SFRI, la stratégie futée d'une PME internationale

Mikaël Lozano

Mikaël Lozano
Gilles Mougin sait parfaitement que l'activité de sa société peut s'avérer assez cryptique pour le béotien. Il manie donc la comparaison à la perfection. Et, fait suffisamment rare pour être mentionné, il ne se présente pas être le Uber de ceci ou le Blablacar de cela... Ses références vont plutôt vers Nespresso ou Coca Cola.
Des machines qui permettent par exemple d'analyser des échantillons de sang.
Née en 1977, SFRI a été reprise en 2004 par Gilles Mougin. Installée à Saint-Jean-d'Illac à quelques dizaines de kilomètres de Bordeaux, la société vise principalement le marché des petits et moyens laboratoires d'analyses biologiques et a délibérément choisi de se développer dans les pays émergents. "Nous sommes coincés entre les grands industriels américains et les acteurs chinois, donc nous privilégions les marchés émergents mais pas trop matures", ajoute Gilles Mougin.
SFRI réalise aujourd'hui 95 % de son chiffre d'affaires à l'international, dans une centaine de pays. Le rachat en 2015 d'une petite entreprise italienne à Bologne, spécialisée dans le développement d'automates pour les analyses en immunologie, a permis de donner une nouvelle dimension à la société. Un groupe, Neovitea, chapeaute désormais les différentes activités. SFRI, qui s'occupe notamment du marketing-vente et de la R&D et production de réactifs, vient de mettre au point un automate modulaire pour des dosages de routine, permettant de couvrir différentes typologies de demandes dans différents pays. "Le gros avantage est que nos distributeurs n'auront plus besoin d'avoir des stocks importants des différents automates, ils pourront se contenter d'un seul, modulaire, auquel il sera possible de rajouter une palette d'options", précise Gilles Mougin. SFRI va procéder elle-même à la fabrication des premières séries d'automates à Saint-Jean-d'Illac. A terme un autre site sera employé, sans que le lieu ait été encore défini.
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SFRI ne réalisait que 230.000 € de chiffre d'affaires en 2004 au moment de sa reprise effective par Gilles Mougin, après un dépôt de bilan en 2001. Elle a bouclé l'exercice 2015 / 2016 à 4,3 M€ et terminera le suivant, dans quelques jours, avec une croissance supérieure de 20 %, à 5,5 M€. Gilles Mougin fixe le cap à 10 M€ en 2020, grâce à une commercialisation qui progresse et une meilleure gestion du réseau de distribution ainsi que l'ouverture de nouveaux pays s'ajoutant aux nouveaux produits en cours de développement.
SFRI adopte en ce sens une stratégie évolutive :
Quatre recrutements sont prévus d'ici la fin de l'année au sein du siège girondin.
Mikaël Lozano