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Le trafic du Grand port maritime de Bordeaux (GPMB) touche un plus bas

Photo de Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean

Publié le 20 février 2019 à 13:51 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 23:56

Le port de bordeaux pourrait passer sous pavillon regional

Le port de bordeaux pourrait passer sous pavillon regional

Regis Duvignau

Le Quotidien Numérique

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Photo d'illustration de l'article
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L’activité du Grand port maritime (GPM) de Bordeaux souffre de l’arrêt des escales de la compagnie MSC mais aussi du recul des exportations de maïs et des importations d’hydrocarbures, atteignant un nouveau plus bas dans son activité à 7 millions de tonnes en 2018. A l’inverse le trafic du GPM de La Rochelle grimpe fortement pour atteindre 9,64 millions de tonnes. Bayonne reste quasiment stable.

Sur les trois ports de commerce que compte la Nouvelle-Aquitaine, avec Bayonne, géré par la Région, auquel s'ajoutent les deux grands ports maritimes (GPM) de Bordeaux et La Rochelle, l'infrastructure portuaire bordelaise fait figure d'homme malade. Alors que le trafic de Bayonne a progressé en 2018 de +2,7 %, à 2,66 millions de tonnes, et que celui de La Rochelle bondit de +12,5 %, à 9,64 millions de tonnes, celui de Bordeaux continue à s'enfoncer dans la crise, avec un recul d'activité de -2,9 % l'an dernier, à 7,05 millions de tonnes.

"C'est le plus faible tonnage jamais enregistré par le port de Bordeaux. Une baisse alimentée par le recul de nos trois activités socles : céréales, hydrocarbures et conteneurs. Sachant qu'en 2017 le trafic avait déjà baissé de -6 % et ce recul dure depuis 2016" éclaire Renaud Picard, directeur financier du GPM de Bordeaux, qui assure la fonction de directeur général suppléant.

Ceci en attendant l'arrivée à la mi-mars de Jean-Frédéric Laurent, qui va quitter la présidence du directoire du GPM de La Réunion pour prendre celle du GPM de Bordeaux, suite au départ l'an dernier de Christophe Masson. Comme en 2017 le trafic du port de Bordeaux a tout d'abord souffert en 2018 du recul des ventes de maïs à l'export, dont la région Nouvelle-Aquitaine est le premier producteur européen.

MSC : plus de 100.000 tonnes de perdues

"Les céréales ont pesé dans ce recul, le maïs se situant au premier plan. En 2018 la récolte de maïs a connu une deuxième année climatiquement difficile. Contexte qui a été alourdi par des problèmes de prix sur le marché mondial et qui font que le maïs s'exporte moins bien. Nous essayons de comprendre comment ce marché du maïs est en train de se redéployer. Il semble bien qu'une grande partie aille en Espagne pour l'alimentation animale" éclaire Renaud Picard.

Avec a la clé une chute du trafic de céréales de 105.282 tonnes entre 2017 et 2018 ! La crise du port de Bordeaux se mesure aussi par l'énorme choc généré sur le trafic l'an dernier suite à l'annonce du départ de la compagnie MSC qui, tout en restant dans le port de la Lune, a abandonné les infrastructures portuaires pour assurer son trafic de conteneurs. Ce qui a entrainé une perte nette de 13.888 conteneurs EVP (équivalent vingt pieds, mesure normalisée pour des boîtes de 6 mètres de long, 2,5 m de haut et 2,4 m de large - NDLR), soit une chute de 25,9 %, le port ayant traité 53.711 EVP (pleins et vides) en 2017 contre 39.823 en 2018. Ce qui représente une baisse record du trafic, qui recule à 441.689 tonnes l'an dernier contre 550.674 en 2017, soit une chute de 108.685 tonnes.

Les produits BTP montent en puissance

Le trafic des hydrocarbures est l'autre secteur en difficulté. Une désormais très vieille histoire pour le port de Bordeaux dont le trafic avoisinait les 14 millions de tonnes jusqu'en 1986, quand la décision a été prise de fermer la raffinerie de Pauillac. Les importations d'hydrocarbures raffinés ont ainsi reculé de -4 % l'an dernier, à 3,6 millions de tonnes, soit un recul de 150.000 tonnes. Pour Renaud Picard cette évolution porte la marque d'un déclin structurel de la consommation d'hydrocarbures suite à la politique de transition énergétique.


A l'inverse certains trafics progressent, mais pas encore assez pour enrayer la baisse. Le GPM de Bordeaux a ainsi profité de la hausse des sorties de diester (biodiesel), qui ont progressé de +40 %, mais aussi de la progression des ferrailles, à près de 100.000 tonnes. Il s'agit principalement d'un effet d'entrainement lié à la reprise de l'activité dans le BTP avec en particulier l'importation de clinker, un matériau qui sert à la fabrication du ciment et dont le volume a atteint la barre des 100.000 tonnes l'an dernier, en particulier pour alimenter la nouvelle usine d'Aliénor Ciments, en Lot-et-Garonne. De même l'import de graines oléagineuses, pour l'usine Saipol (qui détient notamment la marque Lesieur), a grimpé de +29 %, à 360.000 tonnes.

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Céréales et oléagineux à +23 % à La Rochelle

Ce nouveau recul de l'activité du GPM de Bordeaux va continuer à nourrir les conversations sur la concurrence avec La Rochelle. Concurrence dont certains pensent qu'elle pourrait disparaître grâce à la reprise en main de ces plateformes portuaires par la Région Nouvelle-Aquitaine. Nous n'en sommes pas là et le choc pour les Bordelais est rude. D'autant que pour progresser de +12,5 % l'an dernier, le trafic du GPM de La Rochelle a bénéficié d'une forte hausse des céréales et oléagineux, qui grimpent de +23 % à 3,9 millions de tonnes.

Interrogé à ce sujet, Renaud Picard explique que La Rochelle a bénéficié de la bonne tenue du blé sur les marchés mondiaux, qui est sa céréale de prédilection. Evolution dont le GPM de Rouen, premier port céréalier de France, aurait également bénéficié selon Renaud Picard. A La Rochelle les produits pétroliers sont également à la hausse, à +11 %, pour 2,8 millions de tonnes, tandis que le port rochelais bénéficie aussi d'une hausse de +14 % du trafic produits forestiers et papetiers, à 867.415 tonnes.

Bayonne, le trafic ferroviaire à +40 %

Les produits liés au BTP sont également porteurs à La Rochelle avec une hausse de +14 % du trafic, à 1 million de tonnes. Le trafic a par contre souffert dans la colonne des vracs agricoles, avec une baisse de -21 % à 781.270 tonnes, "suite à la contraction des approvisionnements au niveau de l'alimentation animale (-63 %)".

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Comme celui de La Rochelle, le port de Bayonne a bénéficié d'une bonne fluidité logistique du transport de marchandises entre bateaux et trains. Et c'est justement l'augmentation des trafics ferroviaires, qui ont grimpé de +40 % à Bayonne, à 319.000 tonnes, qui a été le vecteur de la progression de trafic l'an dernier. Puisque le trafic maritime est de son côté resté stable à 2,4 millions de tonnes.

Jean-Philippe Déjean

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