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Arkéa Capital accélère ses investissements en Nouvelle-Aquitaine

Photo de Mikaël Lozano

Mikaël Lozano

Publié le 14 février 2019 à 23:18 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 23:57

Marc Brière, président du directoire d'Arkéa Capital, et Franck Callé, directeur régional

Marc Brière, président du directoire d'Arkéa Capital, et Franck Callé, directeur régional Bordeaux

La Tribune / Mikaël Lozano

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La filiale de capital-développement du groupe Arkéa a renforcé ses actions en Nouvelle-Aquitaine en 2019, avec 30 M€ investis dans des PME, ETI et startups à travers ses différents véhicules. Son président du directoire, Marc Brière, fait le point sur ses ambitions et sur les tendances économiques actuelles.

Revendiquant "le double métier de banquier et d'investisseur", Arkéa (2,09 Md€ de produit net bancaire en 2017, 428 M€ de résultat net) compte plusieurs implantations en Nouvelle-Aquitaine, au-delà des 85 points de vente du Crédit mutuel du Sud-Ouest (415.000 clients, 5,8 Md€ d'encours de crédits et 5,6 Md€ d'encours d'épargne) : notamment une salle de marchés à Pessac, deux bureaux centres d'affaires à Bordeaux et Angoulême pour l'accompagnement global des entreprises, clients institutionnels et professionnels de l'immobilier, une agence Financo (crédits à la consommation)... et son nom sur la salle de spectacle Arkéa Arena et sur le maillot de l'UBB Rugby. Le groupe emploie au total 1.083 personnes dans la région, soit 10 % de ses effectifs totaux.

"Nous disposons d'un milliard d'euros sous gestion, soit 15 % des fonds propres du groupe consacrés aux activités de capital-investissement, un pourcentage très important au regard des autres acteurs qui sont plutôt entre 1 et 6 %", cadre Marc Brière, président du directoire de la filiale Arkéa Capital. "Sur ce milliard, 600 M€ sont déjà investis et 400 M€ sont en réserve, ce qui nous laisse de fortes possibilités d'intervention."

Plusieurs véhicules pour une large gamme d'intervention

Arkéa Capital est active sur trois départements de l'ancienne Aquitaine : la Gironde, les Landes et la Dordogne. Un périmètre restreint qui pourrait s'élargir si le groupe gagne son indépendance et rompt avec le Crédit mutuel. En attendant de se déployer plus largement, Arkéa Capital a installé un bureau à Bordeaux piloté par Franck Callé, directeur régional. La filiale dispose de plusieurs véhicules :

  • ses propres fonds West web valley et WePositiveInvest ainsi que ses participations dans les fonds tiers Daphni, Isai et Go Capital pour l'investissement dans les startups et le secteur du digital ;
  • Arkéa Capital Investissement (plus des participations dans Blackfin, Tertium Management et French Food Capital) pour les PME ;
  • Arkéa Capital Partenaire et Arkéa Capital Managers (plus Raise et Sofiprotéol) pour les entreprises de taille intermédiaire.

"Nous n'avons pas vocation à être majoritaire au capital ni à favoriser la prise de contrôle par des acteurs étrangers. Notre philosophie est plutôt d'aider au maintien de PME et d'ETI indépendantes, d'investir sur du long terme, à horizon 8 / 9 ans, et si possible à remettre au pot ensuite. Nous pouvons aussi jouer le rôle d'interface locale avec des fonds parisiens auprès de qui nous investissons ou aider les managers d'une entreprise à la reprendre. Nous évitons les sujets trop technologiques et susceptibles d'être attaqués rapidement, ainsi que ceux où nous ne pourrons pas apporter de valeur ajoutée. Nous ne voulons pas être juste un apporteur d'argent : si nous ne sommes pas susceptibles d'apporter une expertise, on referme le dossier", précise Marc Brière, dont la thèse d'investissement est plus favorable aux entreprises générant déjà de la croissance organique confortée par des acquisitions permettant des synergies industrielles et consolidant le marché (build-up).

Si elle évite la deep tech, Arkéa Capital ne fuit pas pour autant les projets digitaux, et s'implique au capital d'éditeurs d'applications, de plateformes, de logiciels, de spécialistes de la donnée... l'immatériel en somme, sans s'engager dans le hardware.

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"Globalement, nous avons battu nos records en 2018 avec 200 M€ investis, dont 30 M€ en Nouvelle-Aquitaine. Et nous espérons bien poursuivre sur cette tendance", poursuit Marc Brière. Arkéa Capital est désormais impliquée dans la jeune pousse girondine iQspot, spécialisée dans les outils de gestion en temps réel des performances énergétiques des parcs de bâtiments tertiaires. Ainsi que dans le gestionnaire de résidences Nemea, Eurodommages (courtage d'assurances grossiste sur le segment des risques aggravés), le groupe Location Transport (location de matériels de chantier BTP et de transport), le groupe landais DRT, spécialiste de la chimie verte, Thermes Adour - Thermes des Arènes, et LBM Aerospace. Tous ont rejoint le portefeuille d'Arkéa Capital l'an dernier.

Un contexte empreint de prudence

De passage à Bordeaux, Marc Brière a également livré à La Tribune son analyse de ces derniers mois et des tendances à l'œuvre, en pleine crise des Gilets jaunes et alors que certaines voix commencent à s'interroger sur une possible remontée des taux et une raréfaction des liquidités disponibles :

"On sent effectivement moins d'euphorie qu'au début de l'année 2018, la tendance est moins porteuse. Les chefs d'entreprise font aujourd'hui preuve d'un peu de prudence et sont impatients de sortir de cette période. Reste que l'état moyen des finances s'est assaini et que le moment reste propice à faire de la croissance externe. Les projets d'investissement ne sont pas complètement remisés dans les cartons. Il y a toujours beaucoup de liquidités à placer et le non coté paraît plus lisible et moins volatil [lire notre article :« Mais qu'est-il arrivé aux PME du Sud-Ouest sur le marché boursier en 2018 ? »]. 2018 a été très active sur le non côté. Nous étions sur une période post-électorale avec un vrai allant pro-économie. On voit les effets de la crise des Gilets jaunes depuis la fin de l'année mais malgré un peu d'attentisme, les sous-jacents business restent là."

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Concernant plus spécifiquement l'investissement dans les startups, Marc Brière juge que "la France s'est donné beaucoup de moyens" pour contribuer à l'émergence de nombreuses jeunes pousses et que l'argent est présent chez les capitaux-risqueurs. Mais il rejoint le discours ambiant qui relève le manque de capacités à investir des tickets de plus de 10 millions d'euros. Relevant "un creux général indéniable" ces derniers mois dans l'investissement dans les jeunes pousses, le président du directoire d'Arkéa Capital estime que "pour autant le nombre de dossiers intéressants a augmenté dans certaines métropoles dynamiques. Dossiers qui souvent sont moins purement techniques comme on a pu le rencontrer par le passé, mais qui appliquent des technos à l'économie des seniors, du bien-être et de la santé..." Marc Brière relève également que le culte de la licorne, du nom de ces startups non cotées valorisées plus d'un milliard de dollars, tend à s'estomper : "Devenir une licorne n'est pas le seul moyen de réussir. Créer une PME pérenne, solide, génératrice d'emplois au plan local, l'est tout autant."

Mikaël Lozano

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