Le PDG du groupe Parot face aux investisseurs

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
Une vingtaine d'investisseurs, représentants de grands établissements financiers, se sont retrouvés mercredi 12 octobre dans l'un des salons de l'Intercontinental Bordeaux-Le Grand Hôtel pour un déjeuner studieux autour de l'introduction en Bourse du groupe Parot. Un distributeur de véhicules commerciaux et surtout particuliers créé à Brive (Corrèze) il y a 38 ans et désormais installé à Bruges (Gironde).
Conseillé pour cette introduction en Bourse par Allegra Finance, avec la banque Aurel BGC comme chef de file, et une offre de souscription ouverte depuis le 4 octobre, le groupe Parot, dont le rendez-vous bordelais avait été arrangé par Champeil Asset Management, est une entreprise familiale en plein développement, qui a réalisé un chiffre d'affaires pro forma de 363 M€ en 2015 et qui veut devenir d'ici à 2020 un des 10 premiers distributeurs d'automobiles en France avec 600 M€ de CA. La partie de la levée de fonds consacrée au grand public sera close mardi 18 octobre à 17 heures, tandis que l'opération globale sera achevée le lendemain à 12 heures.
Passer son grand oral devant un parterre de financiers curieux mais pas plus amicaux qu'un commando de critiques gastronomiques n'est pas une sinécure. C'est ainsi qu'Alexandre Parot a fait faire le tour du propriétaire aux investisseurs. Non seulement parce qu'il connaît chaque recoin de l'épais dossier de l'entreprise familiale, mais aussi parce qu'il est capable pendant une heure et demi - avec une canette de Coca comme seul soutien-, de livrer des analyses fines sur la stratégie de développement du groupe à court et moyen terme.
Le PDG a mené cet exercice sans temps mort inutile ni précipitation. Un bon tempo d'autant plus vital que, comme il l'a souligné, "aucune société de distribution de voitures n'est cotée en France" et qu'il faut un peu de temps pour assimiler la nouveauté. L'aversion des investisseurs par rapport à l'incertitude étant ce qu'elle est, Alexandre Parot a dosé pédagogie et anticipation pour convaincre. Sachant qu'en général un investisseur expérimenté n'investit pas dans un modèle économique qu'il ne comprend pas.
Très actif en terme d'acquisitions d'entreprises, le groupe Parot a réussi l'exploit d'autofinancer l'essentiel de ses opérations. Au 1er semestre 2016 (données pro forma) le résultat net du groupe, soumis à une ambitieuse stratégie d'investissement, est ressorti en déficit de 0,3 M€, "du fait d'une charge exceptionnelle de 0,4 M€" liée à la cession d'activités périphériques non stratégiques, pour un chiffre d'affaires de 192,5 M€. Sachant que le groupe Parot disposait, au 30 juin 2016, de 23,8 M€ de capitaux propres pour un endettement net de 3,6 M€.
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Le PDG a fait le parallèle entre l'année 2001, au cours de laquelle le groupe -alors dirigé par son père- sort de son berceau corrézien pour racheter la concession Iveco de Bordeaux, prélude à 15 ans de nombreux rachats d'entreprises, et 2016, où Parot entre en Bourse pour s'imposer comme un leader au plan national. Le PDG a rappelé les trois axes porteurs de sa stratégie : devenir national, conquérir le marché du véhicule d'occasion, lancer une plateforme 100 % digitale dédiée à la vente de véhicules d'occasion. En jouant carte sur table.
Cette contrainte le PDG a commencé à s'en occuper en mai dernier, avec l'acquisition (moyennant 4,2 M€) de VO 3000. "Une pépite" selon le dirigeant de Parot, qui adresse en voitures d'occasion le marché professionnel (900 clients et 90 centres d'expertise partenaires), mais aussi, via sa marque Car&Cash, celui des particuliers : une cible de choix pour Parot, qui veut "reprendre le dialogue" avec eux. Cette volonté de reprise de dialogue conduit au 3e axe stratégique du groupe : la création d'un portail web qui sera le premier du genre à proposer la vente de voitures en ligne, en s'appuyant en particulier sur l'expertise auto de VO 3000.
Alexandre Parot, qui a potassé le sujet en profondeur, dévoile que la première chose que cherche un client quand il veut une voiture d'occasion c'est une couleur... Mais il a d'autres cartes dans sa manche, comme proposer aux clients de louer leur voiture avec une option d'achat !, "et ça il n'y a que les professionnels qui peuvent le proposer", observe-t-il en souriant.
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L'équilibre de la nouvelle activité devrait être trouvé en 2018 et cette plateforme en ligne écouler 15.000 véhicules par an à compter de 2020 (sur un total visé de 40.000). Epaulé par un puissant pool bancaire, le groupe Parot est bien parti pour réussir à s'imposer dans la vente en ligne de véhicules et dans le top 10 national des distributeurs de voitures.
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