Aéronautique : Lauak s’implante en Amérique du nord
Hélène Lerivrain

Lauak
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"Les grands donneurs d'ordre de l'aéronautique cherchent à travailler avec des sociétés organisées qui ont la capacité d'investir, de participer aux risques. Des entreprises qui ont donc une structure financière solide. Je dirais qu'il faut un chiffre d'affaires au minimum de 100 M€ si on veut rester de rang 1. En dessous, il est compliqué d'exister dans nos métiers", confie Mikel Charritton, directeur général du groupe Lauak dont le siège social est basé à Ayherre dans les Pyrénées-Atlantiques.
Changement d'horizon donc pour l'entreprise familiale créée par son père en 1975 pour fournir des pièces de chaudronnerie à Dassault. Lauak est aujourd'hui un groupe à dimension européenne, implanté en France et au Portugal.
Nouvelle étape encore aujourd'hui. Lauak va acquérir les activités de tuyauterie et canalisations aéronautiques de Bombardier sur le site de Mirabel au Canada et signer un contrat commercial de 7 ans avec l'avionneur. Une décision gagnant-gagnant selon le groupe français.
Michael Ryan, président de Bombardier Aérostructures et Services d'Ingéniérie, est lui aussi satisfait :
Les négociations auront duré un peu plus de 9 mois. "C'est Bombardier qui s'est, au départ, rapproché de nous. Nous étions en compétition avec une dizaine d'autres sociétés avant d'être finalement sélectionné la semaine dernière", explique Mikel Charritton.
Concrètement, Lauak va donc reprendre le site canadien où travaillent déjà 90 personnes.
Le lieu est tout trouvé dans l'Hexagone. Il sera situé à côté du siège social de l'entreprise au Pays basque où 50 créations d'emplois sont donc annoncées dans les 18 prochains mois."Nous allons recruter des opérateurs techniques dans tous les métiers de la tuyauterie."
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Cette transaction, dont le montant n'a pas été dévoilé, constitue un tournant stratégique pour Lauak qui ne compte pas encore Boeing parmi ses clients. "Une acquisition transformante et structurante", insiste Mikel Charritton. "Le groupe est maintenant présent outre-atlantique avec un potentiel de croissance considérable. Cela faisait 3 ans que Lauak cherchait à s'implanter en Amérique du nord. »
L'année qui vient sera donc consacrée à l'intégration de cette nouvelle activité majeure. Prochaine étape à plus long terme : partir à la conquête de l'Asie. "Notre objectif est que cela aboutisse dans les 5 prochaines années."
Avant cela, et parmi les projets à court terme, une nouvelle usine sera opérationnelle à la fin de l'année au Portugal avec, à la clé, l'embauche de 250 personnes. Ce site, dont l'investissement s'élève à plus de 20 M€ pour le groupe, sera consacré à la fabrication de pièces élémentaires simples. "On y fera également de l'assemblage essentiellement pour Stelia et Dassault et du traitement de surface." Il s'agira de la deuxième implantation au Portugal, après la création d'un premier site de production près de Lisbonne en 2003. 500 personnes y travaillent aujourd'hui.
Lauak dessine parallèlement sa feuille de route innovation. "Nous y travaillons de plus en plus." Le groupe a d'ailleurs racheté en début d'année la PME Nimitech basée à Bagnères-de-Bigorre. Une opération qui vient élargir l'activité de Lauak dans la conception d'ensembles composites dans le domaine de l'aéronautique et du spatial.
Lauak poursuit ainsi sa stratégie de croissance avec la prévision de doubler son chiffre d'affaires pour atteindre les 300 M€ dans les 5 prochaines années. "De 150 M€ en 2017, il devrait déjà s'élever à 180 M€ cette année", détaille le directeur général du groupe. Par voie de conséquence, les effectifs sont eux aussi en hausse constante. Avec l'acquisition du site canadien de Bombardier, Lauak comptera 1.700 salariés.
Hélène Lerivrain
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