Les coursiers à vélo de Gironde déminent la déconnexion

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
Sarah Zerouali n'a pas froid aux yeux, elle fait partie du petit groupe de cinq coursiers, parmi les 700 travaillant dans l'agglomération bordelaise, qui a créé, officiellement le jeudi 9 mars, le premier syndicat CGT des coursiers à vélo. Sobrement baptisé Syndicat des coursiers à vélo de la Gironde, c'est la toute première organisation syndicale confédérale créée en France pour les livreurs de repas à domicile. Si elle ne travaille que depuis novembre dernier pour une plateforme de livraison à domicile, Sarah Zerouali sait déjà tout ce qu'il y a à savoir sur les règles et la courte histoire sociale des coursiers à domicile. Le Syndicat des coursiers à vélo de la Gironde a relayé le mouvement lancé à Paris et Lyon auprès des coursiers girondins en leurs conseillant de ne pas prendre de risques inutiles même si la déconnexion ne passait pas par le syndicat.
"L'an dernier le Collectif des coursiers bordelais a voulu créer un rapport de force avec les plateformes de façon trop hâtive, sans avoir le nombre, et l'action a été un véritable échec. Ceux qui ont agi ont été menacés par les plateformes, ce n'était pas la bonne option", tranche Sarah Zerouali.
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Sans vouloir donner de nombre, pas plus sur les coursiers d'hier soir place Lafargue que sur les adhérents du syndicat, la coursière estime que de nombreux de ces cyclistes-livreurs ne veulent pas se syndiquer "mais viennent nous voir pour se renseigner".
Et puis pas question pour elle de devenir salariée. Même si elle milite à la CGT, Sarah Zerouali tient à sa liberté.
Jean-Philippe Déjean