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"UberEats apporte un CA additionnel de 20 % en moyenne"

Photo de Mikaël Lozano

Mikaël Lozano

Publié le 26 janvier 2017 à 11:33 - Mis à jour le 26 janvier 2017 à 13:42

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Après Paris et Lyon, Uber inaugure aujourd'hui à Bordeaux son service de livraison de repas UberEats. General manager en charge de l'expansion d'UberEats en France, Stéphane Ficaja explique à La Tribune pourquoi la capitale girondine a été ciblée, comment UberEats compte se démarquer de la concurrence, et analyse plus largement le marché français de la foodtech.

En début d'année, Uber annonçait le lancement de son service UberEats dans cinq villes françaises supplémentaires, après Paris en mars 2016 et Lyon en novembre. Bordeaux est la 1re de ces 5 villes, lancée ce jeudi. Pourquoi ?

"C'est un mix de plusieurs raisons. Le fait que ce soit la ville où le nombre de restaurants est le plus élevé par habitant est un élément parmi plusieurs autres. A Bordeaux, nous disposons déjà d'une base solide de 150.000 utilisateurs de notre service de transport Uber. C'est aussi une agglomération qui bénéficie d'un fort dynamisme et d'une importante culture sorties, nuit, restaurants... Enfin, nos recherches montrent que c'est l'un des marchés où le potentiel est le plus fort en matière de livraison de repas à domicile, avec une appétence importante pour la gastronomie."

Lire aussi : Uber se lance dans la livraison de repas à Bordeaux avec UberEats

Quel regard portez-vous sur le marché français de la livraison de repas à domicile, très concurrentiel ?

"Il est en forte croissance et qu'il y ait de la compétition, c'est très bien pour tout le monde tant que cela crée de la valeur pour tous, les clients, les restaurateurs et les plateformes. Les Français ont un rapport très émotionnel à la nourriture. Il y a 5 ans, ils ne pouvaient pas encore se faire livrer à domicile les plats de leur restaurant favori, le marché se développe vite mais n'est pas encore à maturité."

Comment comptez-vous vous démarquer des autres acteurs que sont Foodora, Deliveroo, AlloResto, qui ont pris de l'avance à Bordeaux ?

"Nous arrivons plus tard sur le marché, c'est vrai, mais nous voulions prendre le temps de comprendre où on allait. Uber est une société qui a une solide assise financière et une stratégie de développement raisonnable : nous voulons avant tout pérenniser un service qui démarre fort, très viral, avec plus de 650.000 téléchargements de l'application UberEats depuis notre arrivée en France l'an passé. A titre d'exemple, Take Eat Easy,qui a fermé ses portes, était une très belle boîte, vraiment. Mais elle s'est développée très vite et n'avait pas assez de fonds pour gérer son hypercroissance.Donc nous avons pris notre temps, et c'est une bonne chose. Nous voulons nous différencier grâce à notre double expertise en logistique et en technologie très forte, générant une fiabilité poussée à l'extrême pour le client. Mais aussi grâce à la palette de services que nous proposons aux restaurateurs. Elle repose sur trois axes : la partie marketing, en s'appuyant sur les 150.000 utilisateurs d'Uber à Bordeaux, sur les réseaux sociaux, le tractage, les mailings, etc. La partie logistique et opérationnelle, avec une plateforme éprouvée et un accompagnement pour que les restaurants gèrent mieux leurs temps creux par exemple. Et enfin la partie business : comment développer son chiffre d'affaires, optimiser sa marge..."

Vous débutez avec une centaine de restaurants partenaires. Comment les choisissez-vous et avez-vous des exclusivités ?

"Quelques restaurants font exclusivement confiance à la technologie Uber mais ce n'est pas la majorité. Nous ne demandons pas d'exclusivité : il s'agit pour la plupart de points de vente qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas gérer plusieurs plateformes de livraison. Le choix des restaurants partenaires se fait essentiellement sur deux critères. La qualité, avant tout : nous étudions leurs notations sur différents sites, Facebook, TripAdvisor, etc... et nous leur rendons visite. A partir de ces données, nous cherchons ceux qui sont éligibles, zone par zone. Tous ne sont pas adaptés à un système de livraison."

"UberEats privilégie le choix plus que la rapidité"

Vous vous positionnez comme un apporteur d'affaires. Quel est la part de chiffre d'affaires additionnel pour les restaurants constatée à Lyon ou Paris ?

"En moyenne, ce chiffre d'affaires additionnel est de 20 %. Mais on parle bien d'une moyenne : tout dépend des restaurants. La hausse peut aller de 10 % à 80 %, comme nous l'avons constaté à Lyon avec un restaurant de tacos qui a commencé à livrer ses plats avec UberEats et qui cartonne."

La livraison est facturée 2,5 € au client final, comme vos concurrents. Quelle commission prenez-vous du côté du restaurant ?

"En France, la commission moyenne est de 30 %, sachant qu'elle inclut de frais de services, du support marketing, divers services. En cas d'impayé par exemple, c'est pour nous !"

Vous proposez une livraison en 30 minutes, comme vos concurrents également. Livrer en 10 minutes, comme vous l'aviez testé à Paris, n'était pas possible, même dans une ville avec autant de restaurants ?

"Même si nous avons montré que le délai de 10 minutes pouvait être tenu, nous nous sommes aperçus que les clients étaient plus intéressés par le choix que par la rapidité. Entre 10 et 30 minutes, l'écart n'est pas significatif : nous mettons donc le curseur sur la profondeur du choix, avec une centaine de restaurants à Bordeaux, plus que sur la rapidité de livraison."

"Plus de 200 livreurs pour débuter"

Avec combien de livreurs débutez-vous ici et combien seront-ils rémunérés ? Avez-vous été confronté à une pénurie de profils ?

"Les livreurs seront rémunérés entre 4 et 5 € pour une petite course, 6,5 € pour une course plus longue. Nous débutons avec 200 personnes, ce qui nous a nous-mêmes surpris. Tous à vélo, même si nous n'excluons pas que certains utilisent des scooters électriques si jamais nous sommes amenés à nous développer sur d'autres communes de la métropole. A Lyon de la même manière, nous avions beaucoup de coursiers intéressés, le marché s'est développé, et aujourd'hui nous commençons à avoir besoin de davantage de personnes."

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Le responsable France de Foodora, un de vos concurrents, disait qu'il regardait de près l'arrivée d'Uber sur le marché de la livraison de repas (foodtech). Il estimait plus compliqué d'avoir à gérer des restaurateurs et des coursiers que des chauffeurs VTC. Que lui répondez-vous ?

"Plus compliqué, je ne suis pas sûr. Différent, c'est certain. C'est un autre métier. Mais je peux vous assurer qu'amener au client une voiture à 3h30 du matin un samedi à Bordeaux, quand la demande est forte, en 5 petites minutes, ce n'est pas simple."

Mikaël Lozano

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