Le gestionnaire Arnaud Raimon voit Emmanuel Macron sur de bons rails financiers

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
Emmanuel Macron, le nouveau président de la République, a rassuré les marchés financiers en remportant l'élection présidentielle et va bénéficier d'un cycle économique placé sous le signe de la croissance, si l'on en croit l'analyse développée par Arnaud Raimon, président de la société de gestion de fonds Aliénor Capital, à Bordeaux.
Ce dernier appuie ses prévisions optimistes sur des éléments qu'il estime vraiment solides. A commencer par l'absence de survalorisation dans les marchés américains et d'euphorie chez les investisseurs européens. "Bien sûr nous ne sommes pas à l'abri d'un choc exogène impossible à anticiper", temporise Arnaud Raimon.
La non euphorie des marchés européens n'a rien à voir avec de la tristesse et constitue un gage de stabilité apprécié par un grand nombre d'investisseurs. Là aussi Arnaud Raimon voit l'empreinte d'un mouvement durable, au moins le temps d'un quinquennat. Et ce pour trois raisons.
Douchés par les krachs boursiers de 2000 (explosion de la bulle spéculative Internet) et 2008 (crise des crédits hypothécaires américains) les particuliers semblent ne plus investir en Bourse qu'avec une grande prudence, éclaire Arnaud Raimon. Les institutions, où l'on trouve les compagnies d'assurance, qui ont chaque jour de grandes quantités de liquidités à placer sur les marchés mondiaux à moyen et long terme, mais aussi des organismes de placement ou encore des fonds de pension, ne sont plus acheteuses nettes d'actions parce qu'elles subissent les effets de la directive européenne Solvabilité 2 (Solvency 2).
Adoptée en 2009 par l'Union juste après la crise des crédits hypothécaires américains (subprimes) de 2008, cette directive Solvabilité 2 complète en quelque sorte les accords de Bâle, qui valent pour les banques, en obligeant les institutions à renforcer leurs fonds propres. Contraintes qui réduisent la quantité d'actifs que ces institutions peuvent investir en actions.
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Le tout dans le cadre d'une régulation qui entend conserver leur stabilité à des marchés financiers très puissants, où toute défaillance peut générer, comme l'a montré la crise des subprimes, un risque majeur pour la vie économique et la stabilité des Etats. Ces restrictions inhibent selon Arnaud Raimon l'appétence des institutions pour les marchés actions et les poussent à investir dans des obligations, dont les emprunts d'Etat. Une dérivation des flux qui le laisse sur sa faim.
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