Febus Optics veut jouer les premiers rôles dans la surveillance d'infrastructures par fibre optique

Pierre Cheminade

Febus Optics
ADI Nouvelle-Aquitaine

Pierre Cheminade

Febus Optics
ADI Nouvelle-Aquitaine
La fibre optique permet d'apporter l'internet très haut-débit aux consommateurs particuliers comme aux entreprises. Mais elle permet aussi, si elle est déployée sur une infrastructure, de suivre très finement plusieurs paramètres clés pour en faciliter la surveillance et la maintenance. Cela peut concerner des pipelines (pétrole et gaz) mais aussi des ponts, tunnels, barrages, voies ferrées, centrales nucléaires ou encore des installations géothermiques ou d'énergies marines renouvelables. Ce marché BtoB mondialisé et en pleine croissance est le terrain de chasse de Febus Optics.
Créée en 2015 à Pau (Pyrénées-Atlantiques), par deux ingénieurs en optique physique - Vincent Lanticq et Etienne Almoric - cette jeune pousse fabrique des équipements qui, une fois connectés à la fibre optique, permettent de mesurer différents indicateurs.
Une technologie déjà âgée d'une quinzaine d'année mais qui commence à se déployer plus largement et à laquelle ont recours les industriels du pétrole et du gaz, de la géothermie et des énergies marines renouvelables. Elle reste encore limitée en France et cantonnée principalement aux centrales nucléaires et à quelques digues et barrages. Si bien que Febus Optics, installée au sein de la technopole Hélioparc, à Pau, réalise une part significative de son activité à l'étranger, notamment en Europe, Amérique du Nord, Australie, Chine et Afrique du Nord tandis que ses principaux concurrents opèrent depuis le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Suisse, le Canada et le Japon.
L'essor accéléré à l'international est précisément l'un des objectifs de la levée de 1,2 M€ bouclée par la startup début décembre, avec l'aide d'ADI Nouvelle-Aquitaine. Ce tour de table financier associe deux investisseurs parisiens - Pléiade Venture et Calao Finance - et deux fonds du Crédit Agricole Pyrénées Gascogne, le partenaire bancaire historique de l'entreprise (Pyrénées Gascogne Développement et Grand Sud-Ouest Innovation). "Nous n'avions pas fondamentalement besoin de lever des fonds, si ce n'est pour accélérer notre développement. On a donc eu le luxe de pouvoir choisir nos partenaires et il était important pour nous d'avoir à la fois des partenaires pouvant nous accompagner à l'international et un autre ayant un ancrage local et s'étant montré attentif à notre projet dès le début", souligne Etienne Almoric.
L'un des outils capteurs à fibre optique commercialisés par Febus Optics (crédits : Febus Optics).
La société paloise, qui compte une petite quinzaine de salariés, affiche un chiffre d'affaires "compris entre 500.000 € et 5 M€", selon son dirigeant qui entend le doubler dès 2019. Les effectifs devraient aussi augmenter significativement dans les mois qui viennent pour atteindre 25 personnes fin 2019 puis 35 à 40 fin 2020. Febus Optics recherche des ingénieurs et docteurs en optique physique, électronique et géoscience, des techniciens et des profils administratifs et commerciaux.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Et la jeune entreprise ne manque pas d'ambition. Elle veut être d'ici 2023 rien de moins que "la référence sur le marché mondial du monitoring d'infrastructures par fibre optique répartie", estimé à 1,3 Md$ en 2017 et 2,3 md$ en 2021, selon le cabinet Corning Inc. Febus Optics compte déjà parmi ses clients de belles adresses telles que Total, EDF, Terega, Technop, Saipem, la RATP et ES Géothermie. L'objectif est désormais de développer des représentations commerciales en Amérique du Nord, en Asie et au Moyen-Orient et de consolider sa capacité à répondre aux plus gros appels d'offres dans le secteur des énergies.
Si Febus Optics effectue également des prestations de services et d'installation, sa stratégie l'oriente plus en amont, en intégrant directement sa brique technologique au sein des groupements d'entreprises répondant aux appels d'offres. C'est notamment le cas sur l'immense chantier de métro automatique du Grand Paris Express en Ile-de-France.
À lire également
Et pour renforcer sa R&D et convaincre de nouveaux clients, la startup paloise prendra possession mi-2019 d'un nouveau centre d'essais. "Ce terrain nous permettra de tester et de démontrer l'efficacité de nos outils à taille quasi-réelle sur un pipeline de 25 m de long", précise Etienne Almoric, dont le projet d'acquisition a été soutenu par la Communauté d'agglomération Pau Béarn Pyrénées.
Pierre Cheminade
L'État lance la mission sauvetage des papeteries de Condat
Flying Whales : la future usine de dirigeables XXL reçoit un nouvel avis favorable
Everwatt liquidée : la plus grande toiture solaire urbaine de France cherche un repreneur
Métaux critiques : la raffinerie près de Bordeaux décrétée in extremis d'intérêt public majeur