Drones : le bordelais Skeyetech prépare une première mondiale !

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Créée en décembre 2014 par trois étudiants de l'Ensam Bordeaux, la jeune société Skeyetech s'est spécialisée dans lea conception et la commercialisation de systèmes embarqués, basés sur des technologies de vision en temps réel, et la vente de solutions drones en direction des industries de l'énergie, du BTP ou encore de l'agriculture.
Démarrée à trois, les associés Antoine Lecestre, Grégoire Linard et Paul Astoul, l'aventure, hébergée au sein de la technopole Bordeaux Technowest, embarque désormais 9 CDI et même bientôt 15 car la société est en plein recrutement.
Une approche gagnante pour la jeune pousse qui peut se targuer d'être à à l'équilibre économique.
Une raison d'être qui vient de déboucher, à l'issue de deux ans de maturation et six mois de développement, sur un drone dont la principale spécificité ne tient pas à son poids, 3,5 kg, ni à son autonomie de vol : 35 minutes, mais à son autonomie tout court.
En clair, Ypax, c'est son nom, est un drone de surveillance et de sécurisation de sites industriels qui fait sa vie. Il décolle seul, sur simple alerte, sort de sa base d'environ 1m x 1,5 m, se rend sur le lieu qui pose problème, afin de lever un doute, ou de le confirmer, assiste l'équipe de surveillance au sol, fournit des informations, des images, de jour comme de nuit, et en temps réel, mais surtout, rejoint sa base tout seul avec une précision d'atterrissage unique qui lui permet de se positionner sur sa station de rechargement électrique. Skeyetech, qui a conçu toutes les briques technologiques d'Ypax, a déposé un brevet pour la partie optique dédiée à l'approche de la base. Bref, l'engin se passe de pilote.
Lors du salon UAV Show des 12 et 13 octobre à Mérignac (Gironde), l'équipe de Skeyetech réalisera des démonstrations qui constitueront une première mondiale. La machine, totalement autonome, se révèlera aux professionnels du secteur, mais très vite cette caméra d'un genre nouveau, capable d'intervenir seule sur un site industriel de 40 voire 50 hectares, va être testée en conditions réelles d'exploitation.
La DGAC vient en effet d'autoriser Skeyetech à tester, pendant huit semaines, son système drone Ypax dans un site industriel situé à Parentis dans les Landes. "Si tout se passe bien, nous enchaînerons avec 6 mois d'expérimentations" souligne Antoine Lecestre. Une expérimentation qui pourrait bien déboucher sur un nouveau standard concernant l'autonomie intelligente des drones.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Une période d'expérimentation qui démarrera tout début 2017 et qui devrait permettre à Skeyetech de pouvoir, par l'entremise de la société arcachonnaise Drone Protect System (DPS) commercialiser ses premiers Ypax.
La solution complète Ypax (drone, logiciels, optique, station de rechargement...) devrait être commercialisée 60.000 euros et s'ils visent d'abord le marché français de la surveillance de sites industriels, les dirigeants de Skeyetech savent que s'ils s'imposent en France, un boulevard devrait s'ouvrir pour eux dans les pays voisins et moins réglementés que sont le Royaume-Uni, l'Espagne ou encore l'Italie.
Autant de perspectives de business qui devraient faciliter la levée de fonds que l'équipe commence à préparer. Au bout de deux exercices comptables prévisionnels respectés, et même un équilibre économique atteint grâce à la vente de machines et surtout à l'activité de bureau d'études, la société semble armée pour séduire des investisseurs.
Lever des fonds, environ 800.000 euros doit lui permettre de creuser l'écart sur une éventuelle concurrence.
À lire également
C'est très possible, car il est peu probable que la solution israélienne adresse les mêmes industries et pour les mêmes finalités. Ce concurrent-là aura du mal à s'aligner sur les 60.000 euros que devrait coûter la solution française.
Pascal Rabiller