La filière française des drones civils se structure
Hélène Lerivrain
Hélène Lerivrain
"Si nous sommes présents aujourd'hui sur le salon UAV Show, c'est pour nous plonger dans l'écosystème", déclare Anthony Victor Mehl, directeur commercial et marketing d'Altametris. La filiale de SNCF Réseau dédiée aux drones fait partie des 75 exposants présents sur le salon organisé à Mérignac, en Gironde, depuis hier. "Un chiffre très correct d'autant plus que les plus gros acteurs sont présents. La filière du drone civil reste une petite filière. Elle crée de l'emploi mais elle ne va pas créer 10.000 emplois demain en Nouvelle-Aquitaine", reconnait François Baffou, directeur général de Bordeaux Technowest et trésorier de la fédération professionnelle du drone civil. "De même, le business des drones en France représente 150 M€. C'est ce que fait Orange en 4 jours ! 80 % des sociétés françaises ont un chiffre d'affaires de moins de 100.000 euros."
En revanche, la filière se structure et se consolide.
Des rapprochements ont eu lieu. "C'est normal et cela va continuer, explique François Baffou. L'entreprise intègre de plus en plus toute la chaîne de valeur : construction, customisation du drone, opération, traitement et restitution de la donnée, voire même parfois le volet formation."
Le Lyonnais Delta Drone a ainsi acquis en 2015 le Bordelais Fly-N-Sense. Azur Drones a racheté la société girondine Skeyetech en 2017. Enfin, à titre d'exemple, Air Marine mène actuellement deux opérations de croissance externe. Air Marine, société experte en inspection aérienne par avion et par drone, rachète Alerion, une entreprise de 4 personnes spécialisée dans les solutions intelligentes pour drones à Nancy.
Air Marine a également annoncé cette semaine avoir signé une lettre d'intention en vue de son rapprochement avec la société Drone Protect System (DPS) sur Arcachon qui développe un système de drone de surveillance autonome, et donc un drone qu'il est possible de manoeuvrer à distance. Ce sera effectif avant la fin de l'année.
Air Marine, 36 salariés, fait en l'occurrence partie des acteurs qui comptent pour la filière. Basée à Léognan, elle a réalisé en 2017 un chiffre d'affaires de 2,2 millions d'euros.
La Nouvelle-Aquitaine tient donc sa place dans le monde du drone civil. Ce n'est pas François Baffou qui dira le contraire.
La société bèglaise Dronisos a utilisé le centre d'essais néoaquitain à ses débuts, en 2016. "Cela nous a clairement permis de démarrer et de tester nos premiers shows. Mais notre activité croissante a rapidement nécessité la mise en place de nos propres infrastructures. Nos essais, en extérieur, sont désormais effectués à Cestas", explique Jean Meillon, cofondateur de la société qui s'est fixé un objectif : augmenter son chiffre d'affaires de 50 % tous les ans.
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L'enjeu pour la filière aujourd'hui repose sur trois piliers selon François Baffou : la demande, la règlementation et la technologie.
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Les attentes en matière de technologie sont toutefois importantes. "Il faut être capable de faire voler des drones plus longtemps, de démontrer la fiabilité des systèmes de sécurité, de démontrer également que le télé-pilote ne perd pas le contrôle de son drone sur 3 ou 4 kilomètres. Enfin Enedis, Altametris ou encore Engie veulent une restitution de la donnée parfaite. Si ce n'est pas le cas avec le drone, ils ne l'utilisent pas. Le drone est un moyen pas un but", conclut François Baffou.
Le salon UAV Show se poursuit vendredi 12 octobre avec des démonstrations sur le centre d'essais en vol de CESA Drones, à Sainte-Hélène dans le Médoc.
Hélène Lerivrain