Arkéa Capital accélère ses investissements en Nouvelle-Aquitaine

Mikaël Lozano

Marc Brière, président du directoire d'Arkéa Capital, et Franck Callé, directeur régional Bordeaux
La Tribune / Mikaël Lozano

Mikaël Lozano

Marc Brière, président du directoire d'Arkéa Capital, et Franck Callé, directeur régional Bordeaux
La Tribune / Mikaël Lozano
Revendiquant "le double métier de banquier et d'investisseur", Arkéa (2,09 Md€ de produit net bancaire en 2017, 428 M€ de résultat net) compte plusieurs implantations en Nouvelle-Aquitaine, au-delà des 85 points de vente du Crédit mutuel du Sud-Ouest (415.000 clients, 5,8 Md€ d'encours de crédits et 5,6 Md€ d'encours d'épargne) : notamment une salle de marchés à Pessac, deux bureaux centres d'affaires à Bordeaux et Angoulême pour l'accompagnement global des entreprises, clients institutionnels et professionnels de l'immobilier, une agence Financo (crédits à la consommation)... et son nom sur la salle de spectacle Arkéa Arena et sur le maillot de l'UBB Rugby. Le groupe emploie au total 1.083 personnes dans la région, soit 10 % de ses effectifs totaux.
Arkéa Capital est active sur trois départements de l'ancienne Aquitaine : la Gironde, les Landes et la Dordogne. Un périmètre restreint qui pourrait s'élargir si le groupe gagne son indépendance et rompt avec le Crédit mutuel. En attendant de se déployer plus largement, Arkéa Capital a installé un bureau à Bordeaux piloté par Franck Callé, directeur régional. La filiale dispose de plusieurs véhicules :
"Nous n'avons pas vocation à être majoritaire au capital ni à favoriser la prise de contrôle par des acteurs étrangers. Notre philosophie est plutôt d'aider au maintien de PME et d'ETI indépendantes, d'investir sur du long terme, à horizon 8 / 9 ans, et si possible à remettre au pot ensuite. Nous pouvons aussi jouer le rôle d'interface locale avec des fonds parisiens auprès de qui nous investissons ou aider les managers d'une entreprise à la reprendre. Nous évitons les sujets trop technologiques et susceptibles d'être attaqués rapidement, ainsi que ceux où nous ne pourrons pas apporter de valeur ajoutée. Nous ne voulons pas être juste un apporteur d'argent : si nous ne sommes pas susceptibles d'apporter une expertise, on referme le dossier", précise Marc Brière, dont la thèse d'investissement est plus favorable aux entreprises générant déjà de la croissance organique confortée par des acquisitions permettant des synergies industrielles et consolidant le marché (build-up).
Si elle évite la deep tech, Arkéa Capital ne fuit pas pour autant les projets digitaux, et s'implique au capital d'éditeurs d'applications, de plateformes, de logiciels, de spécialistes de la donnée... l'immatériel en somme, sans s'engager dans le hardware.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

"Globalement, nous avons battu nos records en 2018 avec 200 M€ investis, dont 30 M€ en Nouvelle-Aquitaine. Et nous espérons bien poursuivre sur cette tendance", poursuit Marc Brière. Arkéa Capital est désormais impliquée dans la jeune pousse girondine iQspot, spécialisée dans les outils de gestion en temps réel des performances énergétiques des parcs de bâtiments tertiaires. Ainsi que dans le gestionnaire de résidences Nemea, Eurodommages (courtage d'assurances grossiste sur le segment des risques aggravés), le groupe Location Transport (location de matériels de chantier BTP et de transport), le groupe landais DRT, spécialiste de la chimie verte, Thermes Adour - Thermes des Arènes, et LBM Aerospace. Tous ont rejoint le portefeuille d'Arkéa Capital l'an dernier.
De passage à Bordeaux, Marc Brière a également livré à La Tribune son analyse de ces derniers mois et des tendances à l'œuvre, en pleine crise des Gilets jaunes et alors que certaines voix commencent à s'interroger sur une possible remontée des taux et une raréfaction des liquidités disponibles :
À lire également
Concernant plus spécifiquement l'investissement dans les startups, Marc Brière juge que "la France s'est donné beaucoup de moyens" pour contribuer à l'émergence de nombreuses jeunes pousses et que l'argent est présent chez les capitaux-risqueurs. Mais il rejoint le discours ambiant qui relève le manque de capacités à investir des tickets de plus de 10 millions d'euros. Relevant "un creux général indéniable" ces derniers mois dans l'investissement dans les jeunes pousses, le président du directoire d'Arkéa Capital estime que "pour autant le nombre de dossiers intéressants a augmenté dans certaines métropoles dynamiques. Dossiers qui souvent sont moins purement techniques comme on a pu le rencontrer par le passé, mais qui appliquent des technos à l'économie des seniors, du bien-être et de la santé..." Marc Brière relève également que le culte de la licorne, du nom de ces startups non cotées valorisées plus d'un milliard de dollars, tend à s'estomper : "Devenir une licorne n'est pas le seul moyen de réussir. Créer une PME pérenne, solide, génératrice d'emplois au plan local, l'est tout autant."
Mikaël Lozano
L'État lance la mission sauvetage des papeteries de Condat
Flying Whales : la future usine de dirigeables XXL reçoit un nouvel avis favorable
Everwatt liquidée : la plus grande toiture solaire urbaine de France cherche un repreneur
Métaux critiques : la raffinerie près de Bordeaux décrétée in extremis d'intérêt public majeur