pruneau d'Agen.
Pascal Rabiller
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