Jocus, nouvelle victime de la "chasse au pitch" de Brioche Pasquier

Mikaël Lozano

Pitchout
Jocus

Mikaël Lozano

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Jocus
On ne sait pas ce que prennent au goûter les 3 salariés de Jocus, mais on a des raisons de douter qu'il s'agisse des célébrissimes brioches fourrées Pitch. Le groupe familial agroalimentaire Brioche Pasquier, détenteur de la marque après l'avoir déposée auprès de l'Institut national de la propriété intellectuelle (INPI) pour plusieurs secteurs d'activité, est en effet une grosse épine dans le pied de la petite société bordelaise. Pasquier a engagé depuis plusieurs semaines une vigoureuse "chasse au pitch", sommant toutes les structures françaises qui utilisent le terme dans leur nom ou dans leur produit de le retirer. Problème : pitch est un terme en passe de devenir parfaitement courant dans le vocabulaire des startups et au-delà, puisqu'il désigne un exercice de présentation très précis dans un temps restreint. Si bien que l'écosystème numérique est depuis vent debout contre le groupe Brioche Pasquier. Un hashtag dédié, #pitchgate, a ainsi été créé sur Twitter. De son côté Pasquier n'a pas réagi dans les médias mais l'a fait sur Twitter :
Jusqu'à présent, on pensait les actions du groupe Pasquier orientées en direction du monde des startups mais le cas de Jocus, qui n'a rien à voir avec cet univers, semble indiquer que ce n'est pas le cas. Jocus n'est pas une startup et n'est pas non plus un acteur de l'agroalimentaire : c'est un éditeur de jeux créé à Bordeaux et qui emploie 3 personnes, plus quelques stagiaires et temps partiels. L'entreprise, fondée en juillet 2015, s'est fait connaître avec Sbires, son premier jeu de société et de cartes stratégique, inspiré de l'univers médiéval. Deux campagnes de financement participatif, la première sur la plateforme Ulule (72.000 €), en France, puis la 2e sur Kickstarter au plan mondial (plus de 100.000 $), avaient mis Sbires sur les rails avec des montants récoltés très importants pour ce type de projets alors même que Jocus était inconnue. Depuis, Sbires a été vendu à plus de 15.000 exemplaires dans 16 pays, et est distribué plus spécifiquement en France, en Espagne et en Amérique du Sud, ainsi qu'en Angleterre et peut-être bientôt en Russie.
Jocus prépare son second bébé : Pitchout, imaginé par l'auteur bordelais Adrien Charles. "Ce jeu d'adresse et de tactique oppose deux joueurs, chacun devant venir à bout de l'équipe adverse à grands coups de pichenettes, le même geste que l'on utilise quand on joue aux billes, explique Mickaël Trividic, de Jocus. Chaque pion, que l'on appelle pitcher, dispose d'un pouvoir spécifique pour sortir les autres de l'aire de jeu."
Après avoir testé le jeu de manière informelle, Jocus s'apprête à présenter Pitchout à Cannes, lors du Festival international des jeux qui s'y tiendra du 23 au 25 février, où elle espère mobiliser autour de son souci. Car elle aussi est victime du "pitchgate".
La société bordelaise plaide la bonne foi :
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Jocus se donne un mois pour trouver une solution. Elle espère à cette échéance lancer une campagne de financement participatif sur Kickstarter. Sous quel nom ? Mystère. "Nous pouvons sortir malgré tout le jeu sous celui de Pitchout mais la marque ne nous appartiendra pas, avec tout ce que ça implique", précise Mickaël Trividic.
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Mikaël Lozano
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